Présentation



Laurent GRANDGUILLAUME
Adjoint au Maire de Dijon
Conseiller général de Côte d'Or - Dijon V
Secrétaire de la section de Dijon du PS


Le canton de Dijon V comprend : une partie de Dijon  : Darcy, Gare, Larrey, Faubourg-Raines, Marcs d'Or, Fontaine d'Ouche; et sept communes : Flavignerot, Corcelles-Les-Monts, Velars-sur-Ouche, Fleurey-sur-Ouche, Lantenay, Pasques, Prenois.

Pour me contacter

Mon site internet : http://www.laurentgrandguillaume.fr

Si vous souhaitez un rendez-vous, que vous avez une question ou que vous souhaitez me transmettre une proposition :


http://ann.over-blog.com/blog-contact.php?ref=486684





Mon site internet










Texte Libre

Recommander

Commentaires

Recherche

Samedi 9 décembre 2006 6 09 /12 /2006 18:21

"Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire, c'est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe et de ne pas faire écho contre son âme aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques". Jean JAURES, discours à la jeunesse, Albi, 1903.

Avec "JAURES, Rallumer tous les soleils" (Omnibus, 2006), Jean-Pierre RIOUX nous présente un recueil des discours, articles, écrits divers de Jean JAURES.

Au moment où l'on fait souvent des inventaires, des diagnostics, où l'on s'interroge sur la nature du socialisme au XXIème siècle, il n'est pas inutile de relire Jean JAURES. Beaucoup de ses discours pourraient encore être prononcés aujourd'hui avec la même pertinence et la même acuité tant les injustices sont révoltantes.

Par exemple, l'étude sur "le socialisme est une morale" de 1894 pourrait répondre aux attaques sur la notion d'ordre juste défendue par Ségolène ROYAL. Jean JAURES y soutient que le socialisme « est déjà, par lui-même, et en lui-même, une morale ». Le socialisme « développe de plus en plus dans les multitudes humaines, jusqu’ici livrées à l’incohérence et à l’égoïsme des efforts individuels, l’idée de la solidarité ». L’ordre juste fait donc référence à l’ordre socialiste. « L’ordre socialiste, qui sera solidarité, se réalise, par une sorte d’anticipation morale, dans la conscience de ceux qui le préparent, en un sentiment de solidarité : c’est ainsi que, sans l’abolir et même en l’utilisant, il élève et transforme l’égoïsme instinctif des prolétaires ». A travers un ordre juste, le socialisme ne veut pas construire une humanité fictive mais une humanité réelle car « le socialisme est la plus grande force morale et la plus efficace ». Face aux lois naturelles et à l’individualisme qui réguleraient nos sociétés selon les libéraux, le socialisme entend construire un ordre juste où les hommes et les femmes constituent la pierre angulaire de toute action. L’ordre juste c’est la régulation, l’action politique face à l’absence de règle, face à la « main invisible » (Recherche sur la nature et les causes de la richesse des nations, 1776, Adam SMITH) du marché.

Par Laurent GRANDGUILLAUME - Publié dans : Les fondamentaux
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Mercredi 6 décembre 2006 3 06 /12 /2006 21:51

En relisant dernièrement "la théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie" (1936) du célèbre économiste John Maynard KEYNES, j'ai pris le temps d'analyser ses "notes finales sur la philosophie sociale à laquelle la théorie générale peut conduire". Notes qui sont peu lues et qui sont pourtant cruciales pour comprendre la théorie économique de KEYNES. En effet, certains économistes libéraux, fossoyeurs de la pensée de KEYNES, se gardent bien de les évoquer. 

Ainsi, JM KEYNES écrivait dans ses notes finales : "Dans le domaine de la philosophie économique et politique, rares sont les hommes de plus de vingt-cinq ans ou trente ans qui restent accessibles aux théories nouvelles. Les idées que les fonctionnaires, les hommes politiques et même les agitateurs appliquent à la vie courante ont donc peu de chance d'être les plus neuves. Mais ce sont les idées et non les intérêts constitués qui, tôt ou tard, sont dangereuses pour le bien comme pour le mal." Après un règne sans partage des libéraux qui nous a conduit à la crise de 1929, la "Théorie générale" de KEYNES a révolutionné les politiques économiques pendant les "trente glorieuses" (expression de Jean FOURASTIE pour désigner la période de 1945 à 1975).

