J'ai participé ce matin à l'assemblée générale de l'Association des Paralysés de France, délégation départementale de la Côte d'Or, qui avait lieu à Quetigny. Les sujets
d'actualité ne manquaient pas puisque l'APF a déclaré l'année 2009 "année noire du handicap" et l'année 2010 "colère noire".
Rappelons que la politique du "handicap" est au coeur des compétences assumées par les départements. Or, la majorité UMP-Nouveau du Conseil Général de Côte d'Or s'inscrit dans la même logique que le gouvernement, logique de défiance vis à vis des associations.
Les associations avaient d'ailleurs appelé à manifester le samedi 27 mars sous l'égide du collectif "ni pauvres, ni soumis" à Dijon. J'étais présent à cette occasion. Dans le domaine de la politique en faveur des personnes handicapées, on ne compte plus les retards, reports, remises en cause de la loi de 2005 et de son esprit de solidarité : accessibilité, ressources, santé, emploi, éducation, compensation, sur tous ces points, la droite n'a fait oeuvre que d'immobilisme et de clientélisme, aggravant la précarité et organisant une véritable régression sociale généralisée dont l'APF a dressé un état de lieux précis (http://www.apf.asso.fr/sinformer/presse/cp.php?id=342).
Par ailleurs, les élus socialistes alertent depuis des semaines sur les difficultés rencontrées dans l’exercice du
droit à l’éducation des handicapés. Ils expriment leur inquiétude face à la « réforme» de l’AAH (Allocation aux Adultes Handicapés) dont les conditions d’accès sont durcies pénalisant ses
bénéficiaires potentiels qui ont, bien souvent, des difficultés pour connaître leurs droits.
S’agissant de l’accès à l’éducation, il faut rappeler qu'en cette fin d’année scolaire des milliers d’enfants restent sans solution, que les Auxiliaires de Vie Scolaire (AVS) et les
Emplois Vie Scolaire (EVS) restent précarisés et en nombre insuffisant et que la convention-cadre transférant la gestion des AVS de l’Education Nationale aux associations est un leurre et un
échec.
Sur le projet du récent décret réformant l’AAH, nous nous inquiétons des conséquences sur ses bénéficiaires, leur infligeant de nouvelles contraintes administratives avec une déclaration
trimestrielle de ressources, même à revenus inchangés, et risquant, pour environ 41 000 d’entre eux, de leur faire perdre 30 euros par mois. Le report de l’entrée en vigueur de ce texte du
1er juin 2010 au 1er janvier 2011, suite à l’action des associations du secteur, apparaît un minimum pour permettre aux Caisses d’Allocations Familiales de s’assurer des moyens logistiques
nécessaires au dispositif et surtout pour s’assurer qu’il n’y aura aucun perdant.
Dans tous les cas, nous devons être très attentifs à cette question des ressources, d’autant que les personnes en situation de handicap subissent, par ailleurs, les déremboursements de
médicaments, la hausse du forfait hospitalier et les franchises médicales.
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