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Laurent GRANDGUILLAUME
Adjoint au Maire de Dijon
Conseiller général de Côte d'Or - Dijon V
Secrétaire de la section de Dijon du PS


Le canton de Dijon V comprend : une partie de Dijon  : Darcy, Gare, Larrey, Faubourg-Raines, Marcs d'Or, Fontaine d'Ouche; et sept communes : Flavignerot, Corcelles-Les-Monts, Velars-sur-Ouche, Fleurey-sur-Ouche, Lantenay, Pasques, Prenois.

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Culture et Education

Lundi 12 février 2007 1 12 /02 /2007 12:01
Pour une nouvelle politique culturelle
 

Nous, militants, élus du parti socialiste, acteurs culturels ou observateurs, souhaitons favoriser un débat pour construire une nouvelle politique culturelle. C’est un des leviers des transformations sociales attendues par tous. Nous constatons que les questions culturelles, une fois de plus, sont peu évoquées au cours de cette campagne électorale.


Nous souhaitons attirer, vivement, l’attention de notre candidate sur ce qui fait, en grande partie, la richesse de la production artistique et culturelle d’aujourd’hui et de demain.


Sous le vocable, « cultures urbaines, arts numériques, nouveaux territoires de l’art, musiques actuelles, arts de la rue, cirque contemporain, arts visuels, etc., » sont identifiées des pratiques culturelles qui sont bien souvent mises à l’écart par les pouvoirs publics.


Encore une fois, certains textes produits par notre parti au niveau national proposent la création de fonds spécifiques pour ces « pratiques », notamment au niveau régional. La création contemporaine est considérée comme « émergente », priée de rentrer dans des « cases disciplinaires ». Mais ces cases ont été déterminées il y a plus de vingt ans par un ministère de la culture et de la communication dont les crédits sont pré-affectés à plus de 95%.

 

 


Nous devons en finir avec le «logiciel des années 80’». Cette façon de procéder secteur par secteur (lobbies par lobbies), sur la défensive, a pour effet d’empêcher la co-construction d’une nouvelle politique culturelle en phase avec les mutations en cours qu’elles soient d’ordre, sociales, économiques ou technologiques et urbaines.


Nous proposons que ces «projets artistiques et culturels», expressions d’une diversité culturelle en actes, ainsi que les espaces qu’ils dessinent sur les territoires, soient traités par les pouvoirs publics au même titre que les formes les plus instituées et qu’ils bénéficient d’un traitement équivalent dans les procédures de droit commun.

On dit beaucoup que nous arrivons au bout d’un système, celui issu des pionniers de la décentralisation dramatique, de Malraux et de Lang. Une grande part des objectifs de la démocratisation ne pourront jamais être atteints. Les publics culturels sont toujours les mêmes. Si cette fracture n’a pu être réduite par cinquante ans de politiques culturelles, il convient de les transformer radicalement. Il est indispensable de repenser les modalités d’action et la nature des moyens mis en œuvre.

Cette nouvelle approche politique prendrait en compte la nécessaire attractivité de nos villes, la construction de nouveaux droits dans une démarche d’éducation populaire vers une véritable démocratie culturelle. Pour que les principes énoncés dans la Convention sur la Diversité Culturelle de l’UNESCO soient mis en œuvre : le pluralisme des expressions, l’accueil des cultures reflétant la diversité des origines au sein de la société française, la prise en compte de la notion de « droits culturels »- . Il ne s’agit pas de se bercer de mots, il faut se donner les moyens d’appliquer cette diversité culturelle, à commencer dans notre pays.

Il est nécessaire de proposer de nouveaux modèles d’accompagnement des initiatives, de l’amateur au professionnel pour la création et la diffusion, qui permettent une co-construction entre les acteurs culturels et les pouvoirs publics de nouvelles politiques. Il ne suffit pas de faire appel au droit commun pour soutenir les initiatives de démocratie culturelle, mais de le revisiter.

Concernant les nouvelles technologies et les nouveaux médias, il nous faut également être particulièrement vigilant sur le principe de neutralité d’Internet qui est un véritable enjeu politique. Nous ne souhaitons pas être les vassaux de quelques grands groupes industriels dans les années à venir. Nous soutenons ces artistes américains, qui, au sein de « save the Internet », luttent actuellement pour la création indépendante, facteur d’innovations.

Pour la prochaine présidence, nous proposons d’engager des changements profonds concernant les politiques culturelles :

- Renouer avec une véritable politique concernant l’éducation artistique et culturelle à l’école, supprimée par le gouvernement actuel, en l’ouvrant également sur la ville ou l’environnement rural et de donner ainsi les moyens de réels parcours éducatifs artistiques et citoyens à tous les jeunes.

- Engager dans le cadre de la cohésion sociale et de la politique de la ville, une politique volontariste interministérielle et solidaire dans le cadre de véritables conventions pluriannuelles. Il faut en finir avec les dispositifs sectoriels éphémères qui ont pollué cette politique. Il s’agit de reconnaître sans condescendance ces viviers d’initiatives culturelles qui génèrent de nouveaux liens. Ces nouveaux territoires de la culture sont des points de passage du renouvellement urbain, un facteur de développement économique et solidaire, de mixité urbaine et sociale, et de lutte contre toutes les discriminations. Il ne s’agit plus de donner une place à la culture dans cette politique mais toutes leurs places à ses acteurs : des associations, des jeunes, des artistes qui ont su donner et surtout récemment garder toute sa place à l’ambition culturelle malgré l’élimination du mot culture dans les objectifs du plan de cohésion sociale.

- Engager une nouvelle phase de décentralisation dans le contexte d’une réflexion partagée avec les acteurs concernés. Pour cela, il faut envisager une décentralisation cohérente en identifiant très clairement les compétences des différentes gouvernances (Etat, région, département, collectivités locales) et créer les cadres de cette mise en cohérence.

- Envisager une concertation nationale sur la question de l’emploi artistique et culturel. En effet, environ 470 000 personnes exercent une profession culturelle, soit près de 2,1% de la population active occupée (2004). Une étude récente (2006) de la commission européenne révèle que dans l’Union Européenne, le secteur de la culture contribue à hauteur de 2,6% du PNB communautaire (2003) et affiche des taux de croissance supérieurs à la moyenne des autres secteurs de l’économie. Pourtant, aujourd’hui, la situation de l’emploi artistique et culturel en France n’est pas bonne. Les acteurs culturels sont confrontés à une précarisation importante. Les voies d’accès à l’emploi sont multiples (salariat, entreprenariat, travail intermittent, multisalariat, pluriactivité, emplois aidés,etc). L’économie culturelle est plurielle (économie marchande, non-marchande et non-monétaire). Le législateur doit s’emparer de cette problématique, construire des outils d’accompagnement où les personnes et les entreprises se trouvent dans un contexte favorable (pérennisation) pour un développement économique durable. Cela doit être pensé en tenant compte des évolutions économiques, technologiques et sociales que l’on constate aujourd’hui dans la création artistique et la production culturelle et de la diversité des situations (métiers, bassins d’emplois, etc.).

Cette nouvelle politique doit faire l’objet d’une vaste réflexion dans ce pays, mais elle sera d’autant plus efficace si nous pouvons la mener au niveau européen. Dans cette perspective nous proposons, que notre candidate s’engage à ce que la culture et les nouveaux médias soient l’une des priorités à traiter lors de la future présidence française de l’Union Européenne en 2008 et qu’elle puisse donner aux acteurs culturels, artistes et citoyens, toutes leurs places pour construire l’Europe des cultures de tous pour tous.

Pour signer la pétition :

http://politiqueculturelle.free.fr/index.php?petition=2&signe=oui

 

 

Par Laurent GRANDGUILLAUME - Publié dans : Culture et Education
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Mardi 13 mars 2007 2 13 /03 /2007 18:39

Nombreux sont ceux qui considérent que la culture n'a pas encore trouvé sa place dans l'élection présidentielle voire qu'elle en est absente. Or, la culture est un thème central de la gauche et tout particulièrement des socialistes.