Toutefois, depuis 1975, Les "idées" propagées par les membres de la "société du Mont Pélerin" (http://fr.wikipedia.org/wiki/Soci%C3%A9t%C3%A9_du_Mont_P%C3%A8lerin), totalement opposés au Keynésianisme et devenues majoritaires chez les économistes au plan international, provoquent des désastres économiques, sociaux et écologiques (chômage de masse, accroissement des inégalités, pollution, ...).

Il est donc, plus qu'urgent, que les jeunes économistes s'affranchissent de ces influences doctrinales (comme KEYNES hier) s'ils pensent que l'économie a pour objectif le bien être des femmes et des hommes et non pas l'étude "du comportement des individus face à la gestion des fins et moyen rares à usage alternatif" (L. ROBBINS).

Face au rouleau compresseur du paradigme ultra-libéral, les économistes doivent opposer un contre-modèle économique dont le coeur est l'humain.

 

Par Laurent GRANDGUILLAUME - Publié dans : Economie monétaire de production
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Mardi 5 décembre 2006 2 05 /12 /2006 18:30
Un site à découvrir pour ceux qui ne l'auraient pas encore fait : l'observatoire des inégalités http://www.inegalites.fr/
 
 
 
 
Ce site présente des dossiers très complets sur les inégalités en France et dans le monde. On retrouve dans son conseil scientifique notamment Stéphane BEAUD, sociologue et professeur de sociologie à Nantes (auteur de la "France Invisible"), Denis CLERC, fondateur et conseiller de la rédaction d'Alternatives Economiques, Eric MAURIN, économiste, directeur d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales, Dominique Méda, philosophe, chef de la mission animation de la recherche au ministère de l'Emploi, Thomas Piketty, économiste, directeur d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales.
 
Son origine :

"La fondation de l'Observatoire des inégalités est liée à la conjonction de deux phénomènes.

1- Nous estimons que la montée des inégalités, notamment sous la pression du chômage et de la dégradation du marché du travail, constitue une menace sérieuse pour la démocratie. Ce phénomène ne pose donc pas uniquement un problème de justice sociale, c'est aussi un problème politique. Non seulement les inégalités offrent un terreau à la montée de l'extrême-droite en Europe, mais elles favorisent aussi tant le scepticisme civique que le cynisme social. L'urgence à agir nous paraît évidente.

2- L'Observatoire n'aurait pas lieu d'être si la collecte et la diffusion des données par les services publics étaient à la hauteur. Ce n'est malheureusement pas le cas. L'appareil statistique français est d'une grande pauvreté dans la connaissance et la mise à disposition d'éléments factuels sur les inégalités. La répartition des revenus du patrimoine n'est connue que pour l'année 1996... Notre action vise, en révélant les lacunes actuelles, à faire en sorte que les institutions améliorent leurs pratiques dans ce domaine."

Son objectif :

"L'Observatoire des inégalités n'est pas un mouvement politique. Son rôle n'est pas d'appuyer tel ou tel parti ou association, mais de contribuer à éclairer ou à critiquer les choix publics. Pour cela, nous avons la conviction qu'il faut, de façon toujours renouvelée, s'attacher à dresser un état des lieux qui soit le plus complet possible, tout en demeurant accessible à un large public. Cette position d'observation n'interdit pas - bien au contraire - de se prononcer sur les politiques publiques, de formuler des pistes pour avancer vers l'égalité, ou de signaler telle ou telle action remarquable. En revanche, l'observatoire refuse une position militante de défense d'un seul et unique programme : son objectif est d'alimenter un débat ouvert, dans la limite des valeurs partagées par ses membres. Il tâchera de donner la parole à tous ceux qui lui semblent ouvrir des voies vers l'égalité. Aucun syndicat ou parti ne pourra se prévaloir de son soutien direct.

