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Ces dernières semaines, je n'ai pas pris beaucoup de temps pour reprendre mes chroniques sur ce blog. Et pourtant, il est essentiel pour moi de pouvoir expliquer mes prises de position ou parfois de partager avec vous de nouvelles idées.

Certains étaient surpris que mardi dernier je vote contre la loi sur le renseignement à l'Assemblée nationale. C'est vrai que je ne suis pas de ceux qui se font remarquer pour leur opposition systématique, mais je suis plutôt de ceux qui manifestent leur soutien dans le contexte que nous connaissons et qui appelle à mon sens à la solidarité et à l'esprit collectif.

Il m'est arrivé parfois de m'abstenir sur certains textes ou de défendre des amendements en opposition à un texte du gouvernement. Il est d'ailleurs amusant que j'ai dû faire un rectificatif, écrit au compte rendu de vote, à la fin de la séance, quand je suis descendu de ma place, car mon vote n'avait pas été pris en compte. Pour une fois que je vote contre ... sacrées machines !

A travers mon vote, j'ai voulu lancer un appel à prendre en compte les critiques qui ont été relayées par de nombreuses associations de défense des libertés individuelles. Il y a un juste équilibre à trouver entre la sécurité collective et les libertés individuelles. C'est aussi un appel à développer une critique de la raison numérique au sein de la majorité. Cette même critique qui émerge dans la société et qui ne trouve pas véritablement de relais politiques.

Je regrette que le débat en reste à une prétendue opposition entre ceux qui seraient pour plus ou moins de sécurité. Je pense que nous sommes tous, collectivement, pour permettre aux services de l'Etat de disposer des moyens les plus efficaces pour lutter contre toutes les formes de violence.

Le véritable débat repose sur les techniques utilisées et sur leurs limites. La collècte massive de données et l'utilisation d'algorithmes prédictifs posent question. On nous répond que c'est déjà le cas par le biais des multinationales, du Big Data et du Cloud Computing. Pour autant, peut-on s'en satisfaire ? L'Etat doit-il utiliser les mêmes outils ? Les grandes multinationales ne doivent-elles pas être soumises à des règles plus resctivites que l'Union Européenne leur imposerait ? N'y a t'il pas urgence à développer une critique de la raison numérique ? La gauche peut-elle restée muette sur ces sujets alors qu'il s'agit d'enjeux de société ?

En tout cas, cet épisode m'a déterminé à écrire sur la question du numérique.

Pour terminer cette chronique, je voudrais partager avec vous quelques lignes tirées d'un roman de Jules Verne, roman que j'ai découvert il y a peu. Dans ce roman, il développe une critique du progrès technique et faisait déjà référence à des machines qui, à travers leur mode de fonctionnement, peuvent être comparées à nos algorithmes actuels. Il a fallu attendre plus de 130 ans pour que le roman de Jules Verne "Paris au XXème siècle" voit le jour. Composé avant les "Voyages extraordinaires", il avait été refusé par l'éditeur Hetzel. Dans le chapitre V "Où il est traité des machines à calculer", Jules Verne faisait référence à des machines qui calculaient, et enfermaient des individus. Il y développe une critique du progrès technique, et écrivait :

"Hein ! quel ingénieux appareil s'écriait Athanase.

- Cependant, lui répliqua M. Casmodage, il ne sera complet que lorsque le voleur, déposé dans un wagon de sûreté, sera conduit sous la pression d'un ressort à la préfecture de police !

- Et surtout, pensa Michel, lorsque la machine lui fera d'elle-même l'application du code relatif aux vols avec effraction !".

Tag(s) : #Critique de la raison numérique

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