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Jean Zay !

On me pose souvent la question de pourquoi s'être engagé en politique ? Je crois que le moteur de mon engagement, comme pour beaucoup de ceux qui s'engagent dans des associations, des syndicats ou des mouvements politiques, c'est l'indignation.

Indigné par les injustices, et elles sont nombreuses. Indigné par les inégalités, et elles se creusent. Indigné par le racisme et l'antisémitisme, et ils gangrènent notre société.

Hier encore, j'ai été indigné par une prise de parole lors d'une assemblée générale associative. Elle a, bien entendu, appelé une réponse de ma part.

Un homme y a affirmé qu'il appelait au boycott des cérémonies du 27 mai en hommage à Jean Zay. Il s'est référé à un pastiche littéraire, "Le Drapeau", de Jean Zay. Ce même texte, volé, avait fait l'objet des attaques violentes de la droite orléanaise contre Jean Zay en 1932. Il avait été publié par le journal maurrassien "l'Action française" en 1933. Les explications de Jean Zay devant l'Assemblée nationale le 31 janvier 1936 n'ont pas suffit à mettre fin à la propagande de l'extrême droite contre lui.

Jean Zay fut sans cesse attaqué par l'extrême droite française, il était présenté comme un déserteur par les antisémites et Vichy.

Alors même que Jean Zay, plus jeune ministre de la troisième République, républicain laïque, a rejoint le front pour combattre en 1939, arrêté en 1940, condamné par Vichy en 1940 à la même peine de déportation que Dreyfus, assassiné par la Milice en 1944.

Jean Zay est ainsi un symbole de "l'anti-France" pour l'extrême droite. Les attaques sont véhiculées aujourd'hui par des organisations proches de l'extrême droite, au moment où Jean Zay, au même titre que Germaine Tillon, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Pierre Brossolette, vont entrer au Panthéon. "Deux femmes et deux hommes qui ont incarné les valeurs de la France quand elle était à terre" pour François Hollande.

Ainsi, le 27 mai prochain, c'est à la résistance que la Nation rendra hommage.

Être indigné ne suffit pas, il faut aussi s'engager contre "la loi du mensonge triomphant qui passe". Être de gauche est-ce se déchirer sur des variables économiques, sur plus ou moins de crédits d'impôt compétitivité-emploi (CICE), sur des mécanismes hydrauliques ? Être de gauche n'est ce pas plutôt mener les combats idéologiques contre les nouveaux réactionnaires ? Être de gauche n'est ce pas vouloir changer la société ? Être de gauche n'est ce pas porter haut les valeurs universelles, remettre l'humain au cœur des choix ?

Personne ne pourra dire demain qu'il ne savait pas. La propagande d'extrême droite, l'idéologie de la haine, se répand, sur internet, sur les réseaux sociaux.

Alors être de gauche, être républicain, ce n'est certainement pas laisser la loi du mensonge triomphant qui passe s'installer. Il est urgent d'agir. Il faut combattre la force des préjugés contre Jean Zay !

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