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Laurent Grandguillaume

 

Laurent Grandguillaume,

Adjoint au Maire de Dijon,

Conseiller Général de Côte d'Or - Dijon V,

Secrétaire de la section de Dijon du PS

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La démocratie en panne

Samedi 31 décembre 2011 6 31 /12 /Déc /2011 15:22

Après plusieurs semaines au cours desquelles j'ai été particulièrement mobilisé par les préparations et débats budgétaires dans un contexte de crise financière globale, je reprends mon clavier pour vous écrire sur mon blog. C'est à travers la culture et la démocratie que j'ai choisi de vous inviter au débat.


Le « Centro di Cultura Contemporanea Strozzina » (CCCS) de Florence en Italie, organise, jusqu’au 22 janvier 2012, l’exposition « Declining Democracy » (http://www.strozzina.org/en/exhibitions/declining-democracy/). Cette exposition s'inscrit dans une tendance qui vise à repenser la démocratie dans un contexte de crise sociale, économique, écologique et politique. Elle met l’accent sur l’influence de l’économie dans les décisions politiques, les migrations comme résultat de l’injustice, les nouvelles formes de participation, l’exclusion sociale, …


Cette exposition s’inscrit dans un contexte européen où la défiance dans les démocraties n'a jamais été aussi forte. Le symptôme le plus visible est symbolisé par la croissance de l’abstention dans tous les pays et la multiplication des votes sanction et de rejet. Si Peter Drucker, grand théoricien américain du management, écrivait en 1993 « Au-delà du capitalisme », dans un contexte où la financiarisation de l’économie et la mondialisation modifiaient en profondeur le fonctionnement de nos sociétés, Emmanuel Todd met l’accent en 2008 sur la crise de la démocratie avec « Après la démocratie », ce qui témoigne de l’ère du temps. Ou encore, Gérard Mendel, psychanalyste et sociologue, qui en 2003, dans « Pourquoi la démocratie est en panne », montre à travers un constat sévère que les responsables politiques sont souvent en incapacité de percevoir d’autres solutions à la crise politique que celles qui passent par eux (toute ressemblance avec un responsable politique bien connu ne serait que pure coincidence ...).


La prédominance de la société de marché sur les valeurs de solidarité et de justice a renforcé la crise de confiance en direction d'un système démocratique essoufflé et de représentants qui apparaissent souvent comme des pompiers de la spéculation financière plutôt que comme des visionnaires. La société de marché érige ainsi une société de défiance.


La politique brutale d’austérité menée par les gouvernements néo-conservateurs en Europe (France, Italie, Allemagne, Espagne, ...) amplifie cette tendance et creuse le fossé d’incompréhensions entre les responsables politiques et les citoyens, entre la promesse démocratique et sa réalisation. Il suffit d’observer le mouvement d’indignation dans la jeunesse européenne qui se développe de jour en jour. J’ai en tête une citation d’Annah Arendt qu’Olivier Faure avait choisi en 2001, avant le « tremblement de terre » du 21 avril 2002, pour illustrer son livre « Le bruit du Tic Tac » : « L’avenir est comme une bombe bénéfique ou maléfique, au mécanisme d’horlogerie profondément enfoui, mais donc le tic-tac résonne dans le présent. Les jeunes générations sont, plus que les autres, celles qui entendent le bruit du tic-tac ». Il ne faut pas rester sourd face au désespoir d’une partie de la jeunesse qui, frappée par la crise, ne croît plus en la promesse républicaine d’émancipation.


La démocratie impose la confiance, la reconnaissance mutuelle, la réciprocité, la transparence et la coopération. Elle est avant tout sociale et humaine. La jeunesse est une ressource, et non un problème, qui doit pouvoir bénéficier de la confiance collective pour refonder nos démocraties. Dans son discours de candidature aux primaires citoyennes, François Hollande répond aux défis qui sont devant nous : « Les Français attendent une cohérence, une constance, une maîtrise, un respect, bref une exemplarité du prochain président. Qu’il exerce pleinement le pouvoir qui lui sera conféré. Mais comment pourrait-il avoir l’illusion de réussir seul ? Il doit inventer une manière de mobiliser l’ensemble des énergies. Le Parlement doit retrouver sa fonction délibérative, les collectivités territoriales leur capacité d’action avec un nouvel acte de la décentralisation, les partenaires sociaux doivent voir leur rôle consacré dans la Constitution, enfin les citoyens mobilisés pour accomplir la transition écologique et énergétique. ». Cela imposera notamment de garantir l’indépendance de la justice, d’assurer le pluralisme et l’indépendance des médias, de renforcer le pouvoir du Parlement, de lutter contre les conflits d’intérêts et de limiter le cumul des mandats. Il faudra abroger la réforme territoriale qui accroit les injustices territoriales et engager un nouvel acte de la décentralisation pour rapprocher les pouvoirs de décisions des citoyens.


