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Secrétaire de la section de DIJON du PS
Adjoint au maire de Dijon, Vice-Président du Grand Dijon
 

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Mercredi 7 février 2007

 

J’ai reçu un message électronique d’une sympathisante qui m’a fait part de ses interrogations quant aux débats participatifs. Je me suis dit qu’il était donc important d’expliquer, d’expliquer et encore d’expliquer la démarche de Ségolène ROYAL. Il faut dire que la presse nationale ne nous aide pas en la matière.

En effet, si certains assimilent l’expression « débat participatif » à un pléonasme et se moquent de la méthode choisie par Ségolène ROYAL, d’autres se sont saisis de cette occasion pour se faire entendre. Entre ces deux catégories, il y a ceux qui s’interrogent et je vais essayer, modestement, de leur répondre.

 

Depuis des décennies, les campagnes présidentielles se limitent à de grands meetings censés mettre en scène la rencontre d’un homme avec le peuple, à l’audimat et aux sondages. Depuis des décennies, les agences de communication s’engouffrent dans les campagnes électorales pour en définir la forme quand ce n’est pas le contenu.

Le problème, c’est que pendant ce temps, l’abstention a considérablement augmenté, le vote protestataire s’est renforcé et tous les pronostics ont échoué.

Alors, il y a deux solutions : soit on se dit que c’est de la faute des électeurs et que ces derniers n’ont rien compris, soit on se dit que c’est aux politiques de changer de méthode et d’action. J’opte, sans conteste, pour la deuxième solution.

La démocratie est en panne, tout le monde l’affirme, mais pour « réparer », il ne s’agit pas simplement de changer les institutions grâce à une caisse à outils constitutionnelle. Le problème est plus profond ! Ce n’est pas de la mécanique ou du constitutionnalisme hydraulique.

D’une part, il y a une crise sociale grave face à laquelle Ségolène ROYAL propose des solutions concrètes dans le cadre d’une société du vivre ensemble. La droite, au pouvoir depuis 5 ans, ordonne une société qui déclasse, qui exclue et qui expulse, c’est à dire une société du chacun pour soi. Cette droite craint le débat de fond, elle l’esquive, elle l’élude, elle l’évite, elle le fuit. Car elle sait que son projet libéral est minoritaire dans la société depuis les épisodes de la loi FILLON, du CNE ou du CPE. Elle a donc choisi de « pourrir » la campagne électorale, de mentir aux français en laissant penser que Ségolène ROYAL n’a aucune proposition (pour les malhonnêtes, je vous conseille de consulter ses propositions sur le site www.parti-socialiste.fr). Nicolas SARKOZY cite Jean JAURES dans ses discours mais dans les actes c’est du Maurice BARRES. Le sarkozysme c’est en quelque sorte le boulangisme version XXIème siècle (Lire à ce sujet : http://www.marianne-en-ligne.fr/dossier/e-docs/00/00/45/F4/document_article_dossier.phtml?cle_dossier=17906).


D’autre part, il y a une crise politique. Cette crise ne date pas d’hier. Il y a eu plusieurs symptômes dont celui du 21 avril 2002. Maintenant il faut un véritable remède démocratique. Les citoyens sont mieux informés qu’hier, ils demandent donc, à juste titre, de la transparence, de l’écoute, du dialogue, de la concertation et de l’évaluation. Il faut changer de méthode et c’est le choix de Ségolène ROYAL à travers la participation. Certains se sont moqués des « jurys citoyens », les « Fouquier-Tinville » se sont déchaînés mais qu’ont-ils proposé ? rien, c’est le vide, l’obscurité, l’insondable. Les « nouveaux réactionnaires » sont à la manœuvre, leur méthode est connue (voir à ce sujet les commentaires suite à l’article du blog : « les nouveaux réactionnaires ») : on pourrit la situation, on réveille les angoisses, on évite le débat, on accuse l’adversaire d’ignorant et de responsable de tous les maux.

Voilà pour la crise, évoquons maintenant la méthode.

C’est simple de rédiger un programme à trois autour d’une table en demandant l’avis d’une agence de communication pour valider le contenu mais c’est plus ardu de donner la parole aux citoyens pour définir avec eux un programme.

C’est simple de distribuer des tongs UMP sur les plages, des préservatifs UMP à des jeunes ou encore des cravates UMP au MEDEF (il ne manque plus que les boutons de manchette), mais c’est plus ardu de construire un programme grâce à l’organisation de milliers de débats publics où la parole est libre et où l’on parle des enjeux de société.

