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Laurent Grandguillaume

 

Laurent Grandguillaume,

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Mercredi 6 décembre 2006 3 06 /12 /Déc /2006 21:51

En relisant dernièrement "la théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie" (1936) du célèbre économiste John Maynard KEYNES, j'ai pris le temps d'analyser ses "notes finales sur la philosophie sociale à laquelle la théorie générale peut conduire". Notes qui sont peu lues et qui sont pourtant cruciales pour comprendre la théorie économique de KEYNES. En effet, certains économistes libéraux, fossoyeurs de la pensée de KEYNES, se gardent bien de les évoquer. 

Ainsi, JM KEYNES écrivait dans ses notes finales : "Dans le domaine de la philosophie économique et politique, rares sont les hommes de plus de vingt-cinq ans ou trente ans qui restent accessibles aux théories nouvelles. Les idées que les fonctionnaires, les hommes politiques et même les agitateurs appliquent à la vie courante ont donc peu de chance d'être les plus neuves. Mais ce sont les idées et non les intérêts constitués qui, tôt ou tard, sont dangereuses pour le bien comme pour le mal." Après un règne sans partage des libéraux qui nous a conduit à la crise de 1929, la "Théorie générale" de KEYNES a révolutionné les politiques économiques pendant les "trente glorieuses" (expression de Jean FOURASTIE pour désigner la période de 1945 à 1975).

Toutefois, depuis 1975, Les "idées" propagées par les membres de la "société du Mont Pélerin" (http://fr.wikipedia.org/wiki/Soci%C3%A9t%C3%A9_du_Mont_P%C3%A8lerin), totalement opposés au Keynésianisme et devenues majoritaires chez les économistes au plan international, provoquent des désastres économiques, sociaux et écologiques (chômage de masse, accroissement des inégalités, pollution, ...).

Il est donc, plus qu'urgent, que les jeunes économistes s'affranchissent de ces influences doctrinales (comme KEYNES hier) s'ils pensent que l'économie a pour objectif le bien être des femmes et des hommes et non pas l'étude "du comportement des individus face à la gestion des fins et moyen rares à usage alternatif" (L. ROBBINS).

Face au rouleau compresseur du paradigme ultra-libéral, les économistes doivent opposer un contre-modèle économique dont le coeur est l'humain.

 

Par Laurent GRANDGUILLAUME - Publié dans : Economie monétaire de production
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Commentaires

Souvent, on nous lave le cerveau avec le modèle IS-LM qui est une lecture libérale de la théorie de KEYNES mais elle n'est pas présentée comme ça. Il vaut mieux lire KEYNES à la source, au moins on n'a pas de mauvaise surprise.

Commentaire n°1 posté par Jérémie le 09/12/2006 à 18h44

Merci de votre message. Hélàs, il n'y a pas que le modèle IS-LM. Mais vous avez raison de dire qu'il faut lire Keynes. C'est le meilleur moyen de connaître sa théorie. 


Le problème c'est qu'aujourd'hui on ne s'interroge plus vraiment sur la validité des hypothèses des théories économiques depuis le "As If" de Milton FRIEDMAN. Les économistes libéraux ne sont pas dans le discours de vérité mais dans l'utilitarisme à outrance quitte à utiliser des théories farfelues. Ce qui compte pour eux ce n'est pas l'explication mais le résultat. Je pense pour ma part qu'il vaut mieux les deux.

Commentaire n°2 posté par Laurent GRANDGUILLAUME le 19/12/2006 à 12h01

Bonjour,

Ce n'est pas un commentaire mais une question: pensez-vous que si une grosse partie des minima sociaux (comme le RMI), et des prestations sociales (comme les allocations familiales) versées par des organismes publics et para-publics, était payée non pas en euros mais en une monnaie non capitalisable (type tickets restaurants, chèques vacances, titres de transport...), cela permettrait d'une part d'alléger leur charge financière pour l'Etat, et d'autre part d'augmenter notablement le pouvoir d'achat (de biens "nécessaires") des bénéficiaires? Est-ce réaliste, réalisable et efficace selon vous? Si oui pourquoi ne voit-on jamais figurer ce type de mesure dans le moindre projet de gouvernement (j'ai peut-êre mal lu les propositins du PS)? Et pourrait-on étendre ce principe à une petite partie des salaires versés?

Merci de votre réponse.

Commentaire n°3 posté par Christian Dazzi le 07/05/2008 à 15h52
Bonjour,

A titre personnel, je ne pense pas que ce type de proposition changera la donne. Le problème se situe au niveau des salaires et des prix.

Il suffit de regarder l'évolution de la masse salariale par rapport à l'évolution de la rémunération du capital sur ces vingt dernières années : l'écart se creuse de plus en plus.

Concernant les prix, on pourrait par exemple agir en priorité sur le logement qui constitue un élément essentiel du budget des familles. Ainsi, il faudrait mettre en place un "bouclier logement" (à l'opposé du "bouclier fiscal") qui permette de garantir des loyers modérés aux familles.

Cordialement.
Réponse de Laurent GRANDGUILLAUME le 08/05/2008 à 18h12

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