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Secrétaire de la section de DIJON du PS
Adjoint au maire de Dijon, Vice-Président du Grand Dijon
 

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Dimanche 7 octobre 2007

- La définition et les mensonges de l'économie :

 

Quand on parle d’économie de marché (expression politiquement correcte pour désigner en fait le capitalisme), il faut d’abord s’interroger sur la définition de cette notion.

 

Selon les ultra-libéraux (Milton FRIEDMAN par exemple), l’économie de marché est une économie dans laquelle les biens et les services s’échangent librement sur des marchés (sans intervention de l’Etat) qui se régulent grâce au mécanisme de la "main invisible" (la recherche de l’intérêt individuel participe à l’intérêt collectif). Le marché permet la rencontre d’une offre et d’une demande qui déterminent un prix d’échange.

 

Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette définition ne correspond pas à la réalité. En effet, aujourd’hui l’économie de marché est une économie où l’Etat intervient et se doit d’intervenir à la demande des citoyens.

 

Les marchés existent depuis la nuit des temps, on peut remonter au VIIIème siècle av. J.-C depuis l’intervention de la monnaie. L’expression « économie de marché » si elle a l’avantage d’être utilisée par tout le monde, est très creuse. Elle permet de cacher les questions de dominations et de pouvoir puisque tout le monde pourrait se rencontrer, d’égal à égal, sur un marché pour négocier.

 

A travers sa définition, l’économie de marché s’oppose à l’économie planifiée dans laquelle l’allocation des ressources est centralisée (décentralisée dans une économie de marché et déterminé par un plan (par le prix dans une économie de marché). Ainsi, la référence à une « économie libre et non faussée » dans le projet de traité constitutionnel européen en 2005 était très maladroite puisque cela ne correspond pas à la réalité (Les Etats interviennent dans les pays européens dans le domaine économique, social, fiscal, environnemental, ... etc). Dans ce même traité, il était fait référence à l’ « économie sociale de marché », modèle dont se réclame la Chine … ce qui montre bien que le terme même d'économie de marché peut contenir tout et n'importe quoi.

 

Lorsque l’on parle de capitalisme industriel, financier, marchand, … on voit vite qui sont les détenteurs du réel pouvoir. On pourrait parler aujourd’hui de capitalisme de la société anonyme, tout le problème est de savoir qui est derrière le terme « anonyme » ...

 

Ainsi, il existe de nombreux mensonges en économie, relevés notamment par Johan Kenneth GALBRAITH dans son dernier livre. On en citera deux pour exemple :

 

« Le client est roi » : Avec l’économie de marché, on a l’impression que le roi c’est le consommateur, c’est lui qui choisit en toute liberté. Il faudra lever ce voile de mystification car les choix des consommateurs sont contraints par le marketing et la publicité. Pour ceux qui voudraient s’en convaincre, je vous invite à lire différents livre sur les méthodes de vente (exemple : Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens – Robert Vincent JOULE et Jean Léon BEAUVOIS, Éditions PUG – 2002) .

 

« Le travail » : ce mot désigne à la fois « l’obligation imposée aux uns et la source de prestige et de forte rémunération que désirent ardemment les autres, et dont ils jouissent » (J. K GALBRAITH, les mensonges de l’économie, 2004 – Éditions Grasset, page 34). Il est épuisant pour les uns et un plaisir pour les autres. Le travail pénible est le moins payé alors que celui qui procure le plus de plaisir est le mieux payé, voilà un autre paradoxe. John Kenneth GALBRAITH ajoute cette remarque très juste : « Le travail est jugé essentiel pour les pauvres. S’en affranchir est louable pour les riches ». Ainsi, les loisirs sont souvent condamnés pour les pauvres mais acceptés pour les plus riches. Rappelez-vous pendant la campagne présidentielle, l'intrusion de l'expression « la France qui se lève tôt ».

 

On voit que ces mensonges révèlent la complexité du débat sur la nature et l'évolution l'économie de marché. Il faudrait sortir des sentiers battus !

 

- Le contexte :

 

Quelle est la situation aujourd’hui au plan international ?

  - La transition, irréversible, des économies planifiées (dans l’est) à des économies de marché, 

- La dérégulation économique dans les pays occidentaux, la critique virulente contre l’Etat providence (qui serait un « Etat nounou ») et le développement de la société de marché,
 

- La disparition quasi-totale des modèles de développement alternatifs à ceux du Fonds Monétaire International (politique des ajustements structurels) dans le pays africains et d’Amérique du sud.

