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Secrétaire de la section de DIJON du PS
Adjoint au maire de Dijon, Vice-Président du Grand Dijon
 

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Jeudi 7 juin 2007

Je vous conseille la lecture d’une étude intéressante qui a été citée par le journal Alternatives Economiques de Juin 2007. Cette étude, de TLB pour Paris Europlace, est une cartographie de l’actionnariat individuel en France et une analyse des foyers détenteurs d’actions cotées. En croisant cette étude avec les résultats des élections présidentielles du 6 mai 2007, on a des résultats étonnants. Ainsi, dans les communes où plus de la moitié des ménages sont détenteurs d’actions, Nicolas SARKOZY obtient des scores énormes : Neuilly sur Seine (92) : 86,81%, Versailles (78) : 70,80%, Marnes-la-coquette (92) : 79,10%.

 

Les exemples sont nombreux. En Côte d’Or, une commune de plus de 2000 habitants a plus d’un tiers de ménages qui sont détenteurs d’actions cotées, c’est Fontaine les Dijon. Nicolas SARKOZY a obtenu dans cette commune 65,75%.

Les départements qui ont la proportion la plus forte de ménages détenteurs d’actions cotées (plus de 20%) sont notamment :

 

- Le Var (83) – 65,54% pour N. SARKOZY

- La Côte d’Or (21) – 56,13% pour N. SARKOZY

- Le Loir et Cher (41) – 55,92% pour N. SARKOZY

- Les Alpes Maritimes (06) – 68,08% pour N. SARKOZY

- Le Rhone (69) – 57,09% pour N. SARKOZY

- Les Yvelines (78) – 58,71% pour N. SARKOZY

- Les Hauts de Seine (92) – 55,65% pour N. SARKOZY

 

Pour consulter cette étude :

http://www.paris-europlace.net/files/cartog_tpi_media_12-11-04.pdf

 

 

par Laurent GRANDGUILLAUME publié dans : Les classes sociales
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Dimanche 14 janvier 2007

Dans mes derniers articles, j’ai fait référence à Louis CHAUVEL, sociologue et auteur de « Les classes moyennes à la dérive » (Seuil, 2006). Ce dernier colle particulièrement à l’actualité avec son livre.

 

En effet, le débat sur la définition des classes sociales revient au devant de la scène politique et médiatique après avoir été longtemps jeté aux oubliettes avec le développement de la prophétie libérale sur « la fin des idéologies ». Nous serions tous dans les classes moyennes, il n’y aurait plus aucune fracture, ni aucune opposition sociale. Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes.

 

Louis CHAUVEL a répondu aux questions de l’observatoire des inégalités (http://www.inegalites.fr/spip.php?article620&id_mot=28). Ainsi, il a pu préciser sa position relative à la définition des classes moyennes. Il fait notamment référence aux classes moyennes supérieures qui n’excluent que les très hauts revenus, les 3% les plus riches. C’est donc une définition extensive.

 

Il y a eu un mythe de « la classe moyenne » dans les années 1970 mais toutes les analyses montrent qu’en fait il existe bien « des classes moyennes », c’est une notion « polythétique ». Pour Louis CHAUVEL, il est difficile de définir des frontières entre les différentes classes moyennes (inférieures, intermédiaires, supérieures) mais on peut définir des « noyaux typiques » (à travers les revenus, les ressources culturelles, les ressources économiques, … etc).

 

La thèse de Louis CHAUVEL vise à montrer que « la classe moyenne » est en train d’éclater. On pourrait prendre l’image d’un sablier où les strates inférieures de la classe moyenne sont en difficultés croissantes et peuvent s’assimiler aux strates supérieures des classes populaires, et où les strates supérieures de la classe moyenne « tentent de faire sécession » pour rejoindre les classes supérieures tout court. C’est ce que Jean François Copé, Ministre délégué au budget, est incapable d’observer.