C’est simple d’organiser un meeting national à La Porte de Versailles à Paris avec 25.000 personnes (100.000 selon les organisateurs et le Ministre de l’Intérieur) comme l’a fait Nicolas SARKOZY (surtout quand on affiche 300.000 militants officiels … J) mais c’est plus ardu d’organiser sur tout le territoire, dans les villes comme dans les campagnes, des milliers de débats publics.

J’ai moi-même organisé 16 cafés débats en 2006 et 4 cafés débats en janvier 2007 (voir les différents articles du blog à ce sujet dans la rubrique « démocratie participative »). A chaque fois, le succès était au rendez-vous, à chaque fois des dizaines de personnes ont pris la parole pour faire des propositions. Lors de ces différents débats, je n’ai ni distribué des tongs PS, ni des préservatifs PS, ni des cravates PS, mais tout simplement des projets socialistes !

Alors, la méthode peut étonner voire interpeller, mais il ne faut pas la disqualifier car, demain, si la gauche gagne ces élections, elle devra appliquer cette méthode au pouvoir pour concerter les citoyens, expliquer les réformes et évaluer avec eux les mesures prises. Il ne s’agit pas de remettre en cause les élus mais tout simplement de répondre à une attente des citoyens, celle de la participation. Si la démocratie ne s’adapte pas, les citoyens agiront sans elle.

Viendra le temps des formes traditionnelles d’une campagne : meetings pour présenter le programme, apéritifs chez l’habitant, porte à porte, … etc.

Nous avons pris le temps du débat et ouvert des espaces de dialogue. Ce temps était nécessaire après cinq années de mutisme du gouvernement UMP. Avec Ségolène ROYAL, les Français ont à nouveau la parole. La droite veut conserver le pouvoir, nous allons le redonner aux Françaises et aux Français !

par Laurent GRANDGUILLAUME publié dans : La démocratie participative
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Vendredi 2 février 2007

L'actualité donne raison à Daniel LINDENBERG.

Dans « le rappel à l’ordre – enquête sur les nouveaux réactionnaires » publié aux éditions la République des Idées en octobre 2002, Daniel LINDENBERG nous alertait sur l’existence et l’offensive en préparation des « nouveaux réactionnaires ». Ces derniers sont contre la culture de masse, contre les droits de l’homme, contre 68, contre le féminisme, contre l’antiracisme, contre l’islam, … etc. Une idéologie qui prend forme et qui semble se développer.

Ce livre avait fait beaucoup réagir à l’époque. Il y a eu une levée de bouclier de nombreux intellectuels. Et pourtant, Daniel LINDENBERG avait raison.

En effet, aujourd’hui, les faits étant tétus, nous observons une évolution très surprenante de certains intellectuels, dits de gauche, qui soutiennent la candidature de Nicolas SARKOZY. En fait, il y a une logique dans tout cela, une logique de recomposition du champ politique. Si les « nouveaux réactionnaires » ne forment pas encore un mouvement structuré, cette structuration est toutefois en marche : soutien à la guerre en IRAK, remise en cause du modèle social français, opposition des cultures et des religions, remise en cause de l’idéal républicain, procès de la société « métissée », le procès de l’égalité, développement du discours Maurassien sur le pays légal et le pays réel … etc. C’est même parfois une véritable haine contre la gauche qui s’exprime par le biais de ces intellectuels. On pourrait classer dans ce mouvement, notamment Luc FERRY, Alain RENAUT, Pierre MANENT, … ou encore les écrivains Philippe MURAY, Michel HOUELLEBECQ et Maurice DANTEC.