Il y a donc une hégémonie culturelle et politique du modèle ultra-libéral avec une critique systématique du rôle de l’Etat et une extension du champ social soumis à la régulation marchande. Pourtant, il y a, concomitamment, une volonté de civiliser et d’organiser l’économie de marché. Nos économies de marché, malgré les pressions exercées par les ultra-libéraux sont institutionnalisées.

 

Il y a également un phénomène de complexification du fonctionnement des économies (un objet est compliqué par les éléments qui le composent, un objet est complexe par les interactions entre les différents éléments qui le composent).


Ce phénomène est causé par :

 - Les interactions entre les différents agents économiques (individus, entreprises, Etats, …), interactions qui s’opèrent en dehors des frontières géographiques. Les pays sont, par conséquent, fortement interdépendants. Un choc économique intervenant dans un pays a forcément des conséquences dans les autres pays (exemple : crise récente de l’immobilier aux Etats-Unis), 

- Le raccourcissement des processus de production, de création et d’innovation. Les produits ont une durée de vie plus faible, il y a des phénomènes d’emballement qui en résultent,

- La différenciation des produits,
 

- La différenciation des modèles d’entreprises : des grandes entreprises (monopoles et oligopoles) qui fonctionnent sur un modèle bureaucratique, les sociétés anonymes animées par un directeur constituent le cœur de notre système, et de l’autre côté des P.M.E, des petites exploitations agricoles, les commerces, … etc, dont les propriétaires sont responsables de la gestion et du succès ou de l’échec possible.

- Les perspectives :

Aujourd’hui, l’économie de marché appelle une intervention de l’Etat mais sous d’autres formes que celles connues par le passé :

- Les citoyens veulent d’un Etat qui organise, qui intervient en édictant des règles. On se situe plus dans le discours sur la définition de normes (traçabilité par exemple) pour réguler les marchés qui sont, par nature, décentralisés,
 

- La nécessité d’une intervention forte de l’Etat dans le domaine environnemental compte tenu des enjeux pour la planète,
 

- La nécessité de changer nos modes d’évaluation et de calcul. Le calcul marchand n’est plus suffisant comme en témoigne les coûts sociaux et écologiques d’un certain mode de développement. Le « Produit Intérieur Brut » ne permet pas de mesurer le progrès social et écologique,
 

- La garantie de l’indépendance des médias,

 

Un des nouveaux défis à venir sera de dépasser le cadre national pour mettre en place de nouvelles régulations. En effet, face aux marchés (de biens, de services, monétaires et financiers) qui sont aujourd’hui mondialisés, il n’existe pas de contre pouvoir en capacité d’imposer des normes et une véritable régulation.

 

Un autre défi sera, pour les citoyens, de dépasser le syndrome « NIMBY – Not in my back yard ». En effet, un grand nombre de citoyens veulent payer moins d’impôts mais dans le même temps, ils ne veulent pas que l’on ferme l’école du village ou l’agence de la poste. Ils veulent moins d’Etat mais dans le même temps veulent plus d’infrastructures, plus de services publics, plus de police, plus de justice, … etc. Ils veulent que l’on protège l’environnement mais ne veulent pas d’éolienne à proximité de leur village, … les exemples sont nombreux.

 

Alors sortons des caricatures sur ce sujet et engageons un vrai débat !

par Laurent GRANDGUILLAUME publié dans : Economie monétaire de production communauté : Les blogs socialistes
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Vendredi 2 février 2007

Jean Claude TRICHET, Président de la Banque Centrale Européenne : il persiste et signe.

 

Pour répondre aux critiques des personnalités politiques françaises concernant la politique monétaire européenne, Monsieur TRICHET est encore une fois sorti de sa réserve. Il a voulu démontrer les effets bénéfiques de l’euro sur l’emploi. Ainsi, il a rappelé que depuis 1999, date de la création de la monnaie unique, plus de douze millions d’emplois ont été créés dans la zone euro soit plus qu’aux Etats-Unis sur la même période. Si c’est vrai, il n’a pas parlé des emplois détruits et de tous ceux qui sont encore au chômage en Europe. Il faut être objectif.