Il y a aujourd’hui une aspiration à une démocratie plus représentative, plus responsable, plus transparente et plus participative.

 

Face à ce besoin de démocratie et de politique, de  nouvelles formes d'expression et de participation se sont développées. C'est sans nul doute ce que Pierre Rosanvallon appelle la "contre-démocratie", une expression sociale de la défiance. C’est un ensemble de pratiques de surveillance, d’empêchement et de jugement au travers desquelles la société exerce des pouvoirs de correction et de pression. On parle d’ailleurs de plus en plus de contre-pouvoirs, de politique non gouvernementale, … Les citoyens se mobilisent dans l’action de proximité mais aussi sur internet. De nouvelles formes de communion sociale se développent qu’elles soient urbaines, domestiques ou numériques. Cette démocratie civile s’accompagne de nouvelles problématiques et conduit aussi à des fragmentations là où on a besoin de cohérence et de globalité dans un monde devenu plus complexe.

 

L’exposition du CCCS appelle donc à la réflexion et à l'action. De Thomas Kilpper (http://www.strozzina.org/declining-democracy/e_kilpper.php) qui s'est concentré sur la question des migrations comme résultat de l’injustice en passant par Francis Alÿs (http://www.strozzina.org/declining-democracy/e_alys.php) qui évoque la force de l'union au service d'un idéal, ces artistes ouvrent de nouvelles perspectives.

 

Selon Giannina Mura, journaliste pour « Art actuel», c'est "une exposition qui engage la réflexion à 360 degrés. Ou la preuve que si l'art ne peut pas changer le monde, il peut certainement contribuer à changer notre regard sur celui-ci ».

 

Après cinq années de régressions en matière d’éducation et de culture qui sont le résultat de la politique injuste menée par le gouvernement UMP, il est grand temps de réussir le changement et de rouvrir la promesse d’émancipation. La culture et l’éducation aident chacun à comprendre le monde, à s’y adapter et à contribuer pleinement aux débats liés à son évolution. Elles constituent, à n’en point douter, le moteur des idées nouvelles qui nous permettront de retrouver le chemin de l’espérance.

Par Laurent GRANDGUILLAUME - Publié dans : La démocratie en panne - Communauté : Les blogs citoyens
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Samedi 11 décembre 2010 6 11 /12 /Déc /2010 18:11

Suite à sa saisine par les parlementaires socialistes, le Conseil Constitutionnel a statué le 9 décembre sur la loi de réforme des collectivités territoriales.
 
Les sages ont censuré l’article 6 de la loi ainsi que le tableau annexé qui fixe le nombre de conseillers territoriaux par départements, jugeant que les écarts trop importants de représentation dans six départements portaient atteinte au principe d’égalité devant le suffrage. Le Conseil valide donc l'analyse des parlementaires socialistes. Le gouvernement a tenté, avec cette réforme, de procéder à une lamentable opération de tripatouillage électoral. Le Conseil l’a légitimement rappelé à l’ordre.
 
La réforme du gouvernement procède à une véritable remise en cause de la décentralisation et menace d’étranglement financier les collectivités territoriales. Alors que les investissements des collectivités locales représentent plus de 70% des investissements publics en France, cette réforme va réduire leurs marges de manoeuvre. Dans un contexte de crise économique, nous avons, au contraire, besoin d'un soutien aux investissements locaux qui créent des emplois durables. 

 

Aussi, le Parti Socialiste propose un nouvel acte de la décentralisation. Nous abrogerons cette contre-réforme des collectivités territoriales dès notre retour aux responsabilités et mettrons en œuvre une grande réforme de progrès, qui permettra aux collectivités d’être consolidées pour agir au service de la solidarité, de l’emploi, du développement économique, de l'écologie, et de l’aménagement du territoire. Une réforme qui permettra à la démocratie d’être étendue et aux services publics locaux d’être renforcés. Pour une gestion rigoureuse et efficace des derniers publics, il faut rapprocher les pouvoir de décision des citoyens et donc des territoires.