Prenons l’exemple de Maurice DANTEC qui a été interviewé par le magazine des livres dans son numéro 2 – Février / Mars 2007. Extrait de cette interview : « Ce que je vois, au présent, c’est un d’un côté un Impérium qui s’assume et qui fait de la politique, donc la guerre. De l’autre une sous-nation de misère, socialiste dans l’âme, jacobine, athéiste, pacifiste, prête à toutes les trahisons pour sauvegarder ses 35 heures, ses intermittents du spectacle et ses amis dictateurs arabes. Pour qu’un jour la France redresse la tête, encore faudrait-il qu’il reste quelques Français ». Juan ASENSIO qui l’a inteviewé persiste et signe : « … avant même de disposer, en guise, comme DANTEC, s’amuse à le noter, d’une arme de destruction massive, de l’extraordinaire (et hélàs si peu lu) corpus constitué par les écrits des Pères de l’Eglise, le romancier usait déjà, contre l’hydre nihiliste contemporaine, de critiques acerbes qui ne pouvaient que battre en brèche l’idéologie fumeuse des Lumières, dont se repaît notre pays, pour sa grandiloquente ruine, depuis plus de deux siècles d’obscurité plaintive. » Si vous voulez savoir ce que pense M. ASENSIO lisez ces articles de son blog : http://stalker.hautetfort.com/archive/2007/01/21/segolene-royal-ou-la-chevaliere-de-la-mort.html et http://stalker.hautetfort.com/tag/UMP (à ne pas lire trop souvent ...).

Vous voilà donc prévenus, les nouveaux réactionnaires ont trouvé la cause de tous les maux de notre société : les socialistes et les Lumières.

La grande question de l’année 2007 est de savoir si cette idéologie va trouver son débouché politique. En tout cas, elle a trouvé son candidat. Il appartient à la gauche de ne pas laisser le pouvoir à ces réactionnaires !

par Laurent GRANDGUILLAUME publié dans : Les nouveaux réactionnaires
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Vendredi 2 février 2007

Jean Claude TRICHET, Président de la Banque Centrale Européenne : il persiste et signe.

 

Pour répondre aux critiques des personnalités politiques françaises concernant la politique monétaire européenne, Monsieur TRICHET est encore une fois sorti de sa réserve. Il a voulu démontrer les effets bénéfiques de l’euro sur l’emploi. Ainsi, il a rappelé que depuis 1999, date de la création de la monnaie unique, plus de douze millions d’emplois ont été créés dans la zone euro soit plus qu’aux Etats-Unis sur la même période. Si c’est vrai, il n’a pas parlé des emplois détruits et de tous ceux qui sont encore au chômage en Europe. Il faut être objectif.

 

Il a également évoqué la perception par les citoyens de l’augmentation des prix, perception qui ne correspond pas à la réalité selon lui. C’est de la langue de bois car les prix ont bien augmenté. Monsieur TRICHET devrait s’intéresser de plus près aux prix des loyers, de l’énergie, des transports, des soins, ou encore des biens d’alimentation. Monsieur TRICHET aurait dû évoquer, pour être crédible, la stagnation des salaires depuis plusieurs années qui a conduit, mathématiquement, à une diminution du pouvoir d’achat des catégories populaires et des classes moyennes. Personne ne parle de remise en cause de l’euro si ce n’est quelques nationalistes. Au contraire, il s’agit d’inscrire dans les objectifs de la banque centrale européenne la recherche du plein emploi (comme c’est le cas aux Etats-Unis d’ailleurs). Il ne faut pas caricaturer le débat.

 

L’euro a apporté une stabilité économique à l’Europe, pour autant la politique monétaire ne doit pas être déconnectée du politique et donc des citoyens. La politique monétaire doit être un outil au service des femmes et des hommes qui veulent combattre le chômage et la baisse du pouvoir d’achat. L’euro doit permettre de valoriser nos exportations et pas le contraire (voir à ce sujet l’évolution de la balance commerciale de la France ).

 

Si les politiques sont souvent accusés de pratiquer la langue de bois, il faudrait sans doute s’intéresser à ceux qui, « experts indépendants », pensent détenir la vérité à eux seuls et n’ont de compte à rendre devant personne.

 

par Laurent GRANDGUILLAUME publié dans : Economie monétaire de production
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Dimanche 28 janvier 2007

Ce premier exercice de démocratie participative de l'année 2007 est terminé : "quatre cafés débats participatifs" réunissant au total plus de 400 personnes, 8 heures de débats, près de 200 prises de parole dans une ambiance chaleureuse.

Ces débats ont été positifs sur tous les plans : une forte participation, beaucoup de propositions formulées, un diagnostic partagé par tous.

Au-delà de toutes les propositions très concrètes qui ont été présentées par les participants, je retiens de ces débats trois éléments principaux :

1) L'éducation doit être la priorité du programme socialiste. En effet, l'éducation est au coeur de tout : emploi, formation, culture, environnement, prévention, sécurité, dialogue social, ... etc. Il appartient donc, aux socialistes, de mettre en place les moyens nécessaires en direction des professeurs (dont le travail doit être revalorisé), et d'engager une vaste réforme avec l'ensemble des acteurs de l'Education nationale.