 

Il a également évoqué la perception par les citoyens de l’augmentation des prix, perception qui ne correspond pas à la réalité selon lui. C’est de la langue de bois car les prix ont bien augmenté. Monsieur TRICHET devrait s’intéresser de plus près aux prix des loyers, de l’énergie, des transports, des soins, ou encore des biens d’alimentation. Monsieur TRICHET aurait dû évoquer, pour être crédible, la stagnation des salaires depuis plusieurs années qui a conduit, mathématiquement, à une diminution du pouvoir d’achat des catégories populaires et des classes moyennes. Personne ne parle de remise en cause de l’euro si ce n’est quelques nationalistes. Au contraire, il s’agit d’inscrire dans les objectifs de la banque centrale européenne la recherche du plein emploi (comme c’est le cas aux Etats-Unis d’ailleurs). Il ne faut pas caricaturer le débat.

 

L’euro a apporté une stabilité économique à l’Europe, pour autant la politique monétaire ne doit pas être déconnectée du politique et donc des citoyens. La politique monétaire doit être un outil au service des femmes et des hommes qui veulent combattre le chômage et la baisse du pouvoir d’achat. L’euro doit permettre de valoriser nos exportations et pas le contraire (voir à ce sujet l’évolution de la balance commerciale de la France ).

 

Si les politiques sont souvent accusés de pratiquer la langue de bois, il faudrait sans doute s’intéresser à ceux qui, « experts indépendants », pensent détenir la vérité à eux seuls et n’ont de compte à rendre devant personne.

 

par Laurent GRANDGUILLAUME publié dans : Economie monétaire de production
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Vendredi 22 décembre 2006

Le Président de la Banque Centrale Européenne, Jean Claude TRICHET, « riposte à la campagne menée en France contre la BCE  » (http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-823448,36-848031@51-848260,0.html), c’est le titre d’un article paru dans le journal Le Monde du 21 décembre 2006.

Rappelons que début décembre à Porto, au congrès du Parti Socialiste Européen, Ségolène ROYAL avait exigé que la Banque Centrale Européenne (BCE)  soit « soumise à des décisions politiques » parce ce que ce n’est plus à son président « de commander l’avenir de nos économies ».

 

 

La riposte de Jean Claude TRICHET, face aux critiques adressées par les responsables politiques français, laisse apparaître plusieurs contradictions.

Première contradiction de Jean Claude TRICHET : il s'immisce (définition : intervenir indûment et indiscrètement dans ce qui est de la compétence d'autrui) dans un débat politique, comble du paradoxe pour celui qui se proclame comme le chantre de l'indépendance face aux politiques. Il nous rappelle que la Banque Centrale Européenne est indépendante du politique. Ce qui veut dire qu'il n'est responsable devant aucun citoyen. Cette indépendance s’est justifiée sur la base de l’hyper-libéralisme (voir Rapport EMERSON, 1990) et sur un compromis avec les Allemands qui défendaient un « euro fort » (les conséquences de l’hyperinflation des années 1920 a fortement orienté la politique monétaire allemandre d'après guerre). L’Article 108 du traité de MAASTRICHT stipule : « Dans l’exercice des pouvoirs et dans l’accomplissement des missions et des devoirs qui leur ont été conférés par le présent traité et les statuts du SEBC, ni la BCE , ni une banque centrale nationale, ni un membre quelconque de leurs organes de décision ne peuvent solliciter ni accepter des instructions des institutions ou organes communautaires, des gouvernements des États membres ou de tout autre organisme. Les institutions et organes communautaires ainsi que les gouvernements des États membres s’engagent à respecter ce principe et à ne pas chercher à influencer les membres d’organes de décision de la BCE ou des banques centrales nationales dans l’accomplissement de leurs missions. ». Il y a plusieurs degrés d’indépendance, on peut dire que la BCE a un des degrés d’indépendance les plus élevés dans le monde (contrairement à la banque centrale américaine – la FED- par exemple). Pour les libéraux, comme Jean Claude TRICHET, la politique monétaire doit être gérée par des banquiers centraux indépendants des gouvernements ayant pour seul objectif la lutte contre l’inflation (donc sans considération de la croissance et du plein emploi). Pour eux, quand les gouvernements pilotent la politique monétaire, cela a forcément pour conséquence l’inflation (pour des raisons électoralistes). Mais la différence avec les politiques, c’est que les responsables de la BCE ne sont justement responsables devant personne, leur mandat ne peut être remis en cause lors d’élections sur la base de leur bilan. Alors que le résultat de la politique monétaire menée par la BCE est négatif, les citoyens n’ont donc aucun pouvoir de sanction et pourtant, Jean Claude TRICHET se permet d’intervenir dans un débat politique, lui qui a été désigné grâce à son plus fidèle soutien, Jacques CHIRAC.