Ce travail nous est apparu nécessaire. Nécessaire parce que les institutions ne s'y attellent pas avec suffisamment de vigueur et parce que ceux qui bénéficient de l'accroissement des inégalités n'ont, en règle générale, aucune raison de vouloir rendre visible le phénomène. Le libéralisme économique ne va pas toujours de pair avec celui de l'information... Ce travail est également nécessaire parce que les logiques productrices d'inégalités se transforment constamment et que, de manière générale, l'on ne prête pas suffisamment attention à la façon dont les inégalités économiques, culturelles et symboliques se conjuguent et le plus souvent se cumulent. L'école, par exemple, pourtant fer de lance de l'égalité des chances, devient - parce que le titre scolaire est acquis sur la base d'une apparente égalité devant l'évaluation scolaire - un formidable alibi pour l'injustice sociale. Dans la pratique, l'allongement des scolarités cache en effet le maintien de mécanismes de reproduction sociale très puissants. De même, l'enrichissement des ménages - dont témoigne l'équipement des foyers par exemple - cache des inégalités de plus en plus qualitatives, inscrites dans des pratiques sociales qu'il est malaisé de décrire et de mettre à jour. De quelles idées, de quelles données avons-nous besoin pour préciser et actualiser toujours notre réflexion commune sur les inégalités qui menacent les sociétés démocratiques ? Les activités de l'Observatoire des inégalités sont une tentative de réponse à cette question politique essentielle.

Pas question pour autant de penser que l'égalité des chances soit le seul principe qu'il faille défendre. Nous devons voir au-delà. Décrire les conditions de l'égalité ne suffit pas à définir les conditions de fonctionnement d'une société, et peut même conduire à un contresens important. Une société égalitaire fondée sur la seule compétition, même la plus équilibrée possible, n'est pas nécessairement une société où l'on vit bien. La coopération, le partage, le désintéressement, la solidarité contribuent au fonctionnement harmonieux d'une société (notamment par la qualité du lien social) au-delà de son caractère égalitaire. L'égalisation des conditions peut tout à fait être conçue comme un correctif insuffisant. L'exacerbation de l'idée de compétition, de concurrence, du « chacun pour soi » est aussi un des éléments qui nuisent au bien-être des individus."

 

Vous trouverez sur ce site un article très intéressant sur le lien entre la panne démocratique et les inégalité sociales : http://www.inegalites.fr/spip.php?article112

Par Laurent GRANDGUILLAUME - Publié dans : Les inégalités et l'exclusion
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Samedi 2 décembre 2006 6 02 /12 /2006 22:33

 

Plus de 10 ans après "la Misère du Monde" du sociologue Pierre BOURDIEU, Stéphane BEAUD (Sociologue), Joseph CONFAVREUX (Journaliste) et Jade LINDGAARD (Journaliste) nous livrent une véritable analyse de la société française qui sort des "sentiers battus".

 

Il y a plus d'une vingtaine de contributeurs qui nous montrent un autre visage de la France. Un visage souvent masqué : les précaires, les "délocalisés", les expulsables, les expulsés, les privatisés, les surendettés, les sous-traités, ... autant de millions de français victimes des inégalités sociales, environnementales, économiques, ... etc, mais dont le sort ne semble pas inquiéter les plus libéraux.

On peut effectivement s'interroger sur le peu de place accordée aux problèmes des catégories populaires dans certains médias. Je me rappelle encore le débat qu'avait provoqué l'objectif de "zéro SDF d'ici 2007" fixé par Lionel JOSPIN dans son programme de 2002. Démagogie pour les uns, irréaliste pour les autres, en tout cas, le problème n'est toujours pas résolu. Il s'est aggravé !

Un an après que le Parti Socialiste ait réalisé un diagnostic de la société française, je pense que ce "dictionnaire des idées non reçues" peut l'enrichir et contribuer à mieux comprendre les logiques d'exclusion qui sont en oeuvre dans notre pays.

