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Après trois années de mandat en tant que député, il est temps de faire un premier bilan, avec le recul nécessaire.

Confiance. Tout d'abord, ce mandat est passionnant tant les sujets abordés sont nombreux et le lien avec le terrain évident. C'est une grande fierté que de pouvoir se battre au quotidien en représentant les citoyens. Les défis à relever sont colossaux compte tenu du contexte économique, financier et social, et de l'enjeu climatique. Les conditions ne sont pas toujours faciles tant la défiance envers le politique est énorme. La défiance a pris la place de la confiance à travers des décennies de reculs, et la confiance est toujours plus difficile à reconstruire, surtout quand les plus convaincus par l'engagement politique s'éloignent.

Combat. Ensuite, par le combat on obtient des résultats même s'ils ne sont pas à la hauteur des espérances : simplification pour les entreprises, contrat de génération, emplois d'avenir, mariage pour tous, transition énergétique, ... Les déceptions peuvent également exister car parfois on a le sentiment que tel texte n'est pas allé assez loin, que telle mesure n'est toujours pas mise en œuvre. J'aurais aimé, par exemple, que l'on puisse voter sur le droit de vote des étrangers aux élections locales, que l'on réforme nos institutions en profondeur, que l'on ne remette pas en cause la défiscalisation des heures supplémentaires et que l'on dépasse ainsi les clivages traditionnels, que l'on étende le non cumul des mandats aux mandats locaux, et que l'on engage une grande réforme fiscale. Si l'on est optimiste, on peut se dire qu'il reste donc encore beaucoup de combats à mener, et qu'après tout on ne gagne que les combats que l'on mène. Mais faute de combattants, les combats restent en jachère. La proposition de loi d'expérimentation que je porte sur les "territoires zéro chômage de longue durée" est au cœur de mon travail quotidien. Le sort qui lui sera réservé déterminera bien évidemment mes choix politiques futurs.


Rassemblement. Enfin, le plus difficile n'est pas de s'opposer à ceux qui combattent vos idées mais plutôt de vous confronter aux conservatismes dans votre propre parti. Il est d'ailleurs parfois plus aisé de faire progresser une idée avec des opposants qu'avec vos propres alliés politiques. Cela doit d'ailleurs interpeler les responsables politiques sur le fonctionnement même des partis et sur le dépassement nécessaire de structures qui se sont vidées de leur sens.

Stéphane Hessel nous a invité à l'indignation mais aussi à l'engagement.

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