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Pour une nouvelle politique culturelle
 

Nous, militants, élus du parti socialiste, acteurs culturels ou observateurs, souhaitons favoriser un débat pour construire une nouvelle politique culturelle. C’est un des leviers des transformations sociales attendues par tous. Nous constatons que les questions culturelles, une fois de plus, sont peu évoquées au cours de cette campagne électorale.


Nous souhaitons attirer, vivement, l’attention de notre candidate sur ce qui fait, en grande partie, la richesse de la production artistique et culturelle d’aujourd’hui et de demain.


Sous le vocable, « cultures urbaines, arts numériques, nouveaux territoires de l’art, musiques actuelles, arts de la rue, cirque contemporain, arts visuels, etc., » sont identifiées des pratiques culturelles qui sont bien souvent mises à l’écart par les pouvoirs publics.


Encore une fois, certains textes produits par notre parti au niveau national proposent la création de fonds spécifiques pour ces « pratiques », notamment au niveau régional. La création contemporaine est considérée comme « émergente », priée de rentrer dans des « cases disciplinaires ». Mais ces cases ont été déterminées il y a plus de vingt ans par un ministère de la culture et de la communication dont les crédits sont pré-affectés à plus de 95%.

 

 


Nous devons en finir avec le «logiciel des années 80’». Cette façon de procéder secteur par secteur (lobbies par lobbies), sur la défensive, a pour effet d’empêcher la co-construction d’une nouvelle politique culturelle en phase avec les mutations en cours qu’elles soient d’ordre, sociales, économiques ou technologiques et urbaines.


Nous proposons que ces «projets artistiques et culturels», expressions d’une diversité culturelle en actes, ainsi que les espaces qu’ils dessinent sur les territoires, soient traités par les pouvoirs publics au même titre que les formes les plus instituées et qu’ils bénéficient d’un traitement équivalent dans les procédures de droit commun.

On dit beaucoup que nous arrivons au bout d’un système, celui issu des pionniers de la décentralisation dramatique, de Malraux et de Lang. Une grande part des objectifs de la démocratisation ne pourront jamais être atteints. Les publics culturels sont toujours les mêmes. Si cette fracture n’a pu être réduite par cinquante ans de politiques culturelles, il convient de les transformer radicalement. Il est indispensable de repenser les modalités d’action et la nature des moyens mis en œuvre.

Cette nouvelle approche politique prendrait en compte la nécessaire attractivité de nos villes, la construction de nouveaux droits dans une démarche d’éducation populaire vers une véritable démocratie culturelle. Pour que les principes énoncés dans la Convention sur la Diversité Culturelle de l’UNESCO soient mis en œuvre : le pluralisme des expressions, l’accueil des cultures reflétant la diversité des origines au sein de la société française, la prise en compte de la notion de « droits culturels »- . Il ne s’agit pas de se bercer de mots, il faut se donner les moyens d’appliquer cette diversité culturelle, à commencer dans notre pays.

Il est nécessaire de proposer de nouveaux modèles d’accompagnement des initiatives, de l’amateur au professionnel pour la création et la diffusion, qui permettent une co-construction entre les acteurs culturels et les pouvoirs publics de nouvelles politiques. Il ne suffit pas de faire appel au droit commun pour soutenir les initiatives de démocratie culturelle, mais de le revisiter.

Concernant les nouvelles technologies et les nouveaux médias, il nous faut également être particulièrement vigilant sur le principe de neutralité d’Internet qui est un véritable enjeu politique. Nous ne souhaitons pas être les vassaux de quelques grands groupes industriels dans les années à venir. Nous soutenons ces artistes américains, qui, au sein de « save the Internet », luttent actuellement pour la création indépendante, facteur d’innovations.

Pour la prochaine présidence, nous proposons d’engager des changements profonds concernant les politiques culturelles :

- Renouer avec une véritable politique concernant l’éducation artistique et culturelle à l’école, supprimée par le gouvernement actuel, en l’ouvrant également sur la ville ou l’environnement rural et de donner ainsi les moyens de réels parcours éducatifs artistiques et citoyens à tous les jeunes.

- Engager dans le cadre de la cohésion sociale et de la politique de la ville, une politique volontariste interministérielle et solidaire dans le cadre de véritables conventions pluriannuelles. Il faut en finir avec les dispositifs sectoriels éphémères qui ont pollué cette politique. Il s’agit de reconnaître sans condescendance ces viviers d’initiatives culturelles qui génèrent de nouveaux liens. Ces nouveaux territoires de la culture sont des points de passage du renouvellement urbain, un facteur de développement économique et solidaire, de mixité urbaine et sociale, et de lutte contre toutes les discriminations. Il ne s’agit plus de donner une place à la culture dans cette politique mais toutes leurs places à ses acteurs : des associations, des jeunes, des artistes qui ont su donner et surtout récemment garder toute sa place à l’ambition culturelle malgré l’élimination du mot culture dans les objectifs du plan de cohésion sociale.

- Engager une nouvelle phase de décentralisation dans le contexte d’une réflexion partagée avec les acteurs concernés. Pour cela, il faut envisager une décentralisation cohérente en identifiant très clairement les compétences des différentes gouvernances (Etat, région, département, collectivités locales) et créer les cadres de cette mise en cohérence.

- Envisager une concertation nationale sur la question de l’emploi artistique et culturel. En effet, environ 470 000 personnes exercent une profession culturelle, soit près de 2,1% de la population active occupée (2004). Une étude récente (2006) de la commission européenne révèle que dans l’Union Européenne, le secteur de la culture contribue à hauteur de 2,6% du PNB communautaire (2003) et affiche des taux de croissance supérieurs à la moyenne des autres secteurs de l’économie. Pourtant, aujourd’hui, la situation de l’emploi artistique et culturel en France n’est pas bonne. Les acteurs culturels sont confrontés à une précarisation importante. Les voies d’accès à l’emploi sont multiples (salariat, entreprenariat, travail intermittent, multisalariat, pluriactivité, emplois aidés,etc). L’économie culturelle est plurielle (économie marchande, non-marchande et non-monétaire). Le législateur doit s’emparer de cette problématique, construire des outils d’accompagnement où les personnes et les entreprises se trouvent dans un contexte favorable (pérennisation) pour un développement économique durable. Cela doit être pensé en tenant compte des évolutions économiques, technologiques et sociales que l’on constate aujourd’hui dans la création artistique et la production culturelle et de la diversité des situations (métiers, bassins d’emplois, etc.).

Cette nouvelle politique doit faire l’objet d’une vaste réflexion dans ce pays, mais elle sera d’autant plus efficace si nous pouvons la mener au niveau européen. Dans cette perspective nous proposons, que notre candidate s’engage à ce que la culture et les nouveaux médias soient l’une des priorités à traiter lors de la future présidence française de l’Union Européenne en 2008 et qu’elle puisse donner aux acteurs culturels, artistes et citoyens, toutes leurs places pour construire l’Europe des cultures de tous pour tous.

Pour signer la pétition :

http://politiqueculturelle.free.fr/index.php?petition=2&signe=oui

 

 

Tag(s) : #Culture et Education

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