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Ces derniers jours, nombreux sont les évènements qui démontrent à quel point la politique ne tourne pas rond ou en tout cas certains politiques !

En effet, je souhaitais revenir à travers cet article sur un débat en particulier. Il s'agit de la polémique sur la définition des classes moyennes, polémique lancée par Jean François Copé, Ministre délégué au budget.

Ce dernier considère qu'avoir un salaire net mensuel de plus de 4000 euros est un critère d'appartenance aux classes moyennes. Il voulait ainsi disqualifier François HOLLANDE qui avait déclaré qu'il fallait revenir sur les baisses d'impôt pour ceux qui disposent de plus de 4000 euos nets par mois.

Cela montre à quel point les membres du gouvernement sont déconnectés de la vie quotidienne. Nous ne vivons pas dans le même monde surtout lorsque l'on sait que le revenu médian (celui qui divise en deux parties égales la population) est de 1500 euros nets mensuels. Il y a donc 50% des salariés en France qui ont moins de 1500 euros par mois et 50% qui ont plus de 1500 euros par mois. On  peut même dire qu'il y plus de 90% des salariés qui ont moins de 2900 euros nets pas mois. On est donc loin de la référence au 4000 euros de Monsieur Copé.

Si comme Louis CHAUVEL, en partant du principe que l'on ne tient compte que des revenus salariés (sans prise en compte des revenus du patrimoine), on considère que l'on entre dans la définition des classes moyennes à partir de 0,75 fois le salaire médian (soit environ 1100 euros) et que l'on entre dans les groupes dits "supérieurs" à partir de 2,25 fois le salaire médian (soit environ 3400 euros), on peut avoir de forte disparités. Un foyer qui est composé de deux personnes qui ont chacune un salaire net de 1000 euros par mois (soit 2000 euros pour le foyer) aura beaucoup plus de difficultés à vivre qu'un foyer de deux personnes qui ont chacune un salaire net de 3000 euros (soit 6000 euros pour le foyer).

Il y a d'autres critères qui rentrent en compte pour définir la classe moyenne. C'est un débat assez complexe et je vous invite à lire à ce sujet le chapitre premier de "Les classes moyennes à la dérive" (Louis CHAUVEL, Seuil, 2006). On ne peut pas dire, à mon sens, qu'un foyer dont les revenus du travail dépassent les 8000 euros nets par mois puisse être assimilé aux classes moyennes. De plus, les foyers qui ont de tels revenus ont beaucoup plus de chance d'avoir accès à des revenus du patrimoine (qui ont connus une forte croissance) que les foyers qui disposent de 2000 euros nets par mois par exemple. Les inégalités sont cumulatives.

Ce gouvernement, qui a échoué dans tous les domaines, a une vision archaïque de notre pays.

Alors que beaucoup de Français se demandent comment ils vont finir le mois à partir du 15 de chaque mois, ce type de polémique est ridicule. Monsieur Copé aurait mieux fait d'expliquer aux Français comment il va financer les baisses d'impôt accordées aux plus riches (les cadeaux fiscaux juste avant les élections). Certainement en prenant encore aux plus pauvres !

Le véritable problème de fond c'est comment on fait pour rétablir l'égalité et mettre fin à la crise sociale. Le meilleur moyen pour redistribuer les richesses, c'est l'impôt. Si les inégalités ont augmenté et si l'Etat a abandonné de nombreuses missions de service public, c'est bien parce que l'UMP a accordé des cadeaux fiscaux aux plus riches depuis 2002. Les baisses d'impôt ont été inefficaces, n'ont pas relancé la croissance, n'ont pas réduit le chômage et n'ont bénéficié qu'à une minorité de la population, tous les économistes le reconnaissent, et en plus cela a contribué à augmenter la dette publique de l'Etat. En gros, ce sont les générations futures (à travers l'augmentation de la dette publique) qui paieront les cadeaux fiscaux des gouvernements UMP depuis 2002.

Tag(s) : #Les classes sociales

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