 

Dans « l’état des inégalités en France 2007 », publié par l’observatoires des inégalités, le critère retenu pour l’appartenance aux classes moyennes est le salaire net mensuel dans une fourchette comprise entre 1200 et 1840 euros pour des temps complets. On est donc loin des 4000 euros nets mensuels.


Ce qui est important dans ce débat, ce n’est pas tant de connaître exactement le critère économique d’appartenance à une classe sociale car on voit bien que les définitions sont multiples. L’important c’est d’observer les mouvements en cours dans notre société, et notamment le « mouvement de sablier » qui est très bien exprimé par Ségolène ROYAL avec l’expression « tirer vers le bas ».

 

Cela montre que les ministres UMP s’intéressent peu à l’évolution de la société et aux questions sociales.

 

Le véritable enjeu est bien de commencer par « assurer les conditions d’existence » pour ceux qui sont aujourd’hui les premières victimes de la crise sociale, c'est-à-dire les classes populaires et tous ceux qui, par déclassements successifs, les ont rejoint.

 

par Laurent GRANDGUILLAUME publié dans : Les classes sociales
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Samedi 13 janvier 2007

Ces derniers jours, nombreux sont les évènements qui démontrent à quel point la politique ne tourne pas rond ou en tout cas certains politiques !

En effet, je souhaitais revenir à travers cet article sur un débat en particulier. Il s'agit de la polémique sur la définition des classes moyennes, polémique lancée par Jean François Copé, Ministre délégué au budget.

Ce dernier considère qu'avoir un salaire net mensuel de plus de 4000 euros est un critère d'appartenance aux classes moyennes. Il voulait ainsi disqualifier François HOLLANDE qui avait déclaré qu'il fallait revenir sur les baisses d'impôt pour ceux qui disposent de plus de 4000 euos nets par mois.

Cela montre à quel point les membres du gouvernement sont déconnectés de la vie quotidienne. Nous ne vivons pas dans le même monde surtout lorsque l'on sait que le revenu médian (celui qui divise en deux parties égales la population) est de 1500 euros nets mensuels. Il y a donc 50% des salariés en France qui ont moins de 1500 euros par mois et 50% qui ont plus de 1500 euros par mois. On  peut même dire qu'il y plus de 90% des salariés qui ont moins de 2900 euros nets pas mois. On est donc loin de la référence au 4000 euros de Monsieur Copé.

Si comme Louis CHAUVEL, en partant du principe que l'on ne tient compte que des revenus salariés (sans prise en compte des revenus du patrimoine), on considère que l'on entre dans la définition des classes moyennes à partir de 0,75 fois le salaire médian (soit environ 1100 euros) et que l'on entre dans les groupes dits "supérieurs" à partir de 2,25 fois le salaire médian (soit environ 3400 euros), on peut avoir de forte disparités. Un foyer qui est composé de deux personnes qui ont chacune un salaire net de 1000 euros par mois (soit 2000 euros pour le foyer) aura beaucoup plus de difficultés à vivre qu'un foyer de deux personnes qui ont chacune un salaire net de 3000 euros (soit 6000 euros pour le foyer).

Il y a d'autres critères qui rentrent en compte pour définir la classe moyenne. C'est un débat assez complexe et je vous invite à lire à ce sujet le chapitre premier de "Les classes moyennes à la dérive" (Louis CHAUVEL, Seuil, 2006). On ne peut pas dire, à mon sens, qu'un foyer dont les revenus du travail dépassent les 8000 euros nets par mois puisse être assimilé aux classes moyennes. De plus, les foyers qui ont de tels revenus ont beaucoup plus de chance d'avoir accès à des revenus du patrimoine (qui ont connus une forte croissance) que les foyers qui disposent de 2000 euros nets par mois par exemple. Les inégalités sont cumulatives.

Ce gouvernement, qui a échoué dans tous les domaines, a une vision archaïque de notre pays.

Alors que beaucoup de Français se demandent comment ils vont finir le mois à partir du 15 de chaque mois, ce type de polémique est ridicule. Monsieur Copé aurait mieux fait d'expliquer aux Français comment il va financer les baisses d'impôt accordées aux plus riches (les cadeaux fiscaux juste avant les élections). Certainement en prenant encore aux plus pauvres !