2) Les citoyens souhaitent que les débats des élections présidentielles portent sur des problèmes concrets mais aussi sur les choix de société, cela correspond à un véritable "désir d'avenir". Quelle société voulons-nous ? voilà la question à laquelle les citoyens devront répondre à l'occasion de l'élection présidentielle. Une société du vivre ensemble portée par les socialistes ou une société du chacun pour soi défendue par les libéraux ? Il appartient aux femmes et aux hommes de gauche de faire campagne pour que la majorité fasse le premier choix.

3) Il existe un réel besoin de démocratie participative, une demande de participation. Cette demande devra trouver un débouché après les élections présidentielles à travers de nouvelles mesures comme la mise en place de "jurys citoyens" pour participer à l'élaboration mais aussi à l'évaluation des politiques publiques. Les partis politiques devront également s'y atteler en organisant des débats participatifs pour évaluer avec les citoyens les politiques mises en place.

Je n'ai pas été exhaustif, je souhaitais seulement mettre en avant ces trois points qui me semblent essentiels.

Le marathon est donc fini ? eh bien non ! ce n'était que le premier kilomètre : rendez-vous mercredi prochain à Dijon (www.ps21.fr) pour le premier des 5 forums participatifs départementaux organisés par le PS, le PRG et le MRC dans tout le département de Côte d'Or.

 

 

par Laurent GRANDGUILLAUME publié dans : La démocratie participative
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Mercredi 24 janvier 2007

Il est 12h15, nous sommes mercredi et j’ai enfin 5 minutes pour rédiger cet article. Depuis lundi, j’essaie de trouver le temps mais ce n’est pas évident vu l’agenda de la semaine ! J’avais pourtant pris de bonnes résolutions en début d’année.

Hier soir, c’était mon premier café-débat de l’année 2007 après en avoir organisé seize en 2006, une véritable course de fond voire un véritable marathon !

En effet, en 2006, j’avais lancé l’idée de mettre en place à Dijon « une fabrique du projet socialiste » sur le modèle de la Fabrica Italienne de Romano Prodi après avoir organisé plusieurs réunions internes du PS sur « le diagnostic de l’état de la France ». Au début, nombreux étaient les sceptiques et je les comprends car l’objectif était ambitieux. Ils pensaient peut être que j’étais victime d’une vieille maladie française, « la réunionnite ». Mais quand on veut développer (et non « conserver »), il faut savoir prendre des risques.

Cette « fabrique dijonnaise du projet socialiste » a consisté en l’organisation de 16 cafés débats publics ouverts à tous sur 16 thèmes différents (emploi, Europe, recherche, environnement, santé, … etc) au mois d’avril 2006. A l’issue de ces débats, nous avions transmis une synthèse d’une cinquantaine de page à la commission nationale du projet socialiste. Plus de 1000 personnes ont participé à ces débats et une centaine ont adhéré à la section de Dijon du Parti Socialiste. Ce n’était donc pas un « gadget », ni un symptôme de réunionnite aigüe, mais bien des débats utiles, utiles pour le projet, utiles pour le parti socialiste.

Si mes souvenirs sont bons, j’ai organisé mes premiers cafés débats en 2003 lorsque nous avons engagé, au plan national, la réflexion sur les causes du traumatisme du 21 avril 2002. Je me rappelle encore de ces premiers débats où nous n’étions alors qu’une petite dizaine. Mais ce fut l’occasion de rencontrer des futurs adhérents du parti socialiste qui sont aujourd’hui des membres très actifs. Il y a eu également les cafés débats à l’occasion du referendum sur le traité constitutionnel européen en 2005. Ces derniers étaient, à mon sens, les plus difficiles car il n’y avait pas de synthèse possible.

Hier soir, près de 70 personnes étaient réunies au Café Le Maréchal (2 avenue Maréchal FOCH à DIJON) malgré les intempéries (autoroutes bloquées par la neige, bus paralysés, très difficile de circuler…). Il fallait donc vraiment être motivé pour venir y participer et cela montre le chemin parcouru depuis 2003. Deux heures de débats sur l’éducation, la formation, l’accès à l'emploi, la lutte contre toutes les discriminations, deux heures d’échanges et de propositions. Contrairement au discours ambiant des déclinologues, les citoyens ne se désintéressent pas de la politique mais c’est la politique qui doit changer. Les débats ont été tellement riches que nous aurions eu besoin de trois heures de plus pour traiter tous les sujets ! Ensuite, est venu le temps d’organiser du co-voiturage pour que chacun puisse rentrer chez lui car le réseau de bus était paralysé.