Par Laurent GRANDGUILLAUME - Publié dans : Les inégalités et l'exclusion
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Mercredi 15 novembre 2006 3 15 /11 /2006 21:21

En tant que consommateurs nous pouvons agir sur la protection de l'environnement et sur les conditions sociales. En effet, grâce aux différents labels et produits équitables, nous pouvons choisir en connaissance de cause. Le consommateur "acteur" remplace le consommateur "passif".

Le journal Alternatives économiques a réalisé un guide pratique de la "consommation citoyenne" à l'usage de ceux qui souhaitent agir pour la qualité de vie et le respect des normes sociales.

Si vous voulez en savoir plus : http://www.alternatives-economiques.fr/sommaires/s_hsp26_consommation.html

Par Laurent GRANDGUILLAUME - Publié dans : Consommer autrement
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mardi 14 novembre 2006 2 14 /11 /2006 08:00

J'étais invité hier soir par Arnaud BOUSQUET pour l'émission hebdomadaire "le rendez-vous politique" sur France Bleu Bourgogne. 15 minutes pour répondre à toutes ses questions, c'est à la fois beaucoup car rares sont les émissions où l'on peut s'exprimer pendant autant de temps à la radio, et court pour aborder toutes les questions de fond. Le sujet d'hier soir était assez centré sur le vote du 16 novembre au PS, logique car c'est l'actualité de la semaine.

La question qui m'a été posée à la fin par Yves HOLLINGER (représentant de la LCR) aurait méritée peut être un peu plus de temps pour y répondre tant ce sujet est complexe. En effet, la gauche doit opposer un nouveau projet de loi à la loi SARKOZY de 2003, votée par l'UMP. Elle ne doit pas rester dans l'opposition à cette loi mais doit proposer.

Si voulez écouter l'émission :  http://www.radiofrance.fr/chaines/france-bleu/?tag=bourgogne Rubrique d'Arnaud BOUSQUET

Par Laurent GRANDGUILLAUME - Publié dans : Médias
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Lundi 13 novembre 2006 1 13 /11 /2006 13:14

Vous pourrez consulter un article de la Gazette de Côte d'Or dans lequel j'ai répondu à plusieurs questions sur les jurys citoyens.

Bonne lecture : http://www.gazette-cotedor.fr/?id_art=46-jurys-de-citoyens-place-au-debat

Par Laurent GRANDGUILLAUME - Publié dans : La démocratie participative
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Dimanche 12 novembre 2006 7 12 /11 /2006 16:02
J'ai retrouvé l'intervention de Ségolène ROYAL à la Sorbonne sur la démocratie participative. Elle parle bien de jurys citoyens et non pas de jurys populaires. Elle parle d'évaluation et non pas de révocation. Les "Fouquier-Tinville" ont donc mal jugé son intervention mais l'ont-ils vraiment écouté ?
 
Par Laurent GRANDGUILLAUME - Publié dans : La démocratie participative
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Dimanche 12 novembre 2006 7 12 /11 /2006 15:07

Revenons sur les « jurys citoyens ».

 

Lorsque Ségolène ROYAL a fait la proposition de « jurys citoyens », que n’a t’on pas entendu ?

 

Les réactions à droite et à l’extrême droite : Dominique DE VILLEPIN, Premier Ministre UMP, craint le retour « aux comités de salut public de la Révolution française » (lire à ce sujet : http://permanent.nouvelobs.com/politique/20061026.OBS7066.html), Renaud DUTREIL, Ministre UMP des PME, considère que Ségolène ROYAL « reproduit le schéma des sans-culottes de 1793 ». Jean Marie LE PEN parle, quant à lui, des « Soviets ». Nicolas SARKOZY juge cette proposition « outrancièrement populiste ». La pensée unique s’est exprimée comme à son habitude. Ces réactions ne m’étonnent pas, elles révèlent leur ancrage dans un passé révolu. Les archaïques (dont les références doivent remonter bien avant la Grèce Antique) font référence au passé pour mieux étouffer les propositions nouvelles. Je leur conseillerai de lire « Les Actes du Tribunal révolutionnaire », en livre de poche, aux éditions Mercure de France. Ils pourront ainsi relire l’histoire de la révolution française et tout particulièrement des tribunaux révolutionnaires, et peut être comprendre qu’entre les jurys citoyens et les comités de salut public, c’est le jour et la nuit.

