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Dans le cadre des rencontres nationales d'Espoir à Gauche qui auront lieu à Dijon le samedi 14 novembre, je participerai en tant qu'intervenant à l'atelier-débat sur les violences scolaires :

ATELIER N°3 : Comment lutter efficacement contre les violences scolaires ?


On ne peut aujourd’hui débattre de l’éducation sans aborder la question des violences à l’école qui recouvre des aspects divers : violences contre l’institution scolaire (dégradations, non respect envers la communauté éducative…), attitudes antisociales (incivilités, violences verbales ou physiques), jeux violents, climat d’insécurité dans et aux abords des établissements (phénomènes de bandes, racket, rixes, trafics, consommation de drogues…). Sans exonérer l’école de ses propres responsabilités, il faut bien constater que l’institution scolaire est de plus en plus perméable à la violence de son environnement. Dans un sondage SOFRES réalisé en septembre 2007 pour la presse régionale, la moitié des parents d’élèves et des élèves disaient avoir été confrontés à un problème de violence à l’école. Si les manifestations de cette violence, comme sa gravité, sont très diverses, sa réalité ne peut être contestée. Et ses conséquences sur les conditions mêmes de l’éducation sont considérables. Elle joue un rôle notable, par exemple, dans les stratégies familiales de choix des établissements de leurs enfants. Dans les milieux populaires, les études sociologiques montrent que la violence à l’école est une préoccupation majeure.

Il y a certes toujours eu des violences à l’école, de longue date. Mais comme dans l’ensemble de la société, la question de la violence s’est invitée de manière récurrente dans le débat public sur l’éducation depuis les années 90. La lutte contre les incivilités et contre la violence à l’école fait l’objet de nombreux plans ministériels et interministériels depuis 1992 (un plan tous les deux ans en moyenne !). Malgré cette mobilisation, souvent relancée après des événements dramatiques, les violences verbales ou physiques à l’encontre des enseignants comme lesviolences entre les élèves demeurent un fléau insupportable.


La statistique des actes violents recensés (11 incidents graves signalés en moyenne pour 1000 élèves d’après le ministère de l’éducation nationale en 2007-2008 ) cache de grandes disparités sur le territoire. 40 % des établissements ne signalent jamais d’incidents graves. C’est un constat largement partagé dans les établissements : les incidents graves sont heureusement rares, ce sont les incivilités qui s’installent et qui empoisonnement la vie scolaire. Les faits graves se concentrent dans un petit nombre d’établissements et sont plus fréquents dans les collèges et les lycées professionnels des quartiers dits difficiles, davantage exposés que les autres. Mais il faut aussi remarquer que certains établissements "défavorisés" sont peu exposés à la violence scolaire (plus d’un quart d’entre eux n’ont pas signalé d’actes violents en 2007-2008).

 

Les élèves commettent 85 % des incidents graves signalés par les établissements, mais ils en sont également très souvent les victimes. Les atteintes directes aux personnes représentent plus de 80 % des violences graves qui se manifestent, à parts égales, par des violences verbales et des violences physiques. Quel que soit le type d’établissement, la violence verbale est neuf fois sur dix dirigée contre les représentants de l’institution et presqu’exclusivement le fait d’élèves : sont touchés les enseignants (qui représentent un peu plus de 60 % des victimes), mais aussi les personnels de direction, les surveillants, les personnels de service…


15 % des agressions subies par les personnels sont des agressions physiques et 10% sont des atteintes aux biens privés.


Quelles nouvelles pistes pour prévenir et lutter contre la violence à l’école ? La droite veut faire entrer la police dans les écoles, ne faut-il pas plutôt miser précisément sur la présence humaine d’adultes qualifiés, formés au traitement des incivilités et des violences, au sein des équipes éducatives ? Quelles mesures pour mieux former les personnels pour renforcer leur qualification pédagogique ? Comment assurer le recrutement de personnels qualifiés dans les établissements difficiles et parvenir à une stabilité des équipes pédagogiques déterminante pour prévenir et traiter les phénomènes de violence ?


Comment favoriser le travail d’équipe de tous les personnels dans les établissements et mieux faire travailler ensemble les professeurs, les personnels de direction et tous les autres adultes, conseillers principaux d’éducation, assistants d’éducation… ?


Au delà de l’encadrement par la présence humaine, qui est essentielle, comment réaffirmer à l’école l’importance de la règle et renforcer l’éducation au respect des règles collectives ? Quelles sanctions pour les élèves auteurs de violences ?


Souvent après des événements dramatiques, il est proposé ou demandé des systèmes de vidéosurveillance, des fouilles systématiques, des portails de détection… L’efficacité des ces dispositifs a-t-elle été mesurée ?


Comment l’institution scolaire peut-elle mieux travailler avec ses partenaires ?


Quels liens avec les parents d’élèves pour une meilleure cohérence dans l’action éducative ?


Quels partenariats avec la police, la gendarmerie et la justice ?


Quelles articulations avec la politique de la ville ?


Quelles relations avec le secteur associatif local ?


Répondre à ces questions sur la violence scolaire, c’est une obligation républicaine élémentaire, mais c’est aussi lutter contre l’inégalité des chances.


Tag(s) : #Rénovation

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