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Secrétaire de la section de DIJON du PS
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Jeudi 18 janvier 2007

Hier soir avait lieu un grand débat à Paris à la Mutualité réunissant François CHEREQUE (CFDT), Jean Christophe LE DUIGOU (CGT), Martin HIRSCH (EMMAUS-France), Louis CHAUVEL (sociologue), … etc.

Ce meeting était organisé à l’occasion de la sortie du livre « Repenser la solidarité » (PUF – voir à ce sujet : http://www.parlonssolidarite.com/) publié sous la direction du sociologue Serge PAUGAM.

Je pense que ce type d’initiative participe à l’enrichissement du débat. L’apport des sociologues, des économistes, des scientifiques, ... et tout simplement des chercheurs au débat national est à mon avis essentiel pour revitaliser notre démocratie. En effet, si nous voulons sortir de la crise politique, sociale et économique, il faut réunir toutes les forces vives trop longtemps ignorées sous le gouvernement UMP depuis 2002.

Nous vivons actuellement un changement de paradigme (un modèle cohérent de vision du monde) ou tout du moins la création d’un nouveau paradigme face au paradigme libéral. Je pense effectivement que nous sommes dans une phase de reconstruction des idées après une phase de déconstruction qui a eu lieu dans les années 1990. Si les essais se sont multipliés depuis l’échec du 21 avril 2002 sur le besoin de créer un nouveau logiciel à gauche, cela n’est pas un hasard. Car ces mêmes essais auraient pu se cantonner à la nécessité de revenir aux bonnes vieilles recettes.

Je ne partage pas les analyses consistant à courrir après la troisième voie mais je crois plutôt en un socialisme qui ne fasse aucune concession avec ses valeurs constitutives et qui soit en capacité de s’adapter, dans le réel, à une société qui a profondément changée et qui ne peut plus fonctionner en vase clos. Or, cette reconstruction doit s’opérer avec les citoyens, avec les chercheurs, avec tous ceux qui ont un avis sur notre société et son devenir.

Face aux nouveaux-réactionnaires (ou néo-conservateurs) qui analysent le monde à travers le choc des civilisations (« l’axe du bien contre l’axe du mal » GW. BUSH) et la France à travers le choc des cultures ou la vieille distinction maurrassienne du « pays légal » et du « pays réel», le devoir de la gauche est de ressourcer les idées, de redonner confiance en l’avenir, de « comprendre le réel et d’aller à l’idéal ».

par Laurent GRANDGUILLAUME publié dans : La démocratie en panne
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Mercredi 27 décembre 2006

C'est pour moi les vacances et le moment de lire quelques livres "en retard". En effet, ils s'empilent sur mes étagères et j'ai une semaine devant moi pour me mettre à jour.

Dans mon programme, j'ai prévu de lire "Pour un pacte écologique" de Nicolas HULOT, "L'ivresse des sondages" d'Alain CARRIGOU", "Les classes moyennes à la dérive" de Louis CHAUVEL, "Hommage à la Catalogne" de Georges ORWELL, "Le Joueur" de DOSTOÏEVSKI et "Vocabulaire Politique" de Jean-Marie DENQUIN. Vaste programme !

En  lisant "Vocabulaire Politique" de Jean-Marie DENQUIN (PUF - 1997), j'ai pensé à l'actualité politique et tout particulièrement à Bernard KOUCHNER et Bernard TAPIE qui ont retourné leur veste.

Ainsi, Jean-Marie DENQUIN donne cette définition du mot girouette : "Terme remontant au XIXème siècle et qui désigne un homme politique dont les convictions changent avec l'opportunité tout comme la girouette qui obéit au vent. Le Nouveau dictionnaire des girouettes (1831) porte en épigraphe une phrase de Chateaubriand : Il est des hommes qui, après avoir prêté serment à la République une, indivisible, au directoire en cinq personnes, au consulat en trois, à l'empire en une seule, à la première restauration, à l'acte additionnel, à la seconde restauration, ont encore quelque chose à prêter à Louis-Philippe. On admirera, outre l'éloquence de l'auteur (qui figure d'ailleurs dans l'ouvrage à titre de spécimen), le raccourci qui illustre à merveille une certaine idiosyncrasie politique française. La formule pourrait être actualisée."

