"Rendre compte régulièrement de son travail,
ça doit être le premier devoir d'un élu"
Adjoint au maire de Dijon, Conseiller général de Dijon 5
Secrétaire du PS de Dijon
J’ai reçu un message électronique d’une sympathisante qui m’a fait part de ses interrogations quant aux débats participatifs. Je me suis dit qu’il était donc important d’expliquer, d’expliquer et encore d’expliquer la démarche de Ségolène ROYAL. Il faut dire que la presse nationale ne nous aide pas en la matière.
En effet, si certains assimilent l’expression « débat participatif » à un pléonasme et se moquent de la méthode choisie par Ségolène ROYAL, d’autres se sont saisis de cette occasion pour se faire entendre. Entre ces deux catégories, il y a ceux qui s’interrogent et je vais essayer, modestement, de leur répondre.
Depuis des décennies, les campagnes présidentielles se limitent à de grands meetings censés mettre en scène la rencontre d’un homme avec le peuple, à l’audimat et aux sondages. Depuis des décennies, les agences de communication s’engouffrent dans les campagnes électorales pour en définir la forme quand ce n’est pas le contenu.
Le problème, c’est que pendant ce temps, l’abstention a considérablement augmenté, le vote protestataire s’est renforcé et tous les pronostics ont échoué.
Alors, il y a deux solutions : soit on se dit que c’est de la faute des électeurs et que ces derniers n’ont rien compris, soit on se dit que c’est aux politiques de changer de méthode et d’action. J’opte, sans conteste, pour la deuxième solution.
La démocratie est en panne, tout le monde l’affirme, mais pour « réparer », il ne s’agit pas simplement de changer les institutions grâce à une caisse à outils constitutionnelle. Le problème est plus profond ! Ce n’est pas de la mécanique ou du constitutionnalisme hydraulique.
D’une part, il y a une crise sociale grave face à laquelle Ségolène ROYAL propose des solutions concrètes dans le cadre d’une société du vivre ensemble. La droite, au pouvoir depuis 5 ans, ordonne une société qui déclasse, qui exclue et qui expulse, c’est à dire une société du chacun pour soi. Cette droite craint le débat de fond, elle l’esquive, elle l’élude, elle l’évite, elle le fuit. Car elle sait que son projet libéral est minoritaire dans la société depuis les épisodes de la loi FILLON, du CNE ou du CPE. Elle a donc choisi de « pourrir » la campagne électorale, de mentir aux français en laissant penser que Ségolène ROYAL n’a aucune proposition (pour les malhonnêtes, je vous conseille de consulter ses propositions sur le site www.parti-socialiste.fr). Nicolas SARKOZY cite Jean JAURES dans ses discours mais dans les actes c’est du Maurice BARRES. Le sarkozysme c’est en quelque sorte le boulangisme version XXIème siècle (Lire à ce sujet : http://www.marianne-en-ligne.fr/dossier/e-docs/00/00/45/F4/document_article_dossier.phtml?cle_dossier=17906).
D’autre part, il y a une crise politique. Cette crise ne date pas d’hier. Il y a eu plusieurs symptômes dont celui du 21 avril 2002. Maintenant il faut un véritable remède démocratique. Les citoyens sont mieux informés qu’hier, ils demandent donc, à juste titre, de la transparence, de l’écoute, du dialogue, de la concertation et de l’évaluation. Il faut changer de méthode et c’est le choix de Ségolène ROYAL à travers la participation. Certains se sont moqués des « jurys citoyens », les « Fouquier-Tinville » se sont déchaînés mais qu’ont-ils proposé ? rien, c’est le vide, l’obscurité, l’insondable. Les « nouveaux réactionnaires » sont à la manœuvre, leur méthode est connue (voir à ce sujet les commentaires suite à l’article du blog : « les nouveaux réactionnaires ») : on pourrit la situation, on réveille les angoisses, on évite le débat, on accuse l’adversaire d’ignorant et de responsable de tous les maux.
Voilà pour la crise, évoquons maintenant la méthode.
C’est simple de rédiger un programme à trois autour d’une table en demandant l’avis d’une agence de communication pour valider le contenu mais c’est plus ardu de donner la parole aux citoyens pour définir avec eux un programme.
C’est simple de distribuer des tongs UMP sur les plages, des préservatifs UMP à des jeunes ou encore des cravates UMP au MEDEF (il ne manque plus que les boutons de manchette), mais c’est plus ardu de construire un programme grâce à l’organisation de milliers de débats publics où la parole est libre et où l’on parle des enjeux de société.
C’est simple d’organiser un meeting national à La Porte de Versailles à Paris avec 25.000 personnes (100.000 selon les organisateurs et le Ministre de l’Intérieur) comme l’a fait Nicolas SARKOZY (surtout quand on affiche 300.000 militants officiels … J) mais c’est plus ardu d’organiser sur tout le territoire, dans les villes comme dans les campagnes, des milliers de débats publics.
J’ai moi-même organisé 16 cafés débats en 2006 et 4 cafés débats en janvier 2007 (voir les différents articles du blog à ce sujet dans la rubrique « démocratie participative »). A chaque fois, le succès était au rendez-vous, à chaque fois des dizaines de personnes ont pris la parole pour faire des propositions. Lors de ces différents débats, je n’ai ni distribué des tongs PS, ni des préservatifs PS, ni des cravates PS, mais tout simplement des projets socialistes !
Alors, la méthode peut étonner voire interpeller, mais il ne faut pas la disqualifier car, demain, si la gauche gagne ces élections, elle devra appliquer cette méthode au pouvoir pour concerter les citoyens, expliquer les réformes et évaluer avec eux les mesures prises. Il ne s’agit pas de remettre en cause les élus mais tout simplement de répondre à une attente des citoyens, celle de la participation. Si la démocratie ne s’adapte pas, les citoyens agiront sans elle.
Viendra le temps des formes traditionnelles d’une campagne : meetings pour présenter le programme, apéritifs chez l’habitant, porte à porte, … etc.
Nous avons pris le temps du débat et ouvert des espaces de dialogue. Ce temps était nécessaire après cinq années de mutisme du gouvernement UMP. Avec Ségolène ROYAL, les Français ont à nouveau la parole. La droite veut conserver le pouvoir, nous allons le redonner aux Françaises et aux Français !
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