Le véritable problème de fond c'est comment on fait pour rétablir l'égalité et mettre fin à la crise sociale. Le meilleur moyen pour redistribuer les richesses, c'est l'impôt. Si les inégalités ont augmenté et si l'Etat a abandonné de nombreuses missions de service public, c'est bien parce que l'UMP a accordé des cadeaux fiscaux aux plus riches depuis 2002. Les baisses d'impôt ont été inefficaces, n'ont pas relancé la croissance, n'ont pas réduit le chômage et n'ont bénéficié qu'à une minorité de la population, tous les économistes le reconnaissent, et en plus cela a contribué à augmenter la dette publique de l'Etat. En gros, ce sont les générations futures (à travers l'augmentation de la dette publique) qui paieront les cadeaux fiscaux des gouvernements UMP depuis 2002.

par Laurent GRANDGUILLAUME publié dans : Les classes sociales
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Jeudi 4 janvier 2007

Louis CHAUVEL, sociologue et professeur à Sciences-Po, spécialiste des inégalités et des dynamiques générationnelles, a choisi "La République des idées" (éditions seuil - octobre 2006) pour éditer son nouveau livre "les classes moyennes à la dérive". Il y montre pourquoi les classes moyennes en France ont un déficit d'avenir. C'est en effet le coeur de la société française qui se désagrège. J'ai apprécié ce livre et vous invite à le découvrir même si on aurait aimé qu'il y ait encore plus de développements.

Ainsi, longtemps associées à l'imaginaire de progrès et d'émancipation, notamment pendant les trente glorieuses (la génération 1968 ou le sacre des classes moyennes), les classes moyennes (importance du pluriel car elles sont diverses) sont désormais à la dérive.

En témoigne le déclassement générationnel (ou le descendeur social) que subissent les enfants de ces classes moyennes, hier premières bénéficiaires de l'ascenseur social. Les enfants n'ont plus la certitude de pouvoir avoir accès à une promotion sociale en ayant fait des études supérieures. On entend tous autour de nous l'expression "tirer vers le bas".

La stagnation voire la baisse du pouvoir d'achat pour certaines catégories, l'inflation immobilière (ou patrimoniale) qui pèse sur les budgets en raison de la politique de l'euro fort, la croissance molle sont autant de signes inquiétants. Nous sommes entrés dans l'ère de l'incertitude : sur la santé, les retraites, l'école, ... etc, dans une société anxieuse à laquelle certains proposent des anxiolytiques qui nous conduiraient droit dans le mur. Nous sommes aux antipodes des rêves de 1968.

Louis CHAUVEL montre que face à un futur incertain, les jeunes subissent un déclin social qui se conjugue à un choix de radicalisation ou de forte mobilisation. On l'a vu avec les manifestations contre le CPE, le basculement des jeunes dans le "non" du 29 mai 2005, le mouvement des jeunes chercheurs, les émeutes dans les banlieues, ... etc. Il est urgent de redonner un espoir, une espérance à la jeunesse de notre pays.

Les classes moyennes qui ont toujours joué un rôle important sur le plan politique en France, peuvent jouer un rôle d'accélérateur de la fièvre social si nous ne sommes pas en capacité de rétablir une confiance en l'avenir.

Si les catégories populaires et les classes moyennes sont à la dérive, c'est bien tout notre pays qui l'est. Notre pays a besoin d'un vrai remède. Cela passe par une politique de gauche, socialiste, qui vise à rétablir la justice, l'ascenseur social, qui redistribue du pouvoir d'achat, qui s'attaque à la spéculation, qui donne de nouveaux moyens pour l'éducation et la recherche car le savoir est la base de l'espérance, qui se préoccupe des générations futures en répondant aux défis de demain notamment dans le domaine de l'écologie.

par Laurent GRANDGUILLAUME publié dans : Les classes sociales
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