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Jeudi 28 décembre 2006

2007 sera l'occasion de fêter le 50ème anniversaire du traité de Rome. Signé le 25 mars 1957 à Rome, ce traité (en fait ce sont plusieurs traités), nommé à l'origine "traités institutant la Communauté économique européenne et la Communauté européenne de l'énergie atomique", a constitué l'acte fondateur de la CEE. Il a été signé à l'époque par la France, l'Allemagne, l'Italie et les trois pays du Benelux : Belgique, Luxembourg et Pays-Bas.

Ce traité a institué le marché commun (libre circulation des personnes, des capitaux, des services et des marchandises, union douanière), a défini les bases de la politique agricole commune (PAC, mise en oeuvre en 1962), a créé l'Assemblée européenne, le Conseil, la Commission, la Cour de justice, un Conseil économique et social consultatif, le fonds social européen.

Le même jour a été signé le traité EURATOM.  La CEEA, Communauté européenne de l'énergie atomique, a été créée par ce traité. L'EURATOM était chargé de coordonner les programmes de recherche sur l'énergie nucléaire. C'était pour Jean MONNET le coeur du traité de Rome.

L’ancien premier ministre belge Paul-Henri Spaak, qui a présidé le comité de délégués gouvernementaux chargé d'étudier la possibilité de créer le marché commun européen dès 1955, déclarait, après des négociations difficiles : « Là où il y a volonté politique, il n’y a pas de difficultés techniques insurmontables. Là où il n’y a pas de volonté politique, chaque difficulté technique devient un prétexte pour faire échouer les négociations  ».

Il faut se rappeler du contexte de l'époque : période de l'après guerre, traité CECA (traité de Paris, 1951), guerre de Corée, échec de l'union politique et militaire avec notamment le rejet par l'Assemblée nationale de la CED (communauté européenne de défense) en 1954, crise de Suez, évènements de Hongrie. Face aux différents échecs de création d'une union politique et militaire, ne restait donc plus que le terrain économique pour faire progresser l'union en Europe.

Au moment où l'Allemagne présidera le Conseil européen, ne doutons pas que se sera l'occasion de tirer le bilan de 50 ans d'intégration économique européenne.

Au moment où l'actualité française sera centrée sur le débat national pour les élections présidentielles, l'Europe s'imposera au coeur du débat. Il appartiendra aux politiques français de donner leur vision pour relancer la construction européenne.

L'intégration européenne a apporté une période de stabilité sans précédent sur notre continent. Désormais, les citoyens, conscients de cet acquis, souhaitent que l'Europe puisse résoudre leurs problèmes quotidiens, qu'elle soit en capacité de relever les défis technologiques de demain. Ils souhaitent peser sur les oritentations politiques, les choix en matière budgétaire, monétaire, fiscale, ... Il s'agit bien de créer l'Europe par la preuve.

par Laurent GRANDGUILLAUME publié dans : L'Europe par la preuve
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