 

Les réactions à gauche : "Je ne sais même pas si elle a été inspirée par Le Pen ou Mao Tsé toung, c'est totalement ubuesque et grave", a estimé André Laignel, le président (proche de Laurent FABIUS) de l'Association des maires de France. "Je pense qu'il est bon que les citoyens soient des acteurs, mais il n'est pas bon qu'ils soient des procureurs", a pour sa part estimé Laurent Fabius. On pourrait conseiller à nos camarades de lire tout d’abord une fiche réalisée par le réseau animafac (http://www.animafac.net/article.php3?id_article=1458) qui explique comment organiser un jury citoyen. Cela montre que les étudiants s’en inspirent déjà. On pourrait ensuite leur conseiller d’éviter de faire de la politique du type « guignols » et de caricaturer les positions de leurs propres camarades.

 

Les autres attaques : Max GALLO compare ces jurys citoyens à la révolution culturelle de MAO (http://www.lefigaro.fr/france/20061023.FIG000000309_max_gallo_cela_me_rappelle_la_revolution_culturelle_de_mao.html).  

 

On peut s’inquiéter que le débat soit caricaturé d’une telle façon. Cela montre à quel point notre démocratie est en panne. 

 

Pourtant, les citoyens dans leur majorité ne sont pas hostiles à ce type de proposition comme le montre le sondage exclusif CSA / France EUROPE EXPRESS / France INFO sur « L'opinion des Français sur la mise en place de jurys citoyens tirés au sort pour évaluer les politiques publiques » (http://www.csa-tmo.fr/dataset/data2006/opi20061025a.htm). Ne m’accusez pas de dérive sondocratique parce que j’ai fait référence à un sondage ….

 

Ségolène Royal, qui a proposé la mise en place de "jurys de citoyens" évaluant les politiques publiques des élus, a estimé que "si on avait testé le CPE par un jury de 150 jeunes, on aurait vu très rapidement que cette réforme n'allait jamais être acceptée par les Français". Elle a également proposé que sur les grands sujets nationaux, on organise en amont des jurys citoyens pour que les citoyens donnent leur avis, avant l’examen de ces sujet en Conseils des ministres. Elle a précisé que le dernier mot restera toujours au politique et donc à la démocratie représentative. Pour Ségolène ROYAL, "Il n'est pas question de surveiller ou de destituer qui que ce soit. Simplement, avec les jurys citoyens, l'avis du public aura été donné".

 

L’idée des jurys citoyens a d’ailleurs été formulée dans le dernier de livre de Pierre ROSANVALLON, « La contre-démocratie ». Y a t’il eu autant de réaction à la sortie de ce livre. Non, pourquoi ? Tout simplement parce que Pierre ROSANVALON n’est pas candidat à la présidentielle. Les jurys citoyens existent déjà en Ile de France (http://www.marielauremeyer.com/2006/10/les_jurys_citoy.html). Les élu(e)s qui dénoncent la proposition de Ségolène ROYAL ont-ils manifesté contre les jurys citoyens qui existent déjà ? Non, pourquoi ? Tout simplement, parce que ces jurys citoyens ont été mis en place en dehors de la campagne présidentielle et ne gêne donc pas ceux qui s’opposent à tout ce que dit leur adversaire.

 

Beaucoup ont parlé de « jurys populaires » mais comme le souligne Jean-Claude Guillebaud, "une partie du tintamarre médiatique reposa donc [...] sur un infime - mais décisif - trucage de la parole [de Ségolène Royal]".

Certains ont donc réinventé le novlangue (cf. Georges ORWEL, 1984) où comment étouffer la nouveauté pour mieux se conserver.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Laurent GRANDGUILLAUME - Publié dans : La démocratie participative
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Samedi 11 novembre 2006 6 11 /11 /2006 23:35

"Pourquoi la démocratie en panne ? ", c'est le titre du livre de Gérard MENDEL, sous-titré "Construire la démocratie participative", paru aux éditions La Découverte en septembre 2003.