C'est pourquoi d'ailleurs près de 300 personnes ont signé cette pétition : http://www.grandguillaume.net/categorie-1123604.html afin d'alerter les socialistes et tout particulièrement notre candidate.

Or, Ségolène ROYAL a écouté et entendu comme en témoigne son interview dans les Inrockuptibles du 13 mars - n°589 (voir ci-dessous). C'est un exemple supplémentaire de sa capacité à réagir rapidement et à rester à l'écoute du terrain. Comme elle le dit "La gauche ne peut pas se penser sans la culture, ne doit jamais cesser de parler culture, de penser la culture, de vouloir la culture. "

Interview de Ségolène Royal dans les Inrockuptibles.

 
 
On vous connaît mal. Jamais sans doute un candidat ou une candidate majeur(e) à l'élection présidentielle n'a été à ce point méconnu des électeurs. Comment l'expliquer ?

Beaucoup de choses pourtant ont été dites, écrites. C'est un paradoxe. De nombreux livres et articles ont paru sur moi. Je suis dans le paysage politique depuis longtemps, mais, c'est vrai, les gens ont le sentiment d'en savoir moins sur moi que sur d'autres. Pourtant on m'a reproché de m'exhiber, ce qui est quand même assez étrange. Notamment quand mon dernier enfant est né. Donc je ne sais pas, je vous retourne la question… (rires)

Ce qu'on lit sur vous ce sont toujours les mêmes choses : vous êtes née en Afrique, vous êtes la fille d'un militaire, vous avez grandi dans une famille nombreuse, catholique, vous étiez bonne élève à l'école… Cette bio façon Who's Who ne résume pas une personne. Vous y retrouvez-vous dans ce portrait un peu caricatural ?

C'est vrai que j'ai connu cet itinéraire assez atypique : je suis issue d'une famille de huit enfants alors qu'il n'y en a plus beaucoup ; j'ai vécu jusqu'à l'âge de dix-huit ans dans un village très rural et je suis aujourd'hui là où je suis… C'est un itinéraire curieux. J'ai su saisir mes chances au fur et à mesure de la vie, je crois.

Vous éprouvez vraiment le sentiment d'être atypique ?

Oui parce que rien ne me prédestinait à arriver là où je suis. Je viens d'une famille plutôt de droite. Quand j'ai passé mon bac, je ne savais même pas que Sciences Po existait. C'est de fil en aiguille, en picorant des informations que j'ai choisi mon itinéraire d'orientation. Il s'est trouvé que j'étais à Nancy et que c'était la seule ville de France où il y avait une préparation à Sciences Po, qu'un jour ma sœur qui était secrétaire au rectorat m'a rapporté un dépliant qui présentait cette préparation. J'étais inscrite à la fac de sciences économiques - volontairement, parce que mon père ne voulait pas que je fasse d'études supérieures.

Pourquoi l'économie ?

Parce que j'ai fait un bac économique, voilà. J'ai donc ensuite découvert par ma sœur l'existence de cette préparation. Elle m'a dit tiens : toi qui t'intéresses à la politique… Parce que je m'intéressais quand même déjà beaucoup à la politique. Je regardais tous les débats politiques à la télévision. Quand j'étais en pension, je me souviens que j'allais toute seule dans la salle de télé regarder les débats avec Françoise Giroud. Ça m'a toujours attiré le débat public. Je me suis donc inscrite à cette préparation qui s'appelait le CUEP, et j'en suis sorti seconde et suis après entrée à Sciences Po à Paris. J'ai travaillé en même temps, j'ai obtenu une bourse. Et puis à Sciences Po, j'ai appris que l'ENA existait. Je n'étais pas une initiée du milieu. Je me suis retrouvée avec des fils d'énarques, des enfants de gens de la haute fonction publique. Mais je n'étais pas du tout complexée. Sans doute pas très consciente de l'incongruité de ma présence dans ce milieu. Et puis j'ai été reçue à l'ENA et j'en suis sortie. On était en 1980 et c'était bientôt l'élection présidentielle. À ce moment-là François Hollande m'a fait rencontrer Jacques Attali, pour lequel j'ai travaillé, dans une soupente pas très loin d'ici à élaborer des réponses à des questionnaires. Et puis après l'élection, en 1981 j'ai été happée dans l'équipe Attali au 2 rue de l'Elysée dans un petit bureau annexe. J'ai fait mon trou, préparé des dossiers, bâtit des argumentaires… Il y avait un espace et je me trouvais là, c'est comme ça que j'ai été associée à la préparation du sommet de Versailles, le premier sommet des chefs d'Etat des pays industrialisés. C'était un peu le happening au départ en 1981. Un jour, on m'a dit tiens il faut faire un rapport pour François Mitterrand, préparer ce qu'il va dire au sommet. Rien ne m'étonnait : je devais avoir 24 ans, et je faisais le discours de François Mitterrand pour le sommet des chefs d'Etat…

En pension, vous vous intéressiez déjà dites-vous à la politique. Etait-ce dans un rôle d'observation ou bien aviez-vous déjà des opinions politiques très formées ?

C'est par le féminisme, je crois, par la question du droit des femmes que mes opinions se sont forgées. Avec la réalisation assez précoce qu'il fallait se battre pour y arriver. Donc tout naturellement à gauche. Mais ce n'était pas en réaction viscérale, comme cela a pu être dit, contre le milieu familial. Non. Par la prise de conscience de l'injustice faite aux femmes. C'étaient des années où ces questions étaient très débattues.

Quand avez-vous pris du conscience du fait que le modèle de vie plus ou moins imposé par vos parents n'était pas fait pour vous ?

En sixième. Très tôt. La sixième, c'est le retour de Martinique. Je sortais d'un établissement privé de religieuses, j'ai donc dû passer un examen pour entrer à l'école publique, et on m'a fait redoubler ma sixième, ce qui m'a peut-être fait du bien, d'ailleurs, parce que j'avais un an d'avance et j' j'étais toute jeunette. Alors je me suis retrouvée dans un collège rural d'un chef-lieu de canton des Vosges, Charmes. Pendant quatre ans, j'étais la meilleure élève de ce collège. Ça m'a tout de suite ouvert des perspectives : je me suis dit que je pouvais quand même avoir un autre destin que celui des femmes de ma famille qui ne travaillaient pas.

Des enseignants ou des camarades de classe ont-ils été déterminants ?

Des enseignants, oui, qui m'ont tout de suite poussée, qui m'ont dit qu'il fallait vraiment continuer.

Vous étiez meilleure dans certaines matières ?

Non, j'aimais toutes les matières.

Des matières que vous préfériez alors ?

Non, vraiment, j'aimais tout. J'adorais l'école. C'était un moyen de m'affranchir. Je suis un pur produit de l'école émancipatrice.

Avant l'école ou à côté, dans la famille, il n'y avait pas d'autres horizons ?

C'était dur, mais il y a toujours eu un horizon parce qu'on a vécu outremer, et ça procure des échappées imaginaires au moins. Ne serait-ce que l'imaginaire de ma naissance, c'est peut-être cela aussi qui m'a poussée…

Pourquoi c'est important pour vous d'être née à Dakar ?

Être née en dehors des frontières, c'est un plus, oui. C'est la biodiversité ! C'est le mystère. Quand on est petite et qu'on est née à Dakar, Sénégal, on est contente. Ça m'a marquée toute mon enfance. Quand à la rentrée je disais née à Dakar, Sénégal, toute la classe faisait ohhh. C'est le genre de petites choses qui marquent très fortement une identité, je pense.

À vous entendre, on a le sentiment que vous avez toujours vécu dans un statut d'outsider…

Un peu oui… Dans le débat interne au PS aussi, vous vous souvenez (rires). Et même maintenant, vous avez vu ce qui se passe… (re-rires)

Est-ce parce que vous avez toujours eu le sentiment de vivre ainsi que cette position d'outsider ne semble pas vous poser problème ?

Oui même s'il faut aussi à chaque fois de l'énergie pour s'imposer.

Enfant, y avait-il à la maison des livres ? alliez-vous au musée, au cinéma ? Quelle place occupait la culture ?

Des livres oui, parce que ma mère qui a fait une école agricole et n'a pas le baccalauréat a une culture rurale. Tout petits elle nous faisait faire des herbiers, observer la nature, mon grand-père nous apprenait les champignons… Il y a là une forme de culture originale, une éducation scientifique, botanique qui nous ouvrait l'esprit. Et puis j'ai toujours vu ma mère lire, aller à la bibliothèque du village, et parler de ce qu'elle lisait. Mon père avait une collection de livres de poche qui couvrait tout un mur.

Quelle place occupait la religion dans votre famille ? Et quel rapport vous-même entreteniez-vous à elle ?

Le rapport était très étroit, j'étais dans une famille très pratiquante. Pour moi, la religion a structuré à la fois la pensée et la transgression. C'est ça qui est très intéressant. Car quand j'ai pris conscience de l'écart entre le discours et les actes, je me suis dit, il y a quand même un problème. La religion fut un structurant culturel mais très vite, je l'ai aussi perçu comme une contrainte, comme la transmission d'un dogme, d'une discipline qui ne permettait pas l'épanouissement. Même si c'état aussi un repère, une identification. Ce qui est intéressant ensuite, c'est l'affranchissement. En comparant l'enseignement religieux avec ce qui se passait réellement, y compris au sein de ma propre famille, je voyais vite le problème . Sur la question de l'égalité hommes/femmes, sur celle du respect… Je voyais bien que ça n'allait pas.

Et aujourd'hui quel est votre rapport à la religion ?

Je ne suis pas pratiquante. Je défends très farouchement la laïcité, et en même temps je comprends les identités religieuses et le respect qu'on leur doit, par rapport aux convictions des gens. Ce sont des élements structurants de l'histoire, de la culture, des mentalités, c'est important de comprendre comment les gens réagissent. Je soutiens le dialogue interreligieux. Il faut comprendre la diversité du peuple français, dans ses identités religieuses ou, au contraire, non religieuses.

Vous parliez de la passion de votre mère pour les livres, y t-il une passion que vous avez partagé avec votre père ?

La musique peut-être. Il écoutait beaucoup de musique classique. Ça imprègne une enfance.

Et pour le reste, c'était difficile de partager avec lui ?

Difficile, oui. Il était lui-même victime d'une éducation rigide, le dialogue parent enfant existait peu, comme dans beaucoup de familles à l'époque. L'évolution des droits de l'enfant, tout cela est assez récent. Mais je n'ai pas été maltraitée. On m'a appris l'obéissance, l'honneteté, la rigueur, la discipline … Ça permet de réagir, de s'en affranchir.

De tous vos frères et sœurs, vous êtes celle qui s'en est le plus affranchi ?

Non, tous. Chacun à sa manière. Mais c'est une belle histoire. Parce qu'il y a des enfants qui ne vivent rien. Auxquels on autorise tout. Qui vont à vau l'eau, qui sont en souffrance parce qu'ils n'ont rien en face. Ils ont tout ce qui veulent. Ça n'a pas été mon cas - ça c'est sûr. Mais le principe même de l'éducation, c'est la limite. Il faut simplement qu'elle soit bienveillante et adaptable, cette limite.

Et quel a été votre rapport à l'autorité non plus parentale mais scolaire ?

Très bon. De toute façon c'était une époque où les élèves obéissaient. Il n'y avait pas beaucoup d'espace (rires)…

Vous entrez en pension en seconde. Pour beaucoup c'est un enfermement, mais pour vous ça semble presque une délivrance…

Oui c'était une libération bien sûr. Le milieu familial étant un peu étouffant, le milieu scolaire était un milieu de liberté. Pour beaucoup d'élèves, la pension peut devenir un élément de liberté, de confort de travail…

Y avez-vous rencontré des professeurs très marquants, importants ?

Non pas tellement en pension. Davantage au collège. La professeure qui m'a le plus marqué, c'était une PEGC, une ancienne instit devenue prof d'allemand. Elle s'appelait Marguerite, je m'en souviens encore, elle était d'une bonté ébouriffante, et en même temps d'une grande rigueur. Elle adorait les élèves, entraînait toute la classe. Il n'y avait pas d'humiliation. Ça m'a beaucoup marqué les mauvais élèves humiliés. C'est dur le milieu scolaire quand est mauvais élève. Je me souviens encore du visage des mauvais élèves humiliés. Des élèves auxquels on balance les copies en leur disant : zéro, t'es encore nul ! Je vois encore les visages de ces élèves. Et c'est ce souvenir très fort qui, lorsque j'étais ministre de l'enseignement scolaire, m'a conduit à réformer la notation. Un élève n'a pas le droit d'être enfoncé. Même si le devoir ne vaut rien, ce n'est pas l'élève qui est nul, c'est le devoir qui n'est pas fait. On lui refait faire, c'est tout.

Vous faites un lien entre cette violence scolaire là, et celle qu'on peut observer, dans l'autre sens, des élèves à l'égard de l'école ?

Oui, bien sûr. Il y a des élèves qui retournent la violence contre l'école parce que l'école a échoué avec eux. Il y a une violence contre l'école parce qu'il y a une demande d'école aussi. Hélas.

En 1968, vous avez 15 ans…

Oui j'étais en troisième et c'était formidable 68. Nous, on ne faisait pas grand chose, on a dû s'arrêter deux jours. Et puis moi je prenais le ramassage scolaire et dès que le car est passé on n'a plus la chance de traînasser devant le collège… Beaucoup d'élèves de milieu rural vivent ça, ils prennent le car, rentrent chez eux et après c'est l'isolement. Mais je m'en souviens encore, je sentais que le joug de l'autoritarisme était un peu secoué.

C'est à ce moment que se politise un peu votre vision des choses ?

Ce n'est pas impossible, oui.

Vous disiez que vous regardiez les émissions politiques à la télévision seule, vous ne partagiez pas cet intérêt avec vos camarades de classe ?

Ça n'intéressait pas les filles de mon âge à cette époque là.

Et avec le recul comment voyez-vous mai 68 ?

De manière positive. Je ne fais pas partie de ceux ou celles qui passent mai 68 par pertes et profits, qui lui font porter la responsabilité d'une confusion des valeurs. Il y a eu une confusion des valeurs comme pour toute époque un peu tourmentée. Après il a fallu recadrer un certain nombre de choses, notamment sur l'éducation des enfants, des choses comme « il est interdit d'interdire » etc. Mais sans doute cette transition était-elle nécessaire pour chambouler, pour rebattre les cartes de l'organisation de la société. Ce sont des mouvements de libération qui sont extrêmement refondateurs.

Récemment l'hebdo des socialistes à fait sa une sur avoir 20 ans en 2007. De quoi aviez-vous envie à 20 ans ?

De liberté. D'insouciance. J'étais à l'université, j'étais heureuse.

Vous vous imaginiez faire quoi plus tard ?

Pas de la politique, j'avais aucune idée de qu'était un mandat, un engagement politique. Mais la chose publique déjà m'intéressait, le droit… Magistrate, je pense que c'est ce que j'avais à l'esprit.

Est-ce que votre aspiration à la rébellion, à l'affranchissement s'incarnait dans des personnalités que vous admiriez ?

Je me souviens avoir été vraiment secouée par la lecture, en terminale d'un livre de John Stuart Mill, De l'assujettissement des femmes. C'est un livre prodigieux d'actualité. La lecture de Simone de Beauvoir fut également importante. La biographie de Flora Tristan. Mais le premier livre qui a éveillé ma conscience politique c'est ce livre de John Stuart Mill.

Vous évoquiez François Giroud dans les débats télévisés…

Voilà quelqu'un à qui je m'identifiais. Féministe, intelligente, maîtrisant la parole, la dialectique, la modernité, L'Express…

L'Express, vous lisiez beaucoup la presse ?

Oui, étudiante je lisais les journaux.

Et à côté des figures intellectuelles ou politiques, certains artistes ont-ils joué pour vous un rôle important ?

Le premier film qui m'ait marquée, c'était West Side Story.

Les artistes, c'était Yves Montand, Léo Ferré, mais aussi la chanson populaire, Françoise Hardy, Christophe, Michel Polnareff. Et puis Simon and Garfunkel, au moment où je faisais du baby sitting en Irlande pendant les vacances, Leonard Cohen. Mais j'ai toujours aimé la musique classique, je ne peux pas m'en passer, Bach surtout, les concertos brandenbourgeois, le Requiem de Mozart…mon grand-père me faisait écouter de l'opérette quand j'étais enfant, j'aimais cela, les Contes d'Hoffmann…

Mes derniers spectacles, c'était Don Juan à l'Opéra Bastille, Philippe Caubère au Théâtre du Rond-Point…

Des choses très mélancoliques…

Oui, romantiques aussi.

Qu'avez-vous appris de plus important dans vos années à l'Elysée ?

Que la relation interpersonnelle était finalement ce qui était le plus efficace en politique. Même sur les sommets internationaux où l'on se dit que tout est calibré, bouclé à l'avance, François Mitterrand trouvait les moyens de dire : non ce n'est pas comme ça, ce sera comme ci. Ou : ce que vous m'avez préparé là ne tient pas debout, la ligne politique sur laquelle il faut tenir c'est celle-là. Ça marchait. L'obstination de l'action politique, de la cohérence de la pensée politique, si on la mène jusqu'au bout parce qu'on la tient fermement, ça marche.

Ça veut dire qu'il y a toujours une marge de manœuvre politique ?

Oui, la volonté politique déplace les montagnes. L'impossible devient possible. J'ai appris ça de François Mitterrand. Vu ce qu'il avait traversé pour être là, il était habité de la volonté politique. Au moins pendant le premier septennat. Il y avait une volonté permanente, il ne fallait jamais se laisser tordre dans des voies détournées, ou de se laisser imposer des choses qu'il ne sentait pas ou qui n'étaient pas conformes à sa route. Il avait la capacité de se secouer, de dire : ce n'est pas ce que je veux, ce n'est pas dans cette direction là que je veux aller, ce n'est pas ça l'horizon.

Avez-vous eu le sentiment qu'il fallait choisir entre Mitterrand d'un côté et Rocard et Delors de l'autre, entre première et deuxième gauche ?

Non, je n'étais pas du tout là-dedans. Ce n'était pas mon problème. J'étais au service de François Mitterrand. Je voyais bien les débats mais comme j'étais dans mes dossiers et non au cœur des problématiques politiques je n'avais pas tellement conscience des conflits. J'étais dans l'action, j'avais des sommets à préparer, des rentrées scolaires… Tout ce qui n'était pas attribué m'était confié : les jeunes, les problèmes de société, l'environnement… Très tôt, j'ai eu pendant ce premier septennat l'occasion de me pencher sur ces questions. Avec une grande curiosité. Je lisais tout, je rencontrais des gens, je faisais des notes, je regardais les enquêtes d'opinions, je faisais remonter tout ça à François Mitterrand, je lui faisais humer ce qui se passait, ce qui se disait. Tous les jours.

Au fur et à mesure que vous avez pris des responsabilités liés à vos mandats et à vos fonctions ministérielles, vous avez eu moins de temps pour tout cela, est-ce frustrant ?

Non parce que j'y passe encore beaucoup de temps.

Et vous pensez que c'est compatible avec la fonction présidentielle ?

C'est indispensable. Et puis il faut aussi avoir des gens autour de soi qui respirent, qui sont en palpitation. C'est ce que permet la démocratie participative. Et internet sur lequel je regarde ce qui remonte du terrain tous les jours. Tout est dit. Il faut le vouloir pour se couper du monde. Mais c'est vrai qu'il faut aussi le vouloir pour rester en contact.

Comment expliquez-vous que le mot culture soit à ce point absent de la campagne ?

Même si je n'ai pas encore prononcé mon grand discours sur la culture, j'en ai déjà beaucoup parlé. La réussite éducative, je l'ai toujours liée à la culture. J'ai dit qu'il fallait remettre de la culture partout.

Mais pourquoi a-t-on l'impression que ce n'est pas un enjeu de cette campagne ?

C'est vrai que la culture intervient tard dans la campagne. Grâce à vous, nous y voilà !

Les grandes lignes de la politique culturelle actuelle ont été définies en 1981 lors de l’arrivée de la gauche au pouvoir. Cette politique vous paraît-elle adaptée à l’époque que nous vivons ? S’agit-il de la modifier, de l’améliorer à la marge ou de la repenser plus profondément ?

En 1981, tout était à faire. Les politiques mises en place par la gauche ont permis l’éclosion d’une vie culturelle foisonnante. Depuis 25 ans de grands bouleversements ont profondément transformé le paysage culturel.

De nouvelles formes d’expression artistique ont émergé, des espaces inédits de rencontre entre le public et les créateurs se sont ouverts. Je pense en particulier à l’irruption d’internet dans la vie de chacun, notamment les jeunes.

Mais reconnaissons-le, des menaces et des dangers nouveaux se font jour. La richesse de notre vie culturelle ouvre des perspectives extraordinaires mais est aussi porteuse de dérives inquiétantes pour les artistes comme pour les citoyens : les sous-financements, les risques de concentration, les menaces de paupérisation des artistes, l’assèchement des représentations collectives et des identités, la mise en cause de la diversité, la perte de sens, les disparités d’accès à la culture sur l’ensemble du territoire. Les grandes concentrations mettent en péril la diversité de la création.

Comme le dit la grande écrivaine Toni Morrisson, « aujourd’hui tout est su, rien n’est compris. »

Je veux remettre de la pensée et de la volonté dans la politique culturelle de notre pays. C’est la mission historique de la gauche en matière de culture.

Il y a dans notre pays un profond désir de changement. Il y a le sentiment que la politique culturelle de l’Ėtat est en panne et les cinq années de droite ont accéléré la dégradation dans beaucoup de secteurs, notamment ceux du patrimoine. C’est une véritable catastrophe.

La gauche ne peut pas se penser sans la culture, ne doit jamais cesser de parler culture, de penser la culture, de vouloir la culture.

L’univers culturel s’est trouvé bouleversé ces dernières années par la révolution numérique, et c’est loin d’être fini. Comment la politique culturelle doit-elle prendre en compte ces nouvelles technologies et surtout leurs effets économiques, sociaux, juridiques et esthétiques ?

Constatons-le, les pouvoirs publics en matière culturelle et audiovisuelle ont traité la révolution numérique avec une triste désinvolture, donnant ainsi l’impression à nos concitoyens d’avoir toujours un train de retard.

Je veux que dans ce domaine la France soit à l’avant-garde.

Je suis heureuse de l’éclosion sur internet de nouveaux modes d’expression qui doivent tout à la vitalité créatrice de nos concitoyens et en particulier de notre jeunesse. Mais je ne confonds pas ce qui est l’expression d’une envie de culture et la démarche patiente, élaborée, exigeante, de l’artiste. L’un et l’autre sont indispensables. Il y a deux cents ans la France a inventé le droit d’auteur. Il n’est de grande nation que celle qui sait honorer ses artistes et leur donne les moyens d’exercer cette responsabilité singulière de témoin, de veilleur, de défricheur et surtout d’inventeur, qui sait les aider à suivre cette intuition qui les anime.

Quel que soient les chemins empruntés par les artistes pour trouver leur public, leur talent et leur travail doivent obtenir une juste rémunération.

Je veux qu’un large débat soit lancé dans tout le pays sur l’économie de la culture à l’ère numérique, pour refonder le pacte social entre la nation et ses artistes.

L’univers culturel s’est également trouvé affecté par la profonde transformation du capitalisme, entraînant notamment d’important mouvements de concentration. Comment dès lors garantir la diversité culturelle ?

Si l’on fixe bien les objectifs, s’ils sont bien compris, on trouvera les bons outils. Empêcher par exemple quelques grands groupes qui tirent leur puissance d’autres secteurs, notamment le BTP, les télécoms ou l’industrie militaire, de s’emparer progressivement de tous les médias, ce n’est pas lutter contre l’entreprise mais c’est veiller au pluralisme de l’information et à la diversité culturelle. Il faudra ainsi qu’une nouvelle législation travaille sur la définition et les critères des seuils de concentration, et ce sans doute à l’échelon européen. Aucun secteur aujourd’hui n’est épargné : la presse, l’audiovisuel, l’édition, le cinéma, la musique. Je serai de ce point de vue d’une vigilance absolue. Je veux par exemple soutenir les librairies indépendantes, dont le rôle de soutien à la diversité de la production littéraire et de lien social est indispensable. Faut-il rappeler que c’est la gauche qui a fait la loi Lang sur le Prix Unique du Livre ? je continuerai dans cet esprit.

Le développement des industries culturelles et ces phénomènes de concentration ont conduit à la constitution de groupes de culture et de médias, au point que certains chercheurs parlent aujourd’hui de médiaculture, comment articuler ces deux dimensions ?

Je vois que vous faites allusion au livre d’Eric Macé et Eric Maigret.

Incontestablement nos pratiques culturelles se déploient sur un territoire dont les frontières sont ouvertes. La distinction entre culture populaire et culture élitaire, qui générait des inégalités, n’est pas pertinente pour analyser la réalité des pratiques culturelles de nos concitoyens. Dans la même journée, nous pouvons voir une série télévisée, écouter un air d’opéra, aimer les romans de Gao Xingjian et écouter Abdelmalik ou le slam de Grand Corps Malade. Ce que l’on appelle les « cultures urbaines » sont par exemple le signe d’une vitalité réjouissante, elles ne doivent pas être ghettoïsées !

Ce décloisonnement est une réalité. Mais la possibilité accrue d’accès aux œuvres ne doit pas faire oublier que la démocratisation de l’accès à la culture reste un défi majeur, ce qui n’est pas garanti encore sur l’ensemble des territoires et des milieux sociaux.

Il ne faut pas non plus évacuer la question de la spécificité de l’art.

On ne peut imaginer une démocratisation culturelle sans artistes.

C’est à l’intersection de ces deux éléments , j’allais dire dans cette tension, médiaculture et art, que les politiques culturelles de demain s’inscriront. Ariane Mnouchkine dit : « nos enfants ne doivent pas seulement devenir des fabricants ou des consommateurs mais des êtres humains amoureux de l’humanité ». J’ajouterai : des citoyens libres, autonomes, capables de décider pour eux-mêmes et pour les autres, et de conquérir l’esprit critique, au sein de cette nouvelle République culturelle que j’appelle de mes vœux.

Quelle sera votre politique en matière d’audiovisuel public ?

La télévision devrait jouer un rôle essentiel, en étant l’espace privilégié du contact quotidien des Français avec la culture. Je dis bien « devrait », car elle renvoie souvent une image très éloignée de la réalité de notre pays.

Dans nos communes, dans nos région, la vie culturelle et artistique est foisonnante. Les cultures urbaines, les pratiques amateurs, les réseaux numériques, l'essor des identités culturelles et des langues régionales, auxquelles je suis très attachée… Partout se vérifie cette volonté d'agir et de créer, à laquelle la télévision n’offre pas ou peu de relais. Pourquoi n’y a-t-il pas de grande émission sur les arts plastiques ? Le cinéma ? La littérature ? L’histoire et le patrimoine ? La photographie ou le design ? Parce que la défense de notre identité et notre richesse culturelles, la diversité et la qualité des programmes, passent après les objectifs de rentabilité ?

Jamais je n’accepterai que la culture et l'information soient abandonnées aux seules forces du marché et à la marchandisation galopante, induite par la mondialisation libérale.

Comment concilier liberté d’entreprendre et liberté de créer ? Comment conjuguer l’efficacité économique, le soutien à l’innovation, et le pluralisme des idées, des créations, des publics ? Sortons de cette opposition absurde et stérile. Et donnons à notre pays les moyens de se doter d’une politique audiovisuelle forte, qui place tous les acteurs de cette filière, publics et privés, face à leurs responsabilités : garantir collectivement le pluralisme et la qualité de la création et de la production françaises.

Il faut développer et adapter le service public de la culture et de la communication aux nouveaux enjeux : être au service d'une information libre, d'une création audiovisuelle et cinématographique de qualité et dynamique (les fameux « films du milieu » dont parle Pascale Ferran), de programmes qui conjuguent attractivité et qualité.

Pour cela, j’entends créer les conditions d’un service public de la culture et de l’audiovisuel, fort et dynamique. Quelques initiatives y contribueront :

-La mise en place d’un Conseil Supérieur des Savoirs, des Arts, et des Sciences, directement placé auprès du chef de l’Etat, qui aura une mission d’observation, d’information, de proposition, fondée sur un constant dialogue avec tous les acteurs du monde culturel.

-La transformation du Conseil économique et social en Conseil économique, social et culturel, afin que la culture soit placée au centre, et non plus à la marge, de la réflexion sur les sujets de société, au même titre que l’économique et le social.

-L’instauration d’une Haute Autorité du Pluralisme, en lieu et place du CSA, dont le Parlement aura la responsabilité de nommer les membres, à une majorité des 3/5èmes. Ses pouvoirs seront élargis, afin de garantir, mieux encore qu’aujourd’hui, la liberté de la presse et des médias, mais aussi d’élever le niveau d’exigence culturelle des médias audiovisuels.

Il faut aussi poser la question des moyens de l’audiovisuel public, et de ses modes de financement, qui ont peu évolué depuis sa création, il y a un demi-siècle, alors qu’il n’existait qu’une seule chaîne de télévision publique. Le sous-financement de l’audiovisuel italien a participé de la stratégie de Berlusconi pour bâtir son empire aux dépens de la RAI. Est-ce vraiment cela que nous voulons pour notre pays ? Entre l’anti-modèle berlusconien qui a vulgarisé la télévision et le modèle de nos amis allemands, anglais et scandinaves qui assure la suprématie de la création, je choisis évidemment le second.

Si je suis élue, je lancerai ce débat, en y associant les Français, puisque la quasi-totalité possède la télévision et la radio dans leur foyer. Nous avons, vis-à-vis d’eux, un devoir de vérité sur les moyens aujourd’hui dévolus au service public de l’audiovisuel, et de transparence sur la production des programmes, notamment à l’heure du tout numérique, de la TNT et d’Internet.

Autant d’outils dont j’estime qu’ils doivent aussi permettre de dégager de nouvelles ressources pour la production et la diffusion d’œuvres françaises et européennes de qualité, qui soutiennent vraiment la création de qualité. Aujourd’hui, il me paraît indispensable que les fournisseurs d’accès à Internet contribuent vraiment au financement de l’audiovisuel et du cinéma français.

L’Institut national de l’audiovisuel, en rendant accessibles gratuitement sur son site Internet les trésors de notre patrimoine audiovisuel est un exemple à suivre pour lutter contre les risques de nivellement et d’uniformisation, et faire de l’outil numérique un véritable espace de création intellectuelle, d’échange de savoirs et de compréhension du monde.

Enfin, il faudra une bonne fois pour toutes mettre à plat le dossier de l’audiovisuel extérieur (TV5, France 24, RFI) et répondre au mal endémique de la dispersion des moyens et du manque de coordination. Ce dossier a été géré en dépit du bon sens ces dernières années.

Faut-il une véritable politique pour le secteur des médias privés et en particulier la presse qui connaît une crise grave ?

Le pluralisme et l’indépendance de la presse sont menacées de manière dramatique. La situation des grands quotidiens français et le problème de leur distribution sont un péril pour la démocratie.

Je ferai en sorte que la presse écrite puisse trouver un environnement favorable à son renouveau : réforme des financements publics avec une indexation des aides sur de nouveaux critères (l’importance de la rédaction notamment) , fiscalité, création d’un statut des entreprises de presse.

Il faut garantir aux titres qui le souhaitent une indépendance économique et donc éditoriale. Il faut absolument trouver une réponse au problème structurant et handicapant de la faiblesse des fonds propres des entreprises de presse, grâce, pourquoi pas ?, à un nouveau mécanisme de déductions fiscales incitant les particuliers à rejoindre les sociétés de lecteurs.

A l’heure où ce secteur connaît un bouleversement majeur et historique, celui du numérique, les pouvoirs publics doivent avoir une politique active d’accompagnement de ce secteur indispensable à la vie de notre démocratie.

Après médias/culture, une autre couple médias/école. Vous avez à de nombreuses reprises insisté sur une meilleure articulation. Quelle place pour la culture à l’école, et quelles places pour les écoles dans la culture ?

Je veux que la culture fasse une entrée massive à l’école. C’est le premier lieu de la rencontre de tous avec l’art et de la réduction des inégalités d’accès à la culture. Ce que Jules Ferry a réalisé pour le calcul et la lecture, nous avons le devoir de le faire aujourd'hui pour les arts.

Ce doit être une vraie révolution, qui commencera par la reconstruction ce que la droite a défait, en démantelant le plan « arts à l'école », initié en 2000 sous l'impulsion de Jack Lang et Catherine Tasca. Ce plan ait été sabordé par le gouvernement auquel appartient le candidat de la droite à l'élection présidentielle : quelle crédibilité de bâtisseur peut bien avoir le démolisseur ?

Moi, je veux que tous les jeunes puissent voir leur sensibilité et leur esprit critique s’éveiller, par le contact personnel avec les œuvres, la découverte des lieux de création, la rencontre avec les artistes. Je veux encourager les pratiques artistiques, notamment celles qui sont collectives, parce qu’elles sont le meilleur moyen de faire l’expérience de la vie en communauté, d’en apprendre les règles, et même de lutter contre la violence.

De la maternelle à l’université, je veux renforcer la présence de toutes les disciplines artistiques et l’éducation aux images. Le rôle essentiel des bibliothèques-médiathèques doit aussi être soutenu.

Renouons avec l’esprit du Conseil National de la Résistance qui traçait comme perspective « la possibilité effective pour tous les enfants français de bénéficier de l’instruction et d’accéder à la culture la plus développée, quelque soit la situation de fortune de leurs parents ».

Dans un livre récent sur la politique culturelle américaine, Frédéric Martel insiste sur le formidable gisement d’emploi que peut constituer la culture et plus généralement ce qu’on appelle la crative class. Que faire pour encourager ces emplois ?

Mon premier engagement sera de défendre les emplois culturels, et de faire de la culture l’un des moteurs de l’innovation économique. La culture et l’audiovisuel, filières à part entière, sont l'une des clés d'une économie moderne dans un pays développé, porteuses d’innovation, vecteurs de croissance, et créatrices d'emplois, dans le secteur public comme dans le secteur privé.

Je veux que les entreprises culturelles et audiovisuelles, qui constituent un tissu très dynamique, soient reconnues pour le rôle qu’elles jouent dans l’économie de notre pays. A ce titre, elles auront toute leur place au sein du pacte que je propose avec les PME, et pourront bénéficier de tous les moyens que j’entends mettre en place pour faciliter et soutenir les projets les plus innovants.

Nous devons être à la hauteur de ce qui fait notre force et notre identité : une certaine idée de la culture et du rôle des créateurs. C’est, pour moi, tout le sens de la notion d’exception culturelle que je veux défendre. Ce n’est pas seulement, comme le croit la droite qui en a dévoyé l’idée, un instrument pour échapper aux règles du commerce international ! C’est l’expression la plus belle et la plus noble du traitement exceptionnel dont la culture et les arts doivent bénéficier, par leur nature et par leur fonction. L’économie de l’art, c’est d’abord celle de l’imaginaire.

Ce traitement exceptionnel, je m’engage à l’enrichir, par des droits spéciaux, des financements spécifiques, des dispositifs particuliers. Contre la logique du profit immédiat, c’est du temps que l’exception culturelle doit offrir aux créateurs : le temps de la naissance de l’œuvre, comme celui de sa rencontre avec le public.

Faire vivre l’exception culturelle, c’est véritablement inscrire la solidarité au sein du monde de la culture et de la pensée. C’est donner les mêmes chances à toutes les formes d’expression artistiques, des plus populaires aux plus avant-gardistes, des plus médiatisées aux plus confidentielles. C’est garantir la diversité des œuvres, des artistes, des entreprises, des sources de financement, au service d’une seule ambition : permettre que la création reste libre et plurielle.

Depuis des années maintenant la question des intermittents se pose sans trouver de solution, comment compter vous régler le problème ?

L’intermittence était un régime unique au monde, qui a été cassé par le gouvernement sortant. Les métiers de l’art et de la création sont incertains, irréguliers, parfois saisonniers. Le régime spécial de l’intermittence assurait une certaine régularité des revenus et une péréquation entre les plus privilégiés et les plus précaires. C’est la solidarité interprofessionnelle qui doit être rétablie à tout prix. En brisant ce régime le gouvernement a porté un coup à la création.

Dès mon élection, je m’engage à remettre sur le métier, avec les partenaires sociaux, le nouveau protocole qui vient d’être signé, car il est contraire à la philosophie qui a présidé à sa création : la solidarité entre les professions et entre les générations, la mutualisation.

Je partage ce que disait très justement Pascale Ferran lors de la soirée des César : « Sous couvert de résorber un déficit, on exclut les plus pauvres pour indemniser les plus riches ».

Il faut aussi des incitations fortes pour que les entreprises culturelles et audiovisuelles transforment nombre de contrats d’intermittents en CDI, comme l’exige le Code du Travail.

Cette réforme s’impose, non pas au nom d’avantages acquis, mais parce que l’équité et l’efficacité du système sont la condition de la vitalité artistique et culturelle de notre pays, elle-même condition du dynamisme économique et social de la France et de son rayonnement.

N’y t-il pas une inégalité forte entre les domaines : les plasticiens, les écrivains ne bénéficient aucunement de ce type de statut.

Je ne souhaite pas découper en clientèles le monde artistique. Les différents secteurs culturels n’ont ni la même réalité, ni les mêmes réseaux artistiques ni les mêmes circuits économiques. Une des bases de l’intermittence dans le spectacle, le cinéma, l’audiovisuel, c’est la présomption de salariat. Dire que demain les écrivains et les plasticiens deviendraient des salariés ne serait pas réaliste et serait surtout dangereux. Pour autant, cela ne doit pas nous conduire à maintenir des cloisonnements alors que les arts s’hybrident et se métissent, que les disciplines se rencontrent et fusionnent, écriture, spectacle vivant, jeux... Une fois le système de l’intermittence remis sur pied et les blessures soignées, j’ouvrirai très vite avec l’ensemble des partenaires le chantier de l’emploi culturel avec toutes les professions. Je crois en particulier qu’il faut que nous réconciliions le droit du travail et le droit de la propriété intellectuelle comme nous avons su le faire dans les années 80 en reconnaissant les droits des interprètes.

Je souhaite la valorisation des gisements nombreux d’emplois culturels de la maternelle à l’université, dans les nouvelles technologies et la médiation culturelle. La rénovation des universités passera aussi par la culture : il faut mieux équiper les campus et favoriser les pratiques artistiques de tous les élèves et les étudiants.

Aux Etats-Unis, il existe un tiers secteur très fort, ne pourrait-on pas imaginer créer en France aussi un statut d’organisation non profit qui serait soumises à d’autres règles juridiques, sociales et fiscales ?

D’abord je veux renouer avec l’audace de ceux qui avaient porté l’exigence que le budget de la culture atteigne 1% du budget de l’Etat. Si je suis élue, la culture sera une de mes priorités budgétaires : je redonnerai à la culture les moyens qu’elle avait durant les meilleures années des gouvernements de gauche. Les entreprises de l’économie sociale et solidaire y auront aussi leur place.

Je veux, aussi, relancer la décentralisation culturelle, en renouant avec l’esprit de 1982. Aujourd’hui, les communes, les départements, les régions, les structures intercommunales, sont devenus les premiers financeurs de la culture. Ces dernières années, des politiques culturelles locales ambitieuses et novatrices se sont souvent substituées à un Etat silencieux, voire défaillant.

Je n’entends pas être la Présidente d’un Etat qui se défausse sur les collectivités territoriales. Dans le domaine des arts et de la culture, je veux un Etat fort, attentif, impliqué. Mais qui permette, aussi, aux régions, aux départements, aux villes, d’avoir une réelle capacité d’initiative, en leur donnant les moyens financiers et humains de porter de nouveaux projets, et de participer concrètement à l’aménagement culturel de nos territoires.

Complémentarité des rôles, responsabilités partagées : c’est aussi cela, un véritable service public de la culture, tel que le souhaitait Jean Vilar. Je souhaite lui redonner une puissance sans précédent, artistique, politique, institutionnelle et budgétaire. A la tête de ma région, j’ai doublé les crédits destinés à la culture pour soutenir l’emploi culturel dans la production et la diffusion des créations, pour mettre en place dans chaque lycée un projet culturel, pour créer dans chaque lycée un poste d’animateur culturel, pour soutenir les festivals ; et en contrepartie des subventions régionales, j’ai demandé aux festivals et aux salles de spectacle de la Région d’offrir des places à des gens qui habituellement n’ont pas accès à la culture. J’ai aussi lancé une politique de soutien à la création plastique qui favorise l’insertion et la promotion des plasticiens en leur garantissant le droit de présentation ; un Plan Arts de la Rue, un Plan Art Roman ; j’ai consolidé le soutien au spectacle vivant et au cinéma.

Je suis très attachée au rôle des associations, dont la mission d’éducation populaire est irremplaçable. Il faut encourager et développer leur travail remarquable pour garantir l'égalité d'accès de tous les citoyens à la culture, partout où ils expriment leur soif de musique, de théâtre, de danse, de cinéma, d’opéra, de littérature, de peinture, de poésie.

Je ne crains pas de l’affirmer : c’est aussi la responsabilité du politique que de permettre à chacune et chacun de faire l’expérience du plaisir des sens, de l’émotion esthétique, de la découverte de la beauté. Et pas seulement dans les musées ou dans les « beaux quartiers » mais aussi dans les lieux où l’art a plus de peine à rentrer. Les associations ont par exemple un rôle à jouer dans l’amélioration de la vie dans les maisons de retraite, elles font un travail remarquable dans les prisons où elles introduisent de l’humanité.

La politique culturelle de demain devra garantir la pérennité de leur financement, et la régularité de celui-ci. Il n’est pas normal que les subventions publiques financent des agios bancaires tout simplement parce que les subventions ne sont pas versées en temps et heure.

Vous semblez adopter une approche pragmatique de la culture, l’alternative entre politique en direction de la création et politique en direction des publics serait-elle une fausse alternative ?

Que vaudrait une politique culturelle qui aiderait les créateurs sans penser à ceux à qui ils s’adressent, qui prétendrait s’intéresser aux publics en oubliant les artistes ? Ce serait absurde. Je n’ai pas une vision technocratique de la politique culturelle. Il y a une alchimie merveilleuse lorsque la subjectivité d’un artiste rencontre la sensibilité de son prochain. Aujourd’hui, l’enjeu n’est plus seulement l’accès illimité, mais le choix éclairé. Nous avons le devoir d’agir pour éviter que la profusion n’efface les frontières entre l’art et le divertissement, entre les produits marchands et les biens culturels. Pour empêcher que les besoins artificiels se substituent aux valeurs essentielles, que les citoyens se perdent dans un monde virtuel sans repères ni critères.

Permettez-moi d’évoquer la dimension internationale et européenne de la politique culturelle que je souhaite. Cette «Europe par la preuve » que je veux bâtir, ce sera aussi, l’Europe de la culture et de l’audiovisuel. Je défendrai la règle de l’unanimité pour garantir l'exception et la diversité culturelles, contrairement à la droite qui est favorable à la règle de la majorité qui signifierait la mort de l’exception culturelle. J’encouragerai la coopération avec les pays du sud et notamment méditerranéens pour soutenir toutes les formes de création. Le cinéma africain a des liens étroits avec le nôtre : nous devons les approfondir : quel meilleur exemple que le film franco-malien d'Abderrahmane Sissako, Bamako !

La culture c’est aussi un enjeu européen, c’est même le cœur battant de cette grande aventure. Comme l’écrivait Fernand Braudel : « la culture est la langue commune de l’Europe ».

Je veux porter cette ambition !

Par Laurent GRANDGUILLAUME - Publié dans : Culture et Education
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Vendredi 27 juin 2008 5 27 /06 /2008 15:48

Je vous invite à découvrir le programme du festival Dièse (3ème édition) sur le site internet http://www.dijon.fr.

Ce festival est initié et financé par la ville de Dijon. Il aura lieu cette année du 7 juillet au 13 juillet avec au programme du théâtre, de la danse, de la musique, du cinéma, des arts visuels, performance, arts sonores, multimédia, cirque, ... etc.

Les artistes investissent l'espace avec l'objectif de s'approprier le patrimoine historique. Les associations qui interviennent dans le cadre de ce festival sont nombreuses : Art Danse (http://www.art-danse.com), Art[i]Show ( http://www.assoartishow.fr), Cumulus, Guls (http://www.myspace.com/gulscollectif), Scènes de Cirque, Scènes Occupations, Entre Cour et Jardins.

Elles travaillent en étroite collaboration avec l'Ecole Nationale Supérieure d'Art de Dijon, le Musée des Beaux-Arts ou le Théâtre Dijon Bourgogne.

Par Laurent GRANDGUILLAUME - Publié dans : Culture et Education
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Mercredi 3 décembre 2008 3 03 /12 /2008 21:01

"PAsde0deconduite" : Communiqué de presse du 2 /12/2008


Pour les enfants de 3 ans :

oui à la prévention, non à la prédiction



Le porte-parole de l’UMP, Frédéric Lefebvre, a fait rechuter le gouvernement le 1
er décembre 2008 . Il a re-proposé la détection précoce dès trois ans des « troubles du comportement de l’enfant » pour faire face à la délinquance. Il a indiqué « cela a été dans beaucoup de rapports ».


En 2006, le ministre de l’Intérieur d’alors voulait déjà mettre en oeuvre une telle mesure, en
expliquant que « tous les pédiatres et pédopsychiatres le disent… ». Près de 200 000 signataires lui répondaient « pas de zéro de conduite pour les enfants de trois ans », à l’appel de la grande majorité des professionnels de la petite enfance, sociétés savantes dans le domaine de la pédopsychiatrie, de la santé publique, de la santé des adolescents, associations et syndicats du champ de la santé, de la psychologie, de l’éducation, etc. Tous refusaient l’amalgame entre difficultés psychologiques chez certains jeunes enfants et risque d’évolution vers la délinquance, tous dénonçaient la confusion entre prévention et prédiction. Prenant en compte le débat scientifique et de société qui s’en suivit, lors du colloque de l’Inserm le 14 novembre 2006, le ministre de la santé Xavier Bertrand affirmait « la question du dépistage précoce de ces troubles [des conduite chez l’enfant et l’adolescent], ont pu faire naître le sentiment d’un amalgame entre troubles des conduites et délinquance des mineurs. Je refuse fermement cet amalgame. (…) Toute association systématique entre troubles du comportement et délinquance est non seulement infondée, mais elle amène forcément à des réponses qui ne sont pas les bonnes. ».