J’apprécie beaucoup cet exercice de démocratie participative. C’est un moment privilégié d’échange avec des citoyens, qui pour la majorité, ne sont membres d’aucun parti politique. Je pense que c’est par ce type de manifestation que nous parviendrons à reconquérir la confiance. Les partis politiques ont été, depuis trop longtemps, éloignés de la population de part leur fonctionnement en vase clos. Certains considèrent qu’ils sont là pour « guider le peuple » mais il faudrait peut être commencer par écouter. Il faut donc passer à une nouvelle étape. Cette étape a commencé en 2003, au congrès de Dijon, lorsque François HOLLANDE a engagé la rénovation du parti socialiste. Nous devons continuer dans ce sens et aller encore « plus haut, plus vite plus fort » !

Alors, ce soir, jeudi et vendredi, on recommence pour un nouveau marathon !

par Laurent GRANDGUILLAUME publié dans : La démocratie participative
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Samedi 20 janvier 2007

Ras le bol de croiser des anciens copains qui, malgré, les diplômes sont toujours dans la galère comme si le fait de venir d'un quartier populaire était un handicap qui vous suivait toute votre vie.

 

Les raisons sont multiples : discriminations raciales, sociales et spatiales, inégalités d'informations, ... etc.

Existe t'il des discriminations spatiales et sociales ? la réponse est oui. Nous n'avons pas les mêmes chances selon le quartier dont nous sommes originaires. Tout comme nous n'avons pas les mêmes chances selon les écoles, collèges, lycées, universités que nous avons fréquentés. Nous n'avons pas les mêmes chances selon notre catégorie sociale d'origine. Car si ce n'était pas le cas, pourquoi tant de débats, de passions et de controverses autour de la carte scolaire par exemple ? Ceux qui ne veulent rien changer sont certainement satisfaits de la situation actuelle. Les conservateurs ont encore de beaux jours devant eux !

Sommes nous inégaux devant l'information ? la réponse est oui. C'est bien pourquoi on parle beaucoup aujourd'hui du "capital social" ou plus restrictivement du "carnet d'adresses".

Quant aux discriminations raciales, elles rongent petit à petit notre société. Le racisme se répand et certains n'hésitent plus à afficher leur haine.

Pourquoi les jeunes issus des quartiers populaires n'auraient pas le droit, comme tout le monde, d'accéder à un emploi après des années d'études réussies ? 

"BAC + 5 - sans travail", est ce l'avenir que notre pays veut réserver à sa jeunesse ? tant de talents gachés, tant d'espoirs déçus, il est urgent d'agir !  Car lorsque la jeunesse d'un pays n'a plus d'espoir, cela peut virer au cauchemar. S'il y a une tendance à la radicalisation politique de notre jeunesse depuis plusieurs années, les conditions sociales et les craintes par rapport à l'avenir n'y sont pas pour rien.

La responsabilité de la gauche c'est de redonner espoir à notre jeunesse, de proposer des solutions concrètes pour que chacun puisse se projeter dans l'avenir. Ces désirs d'avenir s'exprimeront, à n'en point douter, dans les urnes en avril 2007. Mais il appartient à la gauche de faire en sorte que ces désirs se transforment en adhésion à un projet et non pas en une disqualification et un rejet.

par Laurent GRANDGUILLAUME publié dans : Les inégalités et l'exclusion
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Jeudi 18 janvier 2007

Hier soir avait lieu un grand débat à Paris à la Mutualité réunissant François CHEREQUE (CFDT), Jean Christophe LE DUIGOU (CGT), Martin HIRSCH (EMMAUS-France), Louis CHAUVEL (sociologue), … etc.

Ce meeting était organisé à l’occasion de la sortie du livre « Repenser la solidarité » (PUF – voir à ce sujet : http://www.parlonssolidarite.com/) publié sous la direction du sociologue Serge PAUGAM.

Je pense que ce type d’initiative participe à l’enrichissement du débat. L’apport des sociologues, des économistes, des scientifiques, ... et tout simplement des chercheurs au débat national est à mon avis essentiel pour revitaliser notre démocratie. En effet, si nous voulons sortir de la crise politique, sociale et économique, il faut réunir toutes les forces vives trop longtemps ignorées sous le gouvernement UMP depuis 2002.