A force de chercher la provenance du vent, certains en ont oublié leurs propres convictions.

par Laurent GRANDGUILLAUME publié dans : La démocratie en panne
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Samedi 11 novembre 2006

"Pourquoi la démocratie en panne ? ", c'est le titre du livre de Gérard MENDEL, sous-titré "Construire la démocratie participative", paru aux éditions La Découverte en septembre 2003.

Si la disparition de Gérard MENDEL, le 14 octobre 2004, est passée presque inaperçue dans les médias, il n'en était pas moins un sociologue et un psychanalyste "franc-tireur" qui était en avance sur son époque. En effet, Gérard MENDEL a analysé les raisons de notre "panne démocratique", en sortant des sentiers battus, et proposer des solutions novatrices à travers notamment la démocratie participative.

Dans son livre, Gérard MENDEL soulignait que ce n'était pas la démocratie qui était en crise mais bien la politique.

En effet, les sondages montrent une forte défiance vis à vis du politique et une perte de confiance dans sa capacité à améliorer les conditions d'existence des citoyens. Pour autant, les citoyens ont-ils perdu la volonté de "changer la vie", sommes nous entrés dans l'ère de la fatalité permanente ? non, pour preuve, ils s'investissent de plus en plus dans des associations, dans des collectifs ou dans des groupes de pression.

Par ailleurs, les résultats aux élections nationales font apparaître une forte abstention et une sanction systématique des gouvernements sortants. Pour autant, les citoyens sont-ils associés aux réformes et donc se sentent-ils écoutés ? non, il suffit de se rafraîchir la mémoire avec les derniers mouvement sociaux.

Quelle est la réponse du politique face à ce constat ?

Souvent, cette réponse se limite à la question institutionnelle. Gérard MENDEL écrivait d'ailleurs à ce sujet "Les dirigeants politiques ne voient de solution qu'à leur niveau de responsabilité : réforme constitutionnelle, passage à la VIème République, primaires à l'américaine où les sympathisants des grands partis choisiraient leur candidat à la présidentielle ... Vivant en endogamie, soumis à une concurrence effrénée à la fois électorale et à l'intérieur de leurs organisations, victimes d'une quotidienne course contre la montre qui les coupe de la vie ordinaire et de la culture, ils manifestent une incapacité de percevoir d'autres solutions à la crise politique que celles qui passent par eux."

Le constat est dur. Mais la solution ne passera pas, effectivement, que par le politique car des formes nouvelles de démocratie se sont organisées sans lui et j'aurai l'occasion d'y revenir plus longuement en m'appuyant notamment sur le dernier livre de Pierre ROSANVALLON, "La contre-Démocratie", sous-titré "La politique à l'âge de la défiance", aux Editions du Seuil, paru en septembre 2006.

Si le parti socialiste a fait un grand pas en ouvrant grandes "ses portes et ses fenêtres" à travers sa dernière campagne d'adhésion, les réticences ont été très fortes même de la part de certains qui se disent rénovateurs.

Au niveau des institutions, le problème se posera de la même façon face à des forces conservatrices de droite, qui au-delà des discours de rupture, souhaitent tout faire pour conserver le pouvoir.

Si nous voulons redonner le pouvoir aux français, il faudra nécessairement réaliser une révolution démocratique qui passe par le développement de la démocratie participative notamment. Mais elle fait débat et fera encore débat comme en témoigne les réactions très vives de nombreux conservateurs face à la proposition de Ségolène ROYAL de mettre en place des "jurys citoyens". Ces jurys citoyens participeraient tout simplement à l'évaluation des politiques publiques. Il ne s'agit pas de tribunaux populaires ou de revenir à l'époque de la Terreur mais bien de permettre aux citoyens de pouvoir participer aux choix pour l'avenir.

Gérard MENDEL avec saisi les enjeux pour notre démocratie participative. Son oeuvre a participé, à n'en point douter, à éveiller les consciences.

 

 

par Laurent GRANDGUILLAUME publié dans : La démocratie en panne
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