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Laurent Grandguillaume,

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20 juin 2011 1 20 /06 /juin /2011 23:23

Je vous invite à lire une tribune de François Rebsamen sur la sécurité qui a été publié dans le journal Marianne :

 

"Sous la présidence de Nicolas Sarkozy, l’art du contre-pied et du changement de cap s’est peu à peu rigé en méthode de gouvernement. Pas un jour sans son lot de surprises. Aujourd’hui, c’est la politique de sécurité publique, thème majeur de Nicolas Sarkozy, qui a fait l’objet du plus spectaculaire des retournements.


Tournant résolument le dos à la politique conduite par ses prédécesseurs, Nicolas Sarkozy, Michèle Alliot-Marie et Brice Hortefeux, le nouveau ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, appelle les policiers et les gendarmes « à reprendre des contacts plus systématiques avec la population », et affirme allègrement, ce qui ne manque pas de saveur, que « la police a une fonction de prévention, de protection et de répression » ! Il ne craint pas de prendre ainsi l’exact contre-pied de la doctrine imposée à la police depuis près de dix ans, dont il a été, chacun le sait, l’un des principaux artisans.

Au fil du quinquennat, les lois sécuritaires se sont empilées sans apporter aucune réponse efficace à l’insécurité.


En réalité, depuis 2002, la politique de sécurité publique est fondée sur une doctrine sécuritaire inefficace et dangereuse : le triptyque spécialisation-action-évaluation, dont la pire conséquence a été de casser le rapport de confiance entre les citoyens et leur police. Spécialisation et action : à chaque type de délinquance doit correspondre une police spécialisée. On la voit partout à l’œuvre, notamment dans les opérations « coup de poing » où les caméras complaisantes filment des policiers équipés en guerriers, investissant de façon militaire des quartiers déshérités et qui se retirent, une fois l’action terminée et les caméras coupées, abandonnant les habitants à leur triste sort. Résultat : elle sépare les policiers de la population.

Evaluation : une pseudo « culture du résultat » qui consiste à mobiliser, dans un climat de forte tension, les services et les personnels sur des objectifs chiffrés et fixés à chacun des niveaux hiérarchiques. En favorisant la performance individuelle au détriment du travail collectif et qualitatif, cette « politique du chiffre » a accentué l’isolement des policiers. Résultat : le profond malaise de la profession et une incompréhension de la part des populations.

 

A ce triptyque aux effets dévastateurs s’ajoutent les conséquences de la mise en œuvre indistincte de la révision générale des politiques publiques (RGPP) et de certains de ses avatars. Ces dispositions éloignent mécaniquement les centres de décision du terrain et isolent davantage les policiers de la vie des quartiers. La RGPP prévoit la suppression de 17 400 postes de policiers et de gendarmes entre 2008 et 2013 ! Les effectifs budgétaires de la police et de la gendarmerie ont diminué de 2,5 % entre 2002 et 2011, alors que, dans le même temps, la population française a augmenté d’environ 6,5 %.

Le ratio policiers et gendarmes par habitant a chuté de 9 % en neuf ans. La dernière volte-face stratégique du ministère de l’Intérieur sonne comme un aveu tardif : celui du fiasco du gouvernement dans le domaine de la sécurité et de l’impuissance de ses concepteurs à juguler la montée de la violence.

 

Il est plus que temps de tourner la page. La gauche est parfaitement capable d’apporter des réponses efficaces aux questions de sécurité des Français et de recréer ce rapport de confiance. Une politique volontariste, qui traitera les causes de l’insécurité dans le cadre d’un projet global de société : promouvoir une nouvelle société urbaine apaisée, transformer l’école par un nouveau pacte éducatif qui s’attaque efficacement au décrochage scolaire. Relancer l’« ascenseur social » pour répondre à la désespérance actuelle des jeunes des quartiers et leur offrir une alternative à l’économie souterraine. Lutter avec détermination contre toutes les discriminations.

 

Une politique de fermeté, qui s’attaquera de manière cohérente, équilibrée, rigoureuse aux manifestations de la délinquance et qui s’appliquera sur tous les territoires de la République et pour tous ses citoyens, sans distinction et sans stigmatisation.

 

Cette politique se traduira par une loi innovante d’orientation et de programmation de la sécurité et de la justice pénale. Les moyens de la police et de la justice seront augmentés, avec notamment la création de 10 000 emplois. La police de proximité sera pleinement réhabilitée, son concept, modernisé, et elle sera déployée dans les « nouvelles zones de sécurité prioritaires ».

La justice s’attachera à ce que chaque acte de délinquance ou d’incivilité fasse l’objet d’une sanction effective, juste, immédiate et proportionnée. La police et la justice pénale travailleront ensemble, car, pour la gauche, l’autorité et le droit ne s’excluent pas l’un l’autre, comme certains discours actuels le laissent penser, mais se complètent et se soutiennent.

 

Face à un pouvoir en situation d’échec, face à des professionnels de la sécurité instrumentalisés, démoralisés, inquiets, face à une population qui se sent agressée, méprisée, délaissée, le temps est venu d’inventer le nouveau futur de la sécurité publique."


Vendredi 10 Juin 2011
François Rebsamen - Carte blanche


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Published by Laurent GRANDGUILLAUME - dans Médias
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