Nous vivons actuellement un changement de paradigme (un modèle cohérent de vision du monde) ou tout du moins la création d’un nouveau paradigme face au paradigme libéral. Je pense effectivement que nous sommes dans une phase de reconstruction des idées après une phase de déconstruction qui a eu lieu dans les années 1990. Si les essais se sont multipliés depuis l’échec du 21 avril 2002 sur le besoin de créer un nouveau logiciel à gauche, cela n’est pas un hasard. Car ces mêmes essais auraient pu se cantonner à la nécessité de revenir aux bonnes vieilles recettes.

Je ne partage pas les analyses consistant à courrir après la troisième voie mais je crois plutôt en un socialisme qui ne fasse aucune concession avec ses valeurs constitutives et qui soit en capacité de s’adapter, dans le réel, à une société qui a profondément changée et qui ne peut plus fonctionner en vase clos. Or, cette reconstruction doit s’opérer avec les citoyens, avec les chercheurs, avec tous ceux qui ont un avis sur notre société et son devenir.

Face aux nouveaux-réactionnaires (ou néo-conservateurs) qui analysent le monde à travers le choc des civilisations (« l’axe du bien contre l’axe du mal » GW. BUSH) et la France à travers le choc des cultures ou la vieille distinction maurrassienne du « pays légal » et du « pays réel», le devoir de la gauche est de ressourcer les idées, de redonner confiance en l’avenir, de « comprendre le réel et d’aller à l’idéal ».

par Laurent GRANDGUILLAUME publié dans : La démocratie en panne
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Dimanche 14 janvier 2007

Dans mes derniers articles, j’ai fait référence à Louis CHAUVEL, sociologue et auteur de « Les classes moyennes à la dérive » (Seuil, 2006). Ce dernier colle particulièrement à l’actualité avec son livre.

 

En effet, le débat sur la définition des classes sociales revient au devant de la scène politique et médiatique après avoir été longtemps jeté aux oubliettes avec le développement de la prophétie libérale sur « la fin des idéologies ». Nous serions tous dans les classes moyennes, il n’y aurait plus aucune fracture, ni aucune opposition sociale. Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes.

 

Louis CHAUVEL a répondu aux questions de l’observatoire des inégalités (http://www.inegalites.fr/spip.php?article620&id_mot=28). Ainsi, il a pu préciser sa position relative à la définition des classes moyennes. Il fait notamment référence aux classes moyennes supérieures qui n’excluent que les très hauts revenus, les 3% les plus riches. C’est donc une définition extensive.

 

Il y a eu un mythe de « la classe moyenne » dans les années 1970 mais toutes les analyses montrent qu’en fait il existe bien « des classes moyennes », c’est une notion « polythétique ». Pour Louis CHAUVEL, il est difficile de définir des frontières entre les différentes classes moyennes (inférieures, intermédiaires, supérieures) mais on peut définir des « noyaux typiques » (à travers les revenus, les ressources culturelles, les ressources économiques, … etc).

 

La thèse de Louis CHAUVEL vise à montrer que « la classe moyenne » est en train d’éclater. On pourrait prendre l’image d’un sablier où les strates inférieures de la classe moyenne sont en difficultés croissantes et peuvent s’assimiler aux strates supérieures des classes populaires, et où les strates supérieures de la classe moyenne « tentent de faire sécession » pour rejoindre les classes supérieures tout court. C’est ce que Jean François Copé, Ministre délégué au budget, est incapable d’observer.

 

Dans « l’état des inégalités en France 2007 », publié par l’observatoires des inégalités, le critère retenu pour l’appartenance aux classes moyennes est le salaire net mensuel dans une fourchette comprise entre 1200 et 1840 euros pour des temps complets. On est donc loin des 4000 euros nets mensuels.


Ce qui est important dans ce débat, ce n’est pas tant de connaître exactement le critère économique d’appartenance à une classe sociale car on voit bien que les définitions sont multiples. L’important c’est d’observer les mouvements en cours dans notre société, et notamment le « mouvement de sablier » qui est très bien exprimé par Ségolène ROYAL avec l’expression « tirer vers le bas ».

 

Cela montre que les ministres UMP s’intéressent peu à l’évolution de la société et aux questions sociales.

 

Le véritable enjeu est bien de commencer par « assurer les conditions d’existence » pour ceux qui sont aujourd’hui les premières victimes de la crise sociale, c'est-à-dire les classes populaires et tous ceux qui, par déclassements successifs, les ont rejoint.