Deuxième contradiction, Jean Claude TRICHET se vante du bon bilan économique de la zone euro qui ne serait pas étranger au pilotage de la politique monétaire par la BCE. Si Jean Claude TRICHET nous parle du nombre d’emplois créés, il oublie de parler du nombre d’emplois détruits ainsi que de l’augmentation des prix qui n’est pas traduite par les indices officiels. Il suffit de regarder de près l’augmentation des prix des produits de base, des loyers, des prix de l’énergie, … etc et par conséquent la diminution du pouvoir d’achat des catégories populaires. La BCE a laissé l'euro s'apprécier de près de 50% par rapport au dollar de 2000 à 2005 sans réagir en raison de son dogme libéral. Il en a résulté une importante perte de compétitivité pour les économies de la zone euro et un recours massif aux suppressions d'emploi et aux délocalisations de la part des entreprises. Concernant les délocalisations, on agite souvent l’épouvantail des pays émergents mais on n’oublie d’évoquer la conséquence de la politique de change menée par la BCE.

La politique monétaire n’est donc plus utilisée aujourd’hui par les gouvernements nationaux comme un instrument de politique macro-économique au même titre que peuvent l’être la politique budgétaire, la politique des revenus, la politique fiscale, … etc. La BCE qui est indépendante des gouvernements s’est donc formée à travers « l’éviction du politique de la conduite des affaires monétaires » (expression de Michel DEVOLUY, «  La Banque Centrale Européenne » PUF – 2000). La politique monétaire se fonde uniquement sur l’objectif de lutte contre l’inflation, on est donc loin du « carré magique » de N. KALDOR : plein emploi, croissance, équilibre extérieur, stablité des prix.

Il faut un gouvernement économique unifié au sein de l’union européenne qui, dans son champ de compétence, devra réinvestir le champ monétaire à travers l’euro. A l’inverse des expériences historiques, l’union monétaire européenne s’est faite sans union politique, il est grand temps de la construire pour ne pas laisser à des « experts » autoproclamés la conduite des affaires publiques.

 

 

par Laurent GRANDGUILLAUME publié dans : Economie monétaire de production
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Mercredi 6 décembre 2006

En relisant dernièrement "la théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie" (1936) du célèbre économiste John Maynard KEYNES, j'ai pris le temps d'analyser ses "notes finales sur la philosophie sociale à laquelle la théorie générale peut conduire". Notes qui sont peu lues et qui sont pourtant cruciales pour comprendre la théorie économique de KEYNES. En effet, certains économistes libéraux, fossoyeurs de la pensée de KEYNES, se gardent bien de les évoquer. 

Ainsi, JM KEYNES écrivait dans ses notes finales : "Dans le domaine de la philosophie économique et politique, rares sont les hommes de plus de vingt-cinq ans ou trente ans qui restent accessibles aux théories nouvelles. Les idées que les fonctionnaires, les hommes politiques et même les agitateurs appliquent à la vie courante ont donc peu de chance d'être les plus neuves. Mais ce sont les idées et non les intérêts constitués qui, tôt ou tard, sont dangereuses pour le bien comme pour le mal." Après un règne sans partage des libéraux qui nous a conduit à la crise de 1929, la "Théorie générale" de KEYNES a révolutionné les politiques économiques pendant les "trente glorieuses" (expression de Jean FOURASTIE pour désigner la période de 1945 à 1975).

Toutefois, depuis 1975, Les "idées" propagées par les membres de la "société du Mont Pélerin" (http://fr.wikipedia.org/wiki/Soci%C3%A9t%C3%A9_du_Mont_P%C3%A8lerin), totalement opposés au Keynésianisme et devenues majoritaires chez les économistes au plan international, provoquent des désastres économiques, sociaux et écologiques (chômage de masse, accroissement des inégalités, pollution, ...).

Il est donc, plus qu'urgent, que les jeunes économistes s'affranchissent de ces influences doctrinales (comme KEYNES hier) s'ils pensent que l'économie a pour objectif le bien être des femmes et des hommes et non pas l'étude "du comportement des individus face à la gestion des fins et moyen rares à usage alternatif" (L. ROBBINS).

Face au rouleau compresseur du paradigme ultra-libéral, les économistes doivent opposer un contre-modèle économique dont le coeur est l'humain.

 

par Laurent GRANDGUILLAUME publié dans : Economie monétaire de production
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