Par Laurent GRANDGUILLAUME - Publié dans : La démocratie en panne - Communauté : Les blogs citoyens
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Jeudi 22 octobre 2009 4 22 /10 /Oct /2009 22:35

 

LA DEMOCRATIE, LES TERRITOIRES ET LES SERVICES PUBLICS EN DANGER


Grâce à la décentralisation, les collectivités territoriales ont démontré leur efficacité pour apporter des réponses de proximité aux besoins des Français.


Aujourd’hui, deux projets du gouvernement, un traitant de l’organisation territoriale, l’autre de la fiscalité locale, s’attaquent aux communes, intercommunalités, départements et régions de France. Ils menacent la démocratie locale et les services publics. Ils mettent à mal l’autonomie fiscale et financière des collectivités locales, et donc leur liberté.


Avec ces projets, c’est demain :

- moins de constructions d’écoles, de collèges et de lycées pour nos enfants ;

- moins de transports scolaires, de trains régionaux ;

- moins d’accueil pour la petite enfance, pour les personnes âgées ;

- moins de soutiens aux projets associatifs, à la culture, aux sports …

parce que moins de moyens financiers pour les collectivités.


Qui peut croire que l’urgence est de détruire les services publics de proximité. L’urgence est ailleurs : l’Etat doit assumer ses propres responsabilités, celles de l’emploi, de la sécurité, de la santé, de la justice, de l’éducation…

Les deux projets du gouvernement remettent en cause notre conception de la France, de la démocratie, de la solidarité. La République n’est pas qu’un héritage. La République est aussi une promesse qu’il faut faire vivre : en approfondissant notre démocratie et non en restreignant les libertés, en confortant la décentralisation et non en lui faisant un procès infondé.


Les collectivités locales, véritable force économique, démocratique et sociale pour notre pays financent les trois quarts de l’investissement public. La crise actuelle démontre leur rôle majeur. Les élus Socialistes et Républicains, lancent cet appel afin que les citoyens Français et les élus de la République se mobilisent pour préserver ce qui a fait ses preuves, pour que toutes les collectivités de France puissent continuer à assumer leurs compétences, maintenir le lien social et redistribuer aux hommes et aux territoires les plus en difficulté, les fruits de la création de richesse collective.

Vous pouvez envoyer cet appel signé avec vos noms, mandats et communes à l’UDESR (Union des élus socialistes et républicains) 21- BP 12 431- 21 024 Dijon Cedex

Par Laurent GRANDGUILLAUME - Publié dans : La démocratie en panne - Communauté : Les blogs citoyens
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Lundi 2 février 2009 1 02 /02 /Fév /2009 12:12

Notre majorité au plan local a voté au conseil municipal un budget 2009 de combat face à la crise économique, financière et sociale. Cette logique a également été mise en oeuvre à la Communauté d'agglomération du Grand Dijon et au Conseil régional de Bourgogne. Ainsi, les investissements publics réalisés permettront de soutenir les entreprises et donc l'emploi. Ce volontarisme s'inscrit dans une politique de soutien à la demande. On pourrait citer le tramway ou encore la construction de logements à loyers modérés.

En cohérence, je me suis opposé au budget 2009 présenté par la majorité UMP - Nouveau Centre au Conseil général de Côte d'Or, car au-delà des ambitions affichées, la réalité est la suivante : les investissements publics baissent de 5,27% (114,7 millions d'euros en 2009 pour 121,4 millions d'euros en 2008), les investissements directs baissent d'un million d'euros (75,2 millions d'euros en 2009 pour 76,2 millions d'euros en 2008) et l'aide directe aux communes diminue de 10% passant de 23,5 millions d'euros à 21,2 millions d'euros. Vous remarquerez que vos impôts ne diminueront pas. Il faut dire que les frais de communication du Conseil général de Côte d'Or augmentent de 40% et les frais de réception de 52%.

Face à la crise que nous subissons, le parti socialiste a proposé récemment un plan de lutte avec un grand nombre de propositions concrètes. Vous pouvez consulter ces propositions ainsi que les outils pour les diffuser à l'adresse suivante :
http://www.agirvraimentcontrelacrise.fr/ 

Compte tenu de l'ampleur de la crise, il faudrait qu'un grand débat public soit organisé par l'Etat où tous les acteurs seraient conviés : entreprises, banques, associations, citoyens, pour proposer et débattre des solutions collectives. Or, on ne risque pas de se diriger vers ce type de démarche quand on voit avec quel mépris la majorité UMP traite nos parlementaires (cf le débat sur le droit d'amendement).