Si la disparition de Gérard MENDEL, le 14 octobre 2004, est passée presque inaperçue dans les médias, il n'en était pas moins un sociologue et un psychanalyste "franc-tireur" qui était en avance sur son époque. En effet, Gérard MENDEL a analysé les raisons de notre "panne démocratique", en sortant des sentiers battus, et proposer des solutions novatrices à travers notamment la démocratie participative.

Dans son livre, Gérard MENDEL soulignait que ce n'était pas la démocratie qui était en crise mais bien la politique.

En effet, les sondages montrent une forte défiance vis à vis du politique et une perte de confiance dans sa capacité à améliorer les conditions d'existence des citoyens. Pour autant, les citoyens ont-ils perdu la volonté de "changer la vie", sommes nous entrés dans l'ère de la fatalité permanente ? non, pour preuve, ils s'investissent de plus en plus dans des associations, dans des collectifs ou dans des groupes de pression.

Par ailleurs, les résultats aux élections nationales font apparaître une forte abstention et une sanction systématique des gouvernements sortants. Pour autant, les citoyens sont-ils associés aux réformes et donc se sentent-ils écoutés ? non, il suffit de se rafraîchir la mémoire avec les derniers mouvement sociaux.

Quelle est la réponse du politique face à ce constat ?

Souvent, cette réponse se limite à la question institutionnelle. Gérard MENDEL écrivait d'ailleurs à ce sujet "Les dirigeants politiques ne voient de solution qu'à leur niveau de responsabilité : réforme constitutionnelle, passage à la VIème République, primaires à l'américaine où les sympathisants des grands partis choisiraient leur candidat à la présidentielle ... Vivant en endogamie, soumis à une concurrence effrénée à la fois électorale et à l'intérieur de leurs organisations, victimes d'une quotidienne course contre la montre qui les coupe de la vie ordinaire et de la culture, ils manifestent une incapacité de percevoir d'autres solutions à la crise politique que celles qui passent par eux."

Le constat est dur. Mais la solution ne passera pas, effectivement, que par le politique car des formes nouvelles de démocratie se sont organisées sans lui et j'aurai l'occasion d'y revenir plus longuement en m'appuyant notamment sur le dernier livre de Pierre ROSANVALLON, "La contre-Démocratie", sous-titré "La politique à l'âge de la défiance", aux Editions du Seuil, paru en septembre 2006.

Si le parti socialiste a fait un grand pas en ouvrant grandes "ses portes et ses fenêtres" à travers sa dernière campagne d'adhésion, les réticences ont été très fortes même de la part de certains qui se disent rénovateurs.

Au niveau des institutions, le problème se posera de la même façon face à des forces conservatrices de droite, qui au-delà des discours de rupture, souhaitent tout faire pour conserver le pouvoir.

Si nous voulons redonner le pouvoir aux français, il faudra nécessairement réaliser une révolution démocratique qui passe par le développement de la démocratie participative notamment. Mais elle fait débat et fera encore débat comme en témoigne les réactions très vives de nombreux conservateurs face à la proposition de Ségolène ROYAL de mettre en place des "jurys citoyens". Ces jurys citoyens participeraient tout simplement à l'évaluation des politiques publiques. Il ne s'agit pas de tribunaux populaires ou de revenir à l'époque de la Terreur mais bien de permettre aux citoyens de pouvoir participer aux choix pour l'avenir.

Gérard MENDEL avec saisi les enjeux pour notre démocratie participative. Son oeuvre a participé, à n'en point douter, à éveiller les consciences.

 

 

Par Laurent GRANDGUILLAUME - Publié dans : La démocratie en panne
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander

Calendrier

Mars 2010
L M M J V S D
1 2 3 4 5 6 7
8 9 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28
29 30 31        
<< < > >>

Liens

W3C

  • Flux RSS des articles

Créer un blog gratuit sur OverBlog - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés