Mardi 24 février 2009
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Voici un communiqué du collectif "Jeunesse et Sports" qui est très clair sur les
conséquences de la RGPP dans les services de l'Etat.
Communiqué collectif Jeunesse et Sports
Anne, 47 ans, est nouvellement élue dans une petite commune rurale. Son ambition?
Développer des activités éducatives périscolaires pour les enfants.
Patrick, 25 ans, voudrait se former aux métiers du sport.
Mathis, 35 ans, éducateur sportif dans un club, souhaite mettre en oeuvre des
animations pour les jeunes de son quartier.
Yasmine, 18 ans, a pu débuter une formation BAFA grâce à une bourse de l’Etat.
Elle aimerait ensuite faire de l’animation son métier.
Quel service public pour tous ces usagers, demain
Les personnels de la Jeunesse et des Sports refusent d’assister à la mort programmée d’un service public d’Etat en charge
des politiques éducatives complémentaires à l’école.
Ils estiment que leurs métiers participent à l’éducation populaire, l’éducation tout au long de la vie, et à la recherche d’émancipation sociale à travers des activités socioculturelles ou
sportives de qualité.
Pourtant à coup de restructuration, de démantèlement, de suppression de postes et d’établissements, de recentrage et d’effet d’annonce, c’est une véritable destruction du service public de la
Jeunesse et des Sports qui est déjà largement engagée !
Le collectif des personnels Jeunesse et Sport de Bourgogne, crée lors de la réunion intersyndicale du 29 janvier 2009 à la Direction Régionale de Bourgogne, entend se mobiliser contre la Révision
Générale des Politiques Publiques (RGPP), qui est une véritable machine de guerre contre l’idée même de service public et de fonction publique.
Nous attirons l’attention de tous les usagers du service public, sur le fait que cette révision en profondeur du paysage administratif de l’Etat, n’a fait l’objet d’aucun débat parlementaire.
Comme si cette RGPP, n’était qu’une « mesurette », concernant à peine les citoyens.
Les conséquences de cette réforme
Concrètement à Jeunesse-et-Sport, voici ce que prévoit cette prétendue réforme :
Fusion des services au sein de directions interministérielles
Le gouvernement supprime les services déconcentrés (DRDJS et DDJS) identifiés par les partenaires
(mouvements associatifs, collectivités locales, animateurs socioculturels, éducateurs sportifs…) et par l’ensemble des usagers. A Dijon, l’échelon régional et départemental seront scindés alors
même que leur fusion était appréciée des usagers.
Mais surtout, les missions « Jeunesse-et-sports » seront noyées dans d’autres qui ne relèvent pas de son champ : logement social, hébergement d’urgence, gestion des demandes de droit d’asile,
sécurité alimentaire etc. A titre d’exemple, l’actuelle DDJS de l’Yonne sera transformée au 1er Janvier 2010 en Direction Départementale de la sécurité alimentaire et de la cohésion sociale !
Tout un programme !
La conséquence pour l’usager est claire : au lieu d’avoir affaire à des interlocuteurs ayant développé un niveau d’expertise dans les domaines du sport, de la jeunesse et de l’éducation
populaire, il ne trouvera plus que des fonctionnaires généralistes, polyvalents, et surtout, chargés de l’encadrement social des populations !!!
Suppression d’établissements
Le gouvernement supprime la moitié des CREPS (Centre d’Education Populaire et des Sports), qui étaient
encore jusqu’à aujourd’hui de formidables centres de ressources régionaux tant pour la formation professionnelle que pour l’accueil des associations. L’arrêt de mort du CREPS de Mâcon a été
prononcé, sans qu’aucun diagnostic sérieux de son activité, n’ait été réalisé. Quant à celui de Dijon, s’il a été maintenu, il se voit retirer (comme pour l’ensemble des CREPS restants) la
mission de formation, d’éducation populaire et d’accueil de la vie associative. La mission éducatrice du sport y sera vidée de sa substance pour rentrer, selon les propos de Bernard Laporte, «
dans la culture de l’excellence » et créer des « campus régionaux de l’excellence », conformément à sa vision ultra-libérale du sport.
Recentrage des politiques publiques
Le gouvernement recentre la politique du ministère chargé des sports uniquement sur le sport de haut-niveau, en
supprimant au passage les 2/3 des effectifs (de 15000 à 5000 sportifs de haut-niveau), car seules comptent les médailles obtenues aux Jeux Olympiques ! On peut par ailleurs douter de l’efficacité
à plus long terme de cette politique, quand on sait que la transformation des CREPS en campus régionaux, interdit aux DRDJS de les financer. On peut donc penser qu’en raison de cette nouvelle
règle, les fédérations placeront à l’avenir leurs
pôles en dehors de ces établissements. Quand ces derniers n’en hébergeront plus que quelques-uns, le gouvernement aura un argument tout trouvé pour supprimer ces outils de formation.
L’intervention financière de l’Etat pour le développement et l’accès du sport pour le plus grand nombre est quant à elle purement supprimée! Est-ce le rôle de l’Etat et de son
service public des sports que de se consacrer uniquement à 5000 sportifs de haut-niveau au détriment des 25 millions de pratiquants en France ?
D’un côté, le gouvernement saigne les associations et mouvements d’éducation populaire (baisse des subventions, retrait des postes de mis à disposition), réduit considérablement
ses moyens d’interventions (moins 60% de crédits pour le soutien aux initiatives des jeunes, des « labels » plutôt que de l’argent pour le plan espoir banlieue) et de l’autre il restaure
un Haut commissariat à la Jeunesse (cinquante ans après Maurice Herzog). Cette nouvelle structure est supposée apporter un remède sous un nouvel emballage. En recentrant les missions sur la
jeunesse (alors qu’il y a des jeunes d’origines sociales diverses), en taisant toute référence à l’éducation populaire, en oubliant en chemin la vie associative, on détruit une cohérence qui
s’était construite au sein d’un ministère « Jeunesse et Sports » de plein exercice.
Appel à la mobilisation
Depuis que cette réforme est lancée, les discours officiels se veulent rassurants. Elle serait un gage de modernisation
du service public. Après nous avoir dit : « il est trop tôt pour vous consulter, car rien n’est encore arrêté », on nous explique maintenant qu’il est trop tard pour s’exprimer, et que le temps
du dialogue social est terminé. Ce jeu de dupes a assez duré !
Nous appelons donc les collègues, les usagers et nos partenaires (en particulier, ceux du Grand Est et de Rhône-Alpes) à nous rejoindre, pour essayer d’imaginer ensemble des actions concrètes
contre cette tentative de mise à mort du service public.
Pour nous contacter :
Collectif Jeunesse-et-Sports Bourgogne : cjsbourgogne@yahoo.fr
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