Enfin, les attaques répetées contre le service public ne peuvent qu'aggraver la crise. En effet, nos services publics participent à l'attractivité de nos territoires et à l'économie de la connaissance. L'hôpital public, les écoles, l'enseignement supérieur, les bureaux de poste, ... subissent les choix nationaux. Les micro-chocs qui se multiplient risquent de conduire à un macro-choc dont les conséquences peuvent être très graves sur le plan social.

Il faut retrouver le chemin de l'innovation et redéfinir une véritable politique industrielle. Certains parlent de "croissance verte", en tout cas l'environnement est un domaine fortement générateur d'emploi. Il ne suffit pas d'avoir de l'ambition, il faut du courage.



Par Laurent GRANDGUILLAUME - Publié dans : La démocratie en panne
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Jeudi 18 janvier 2007 4 18 /01 /Jan /2007 21:39

Hier soir avait lieu un grand débat à Paris à la Mutualité réunissant François CHEREQUE (CFDT), Jean Christophe LE DUIGOU (CGT), Martin HIRSCH (EMMAUS-France), Louis CHAUVEL (sociologue), … etc.

Ce meeting était organisé à l’occasion de la sortie du livre « Repenser la solidarité » (PUF – voir à ce sujet : http://www.parlonssolidarite.com/) publié sous la direction du sociologue Serge PAUGAM.

Je pense que ce type d’initiative participe à l’enrichissement du débat. L’apport des sociologues, des économistes, des scientifiques, ... et tout simplement des chercheurs au débat national est à mon avis essentiel pour revitaliser notre démocratie. En effet, si nous voulons sortir de la crise politique, sociale et économique, il faut réunir toutes les forces vives trop longtemps ignorées sous le gouvernement UMP depuis 2002.

Nous vivons actuellement un changement de paradigme (un modèle cohérent de vision du monde) ou tout du moins la création d’un nouveau paradigme face au paradigme libéral. Je pense effectivement que nous sommes dans une phase de reconstruction des idées après une phase de déconstruction qui a eu lieu dans les années 1990. Si les essais se sont multipliés depuis l’échec du 21 avril 2002 sur le besoin de créer un nouveau logiciel à gauche, cela n’est pas un hasard. Car ces mêmes essais auraient pu se cantonner à la nécessité de revenir aux bonnes vieilles recettes.

Je ne partage pas les analyses consistant à courrir après la troisième voie mais je crois plutôt en un socialisme qui ne fasse aucune concession avec ses valeurs constitutives et qui soit en capacité de s’adapter, dans le réel, à une société qui a profondément changée et qui ne peut plus fonctionner en vase clos. Or, cette reconstruction doit s’opérer avec les citoyens, avec les chercheurs, avec tous ceux qui ont un avis sur notre société et son devenir.

Face aux nouveaux-réactionnaires (ou néo-conservateurs) qui analysent le monde à travers le choc des civilisations (« l’axe du bien contre l’axe du mal » GW. BUSH) et la France à travers le choc des cultures ou la vieille distinction maurrassienne du « pays légal » et du « pays réel», le devoir de la gauche est de ressourcer les idées, de redonner confiance en l’avenir, de « comprendre le réel et d’aller à l’idéal ».

Par Laurent GRANDGUILLAUME - Publié dans : La démocratie en panne
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Mercredi 27 décembre 2006 3 27 /12 /Déc /2006 13:48

C'est pour moi les vacances et le moment de lire quelques livres "en retard". En effet, ils s'empilent sur mes étagères et j'ai une semaine devant moi pour me mettre à jour.

Dans mon programme, j'ai prévu de lire "Pour un pacte écologique" de Nicolas HULOT, "L'ivresse des sondages" d'Alain CARRIGOU", "Les classes moyennes à la dérive" de Louis CHAUVEL, "Hommage à la Catalogne" de Georges ORWELL, "Le Joueur" de DOSTOÏEVSKI et "Vocabulaire Politique" de Jean-Marie DENQUIN. Vaste programme !

En  lisant "Vocabulaire Politique" de Jean-Marie DENQUIN (PUF - 1997), j'ai pensé à l'actualité politique et tout particulièrement à Bernard KOUCHNER et Bernard TAPIE qui ont retourné leur veste.