Le Comité national d’éthique rappelait, dans son avis du 11 janvier 2007 qu’« Une médecine
préventive qui permettrait de prendre en charge, de manière précoce et adaptée, des enfants manifestant une souffrance psychique ne doit pas être confondue avec une médecine prédictive qui emprisonnerait, paradoxalement, ces enfants dans un destin qui, pour la plupart d’entre eux, n’aurait pas été le leur si on ne les avait pas dépistés. Le danger est en effet d’émettre une prophétie autoréalisatrice, c’est-à-dire de faire advenir ce que l’on a prédit du seul fait qu’on l’a prédit. ».


Le collectif « Pasde0deconduite » qui a tenu deux colloques scientifiques et publié trois
ouvrages sur ces questions depuis son appel de Janvier 2006, signifie vigoureusement que le débat a bien eu lieu, et rappelle que les instance professionnelles, politiques et éthiques se sont finalement rejointes dans un refus de confondre la prévention et la prédiction. Mobilisé, « Pasde0deconduite » demande au gouvernement de tenir ces engagements. "Pasde0deconduite" appelle les parents, les professionnels et les citoyens à refuser la mise en pratiques de ces dépistages sur les enfants et à s’opposer collectivement à toute nouvelle tentative de criminaliser de façon prédictive le destin des enfants de trois ans.


Contact :

contact@pasde0deconduite.ras.eu.org

Site :

www.pasde0deconduite.ras.eu.org

Par Laurent GRANDGUILLAUME - Publié dans : Culture et Education
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Dimanche 15 février 2009 7 15 /02 /2009 22:16

A TOUS LES PARENTS !

 

JEUDI 19 FEVRIER 2009

 


NUIT DE L’EDUCATION

 


Cette Nuit de l’Education va nous donner l’occasion d’échanger sur les mesures mises en place

dans l’Education Nationale de la maternelle à l’université

et de mieux en comprendre les enjeux.

 


Remise en cause de l’accueil des enfants de 2 à 3 ans en maternelle, suppression de 2 heures d’enseignement par semaine, programmes surchargés et journées alourdies, suppression des RASED, réformes des lycées, associations liées à l’éducation remises en cause, suppressions de postes dont la conséquence est la surcharge de nombreuses classes, avenir de la recherche publique à l’université compromise…


Toutes ces mesures permettent-elles vraiment à nos enfants de mieux réussir ?

 


Retrouvons-nous dans les écoles

pour une soirée-débat conviviale et citoyenne

autour d’un plat ou d’un verre.

 


La réussite de cette soirée du 19 février est l'affaire de tous.


Chacun d’entre-nous doit se mobiliser !

 


De nombreux collectifs parents/enseignants se sont créés à travers la France. Le collectif de Dijon pour l'école publique créé le 03 février organise la Nuit de l’Education dans 8 groupes scolaires dijonnais répartis selon les secteurs scolaires de la ville.

 


D'autres collectifs à Longvic, Chevigny, Quétigny, Marsannay, Chenôve s'organisent également de leur côté.


Des écoles se mobilisent un peu partout en France et largement dans tout le département du Châtillonnais jusqu’à Beaune.

 

 

 


Si aujourd'hui nous nous sommes réunis en collectif,

c'est pour défendre les valeurs de l’Ecole Publique,

laïque, gratuite, égalitaire et émancipatrice

et en exiger les moyens.

 

Venez vous informer et débattre à la Nuit de l’Education

(Qu’elle se déroule dans votre école ou dans celle d’à côté !)

 


Comment participer ?


Pour chaque secteur, les parents, les citoyens et les enseignants se réuniront dans une seule école :

 

Université : école maternelle Petites Roches (6 rue Massonéri)

Bourroches-Valendons: école maternelle Eiffel (177 avenue Eiffel)

Clémenceau-Centre ville : école élém. Turgot (6 rue Turgot)

Maladière-Grésilles : école élém. Lamartine (21 rue Paul-Gasq)

Canal-Parc : école maternelle Chevreul (2 rue Joseph Milsand)

Drapeau-Toison d'Or-Joffre : école élém. Varennes (1 rue Maupassant)

Fontaine d'Ouche : école maternelle Alsace (1 rue de Saverne)

Devosge-Montchapet : école élém. Montchapet (2 rue de Rouen)

 


Programme
 :

18h30           : début de l’accueil des parents et des enfants

                        (Apportez des jeux !)

19h/19h30   : repas parents, enfants, enseignants (chaque famille apporte un plat, une boisson pour buffet commun)

20h               :  débat citoyens / parents / enseignants (exposition détaillée des mesures et de leurs conséquences, discussions, propositions d’actions)

 

 


PARLEZ-EN AUTOUR DE VOUS !

C’EST DE L’AVENIR DE NOS ENFANTS DONT IL EST QUESTION

Par Laurent GRANDGUILLAUME - Publié dans : Culture et Education - Communauté : Les blogs socialistes
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Dimanche 3 mai 2009 7 03 /05 /2009 19:20

J'ai visité aujourd'hui l'exposition organisée par le club photos de Fleurey-sur-Ouche sur le thème des animaux. Dans le même temps, un vide-grenier était organisé à Fleurey-sur-Ouche. Il y a plusieurs clubs photos dans la vallée de l'Ouche qui organisent régulièrement des expositions et qui participent à l'animation des communes.

Par Laurent GRANDGUILLAUME - Publié dans : Culture et Education - Communauté : Les blogs citoyens
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Mercredi 6 mai 2009 3 06 /05 /2009 10:09

J'ai participé hier soir au vernissage de l'exposition de Mériame MEZGUELDI. Cette exposition est organisée jusqu'au vendredi 11 juin 2009 (du lundi au vendredi de 9h00 à 12h00 et de 13h30 à 17h00, sauf jours fériés),  galerie "entrée libre", caisse d'épargne de Bourgogne Franche-Comté, 1 Rond Point de la Nation à Dijon. L'entrée est gratuite. Une exposition à ne pas rater !

Par Laurent GRANDGUILLAUME - Publié dans : Culture et Education - Communauté : Les blogs citoyens
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Mercredi 13 mai 2009 3 13 /05 /2009 08:19

Une nouvelle manifestation avait lieu hier devant l'école Jean-Baptiste Lallemand à Fontgaine d'Ouche pour s'opposer aux fermetures de classes imposées par le gouvernement UMP. J'étais présent en tant que Conseiller Général de Dijon V. Le prochain rendez-vous aura lieu dimanche 17 mai à 12h00 au Lac Kir avec les collectifs éducation.

Par Laurent GRANDGUILLAUME - Publié dans : Culture et Education - Communauté : Les blogs citoyens
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Vendredi 22 mai 2009 5 22 /05 /2009 12:33
Une vidéo réalisée par l'association Octarine :



Par Laurent GRANDGUILLAUME - Publié dans : Culture et Education - Communauté : Les blogs citoyens
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Mercredi 3 juin 2009 3 03 /06 /2009 10:18

 Le club photo du centre social de Fontaine d'Ouche et Vanessa BUREAU, photographe, ont pris de nombreuses photographies de la parade métisse. Vous pourrez les consulter sur les sites internet suivants :


http://www.lasourcephoto.org/2009/09/15/parade-metisse/

 

http://www.brunelinn.com/perso/parade-metisse/

 



Par Laurent GRANDGUILLAUME - Publié dans : Culture et Education - Communauté : Les blogs citoyens
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