Ainsi, Jean-Marie DENQUIN donne cette définition du mot girouette : "Terme remontant au XIXème siècle et qui désigne un homme politique dont les convictions changent avec l'opportunité tout comme la girouette qui obéit au vent. Le Nouveau dictionnaire des girouettes (1831) porte en épigraphe une phrase de Chateaubriand : Il est des hommes qui, après avoir prêté serment à la République une, indivisible, au directoire en cinq personnes, au consulat en trois, à l'empire en une seule, à la première restauration, à l'acte additionnel, à la seconde restauration, ont encore quelque chose à prêter à Louis-Philippe. On admirera, outre l'éloquence de l'auteur (qui figure d'ailleurs dans l'ouvrage à titre de spécimen), le raccourci qui illustre à merveille une certaine idiosyncrasie politique française. La formule pourrait être actualisée."

A force de chercher la provenance du vent, certains en ont oublié leurs propres convictions.

Par Laurent GRANDGUILLAUME - Publié dans : La démocratie en panne
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Samedi 11 novembre 2006 6 11 /11 /Nov /2006 23:35

"Pourquoi la démocratie en panne ? ", c'est le titre du livre de Gérard MENDEL, sous-titré "Construire la démocratie participative", paru aux éditions La Découverte en septembre 2003.

Si la disparition de Gérard MENDEL, le 14 octobre 2004, est passée presque inaperçue dans les médias, il n'en était pas moins un sociologue et un psychanalyste "franc-tireur" qui était en avance sur son époque. En effet, Gérard MENDEL a analysé les raisons de notre "panne démocratique", en sortant des sentiers battus, et proposer des solutions novatrices à travers notamment la démocratie participative.

Dans son livre, Gérard MENDEL soulignait que ce n'était pas la démocratie qui était en crise mais bien la politique.

En effet, les sondages montrent une forte défiance vis à vis du politique et une perte de confiance dans sa capacité à améliorer les conditions d'existence des citoyens. Pour autant, les citoyens ont-ils perdu la volonté de "changer la vie", sommes nous entrés dans l'ère de la fatalité permanente ? non, pour preuve, ils s'investissent de plus en plus dans des associations, dans des collectifs ou dans des groupes de pression.

Par ailleurs, les résultats aux élections nationales font apparaître une forte abstention et une sanction systématique des gouvernements sortants. Pour autant, les citoyens sont-ils associés aux réformes et donc se sentent-ils écoutés ? non, il suffit de se rafraîchir la mémoire avec les derniers mouvement sociaux.

Quelle est la réponse du politique face à ce constat ?

Souvent, cette réponse se limite à la question institutionnelle. Gérard MENDEL écrivait d'ailleurs à ce sujet "Les dirigeants politiques ne voient de solution qu'à leur niveau de responsabilité : réforme constitutionnelle, passage à la VIème République, primaires à l'américaine où les sympathisants des grands partis choisiraient leur candidat à la présidentielle ... Vivant en endogamie, soumis à une concurrence effrénée à la fois électorale et à l'intérieur de leurs organisations, victimes d'une quotidienne course contre la montre qui les coupe de la vie ordinaire et de la culture, ils manifestent une incapacité de percevoir d'autres solutions à la crise politique que celles qui passent par eux."

Le constat est dur. Mais la solution ne passera pas, effectivement, que par le politique car des formes nouvelles de démocratie se sont organisées sans lui et j'aurai l'occasion d'y revenir plus longuement en m'appuyant notamment sur le dernier livre de Pierre ROSANVALLON, "La contre-Démocratie", sous-titré "La politique à l'âge de la défiance", aux Editions du Seuil, paru en septembre 2006.

Si le parti socialiste a fait un grand pas en ouvrant grandes "ses portes et ses fenêtres" à travers sa dernière campagne d'adhésion, les réticences ont été très fortes même de la part de certains qui se disent rénovateurs.

Au niveau des institutions, le problème se posera de la même façon face à des forces conservatrices de droite, qui au-delà des discours de rupture, souhaitent tout faire pour conserver le pouvoir.

Si nous voulons redonner le pouvoir aux français, il faudra nécessairement réaliser une révolution démocratique qui passe par le développement de la démocratie participative notamment. Mais elle fait débat et fera encore débat comme en témoigne les réactions très vives de nombreux conservateurs face à la proposition de Ségolène ROYAL de mettre en place des "jurys citoyens". Ces jurys citoyens participeraient tout simplement à l'évaluation des politiques publiques. Il ne s'agit pas de tribunaux populaires ou de revenir à l'époque de la Terreur mais bien de permettre aux citoyens de pouvoir participer aux choix pour l'avenir.

Gérard MENDEL avec saisi les enjeux pour notre démocratie participative. Son oeuvre a participé, à n'en point douter, à éveiller les consciences.

 

 

Par Laurent GRANDGUILLAUME - Publié dans : La démocratie en panne
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