 

par Laurent GRANDGUILLAUME publié dans : Les classes sociales
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Samedi 13 janvier 2007

Ces derniers jours, nombreux sont les évènements qui démontrent à quel point la politique ne tourne pas rond ou en tout cas certains politiques !

En effet, je souhaitais revenir à travers cet article sur un débat en particulier. Il s'agit de la polémique sur la définition des classes moyennes, polémique lancée par Jean François Copé, Ministre délégué au budget.

Ce dernier considère qu'avoir un salaire net mensuel de plus de 4000 euros est un critère d'appartenance aux classes moyennes. Il voulait ainsi disqualifier François HOLLANDE qui avait déclaré qu'il fallait revenir sur les baisses d'impôt pour ceux qui disposent de plus de 4000 euos nets par mois.

Cela montre à quel point les membres du gouvernement sont déconnectés de la vie quotidienne. Nous ne vivons pas dans le même monde surtout lorsque l'on sait que le revenu médian (celui qui divise en deux parties égales la population) est de 1500 euros nets mensuels. Il y a donc 50% des salariés en France qui ont moins de 1500 euros par mois et 50% qui ont plus de 1500 euros par mois. On  peut même dire qu'il y plus de 90% des salariés qui ont moins de 2900 euros nets pas mois. On est donc loin de la référence au 4000 euros de Monsieur Copé.

Si comme Louis CHAUVEL, en partant du principe que l'on ne tient compte que des revenus salariés (sans prise en compte des revenus du patrimoine), on considère que l'on entre dans la définition des classes moyennes à partir de 0,75 fois le salaire médian (soit environ 1100 euros) et que l'on entre dans les groupes dits "supérieurs" à partir de 2,25 fois le salaire médian (soit environ 3400 euros), on peut avoir de forte disparités. Un foyer qui est composé de deux personnes qui ont chacune un salaire net de 1000 euros par mois (soit 2000 euros pour le foyer) aura beaucoup plus de difficultés à vivre qu'un foyer de deux personnes qui ont chacune un salaire net de 3000 euros (soit 6000 euros pour le foyer).

Il y a d'autres critères qui rentrent en compte pour définir la classe moyenne. C'est un débat assez complexe et je vous invite à lire à ce sujet le chapitre premier de "Les classes moyennes à la dérive" (Louis CHAUVEL, Seuil, 2006). On ne peut pas dire, à mon sens, qu'un foyer dont les revenus du travail dépassent les 8000 euros nets par mois puisse être assimilé aux classes moyennes. De plus, les foyers qui ont de tels revenus ont beaucoup plus de chance d'avoir accès à des revenus du patrimoine (qui ont connus une forte croissance) que les foyers qui disposent de 2000 euros nets par mois par exemple. Les inégalités sont cumulatives.

Ce gouvernement, qui a échoué dans tous les domaines, a une vision archaïque de notre pays.

Alors que beaucoup de Français se demandent comment ils vont finir le mois à partir du 15 de chaque mois, ce type de polémique est ridicule. Monsieur Copé aurait mieux fait d'expliquer aux Français comment il va financer les baisses d'impôt accordées aux plus riches (les cadeaux fiscaux juste avant les élections). Certainement en prenant encore aux plus pauvres !

Le véritable problème de fond c'est comment on fait pour rétablir l'égalité et mettre fin à la crise sociale. Le meilleur moyen pour redistribuer les richesses, c'est l'impôt. Si les inégalités ont augmenté et si l'Etat a abandonné de nombreuses missions de service public, c'est bien parce que l'UMP a accordé des cadeaux fiscaux aux plus riches depuis 2002. Les baisses d'impôt ont été inefficaces, n'ont pas relancé la croissance, n'ont pas réduit le chômage et n'ont bénéficié qu'à une minorité de la population, tous les économistes le reconnaissent, et en plus cela a contribué à augmenter la dette publique de l'Etat. En gros, ce sont les générations futures (à travers l'augmentation de la dette publique) qui paieront les cadeaux fiscaux des gouvernements UMP depuis 2002.

par Laurent GRANDGUILLAUME publié dans : Les classes sociales
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Jeudi 4 janvier 2007

Louis CHAUVEL, sociologue et professeur à Sciences-Po, spécialiste des inégalités et des dynamiques générationnelles, a choisi "La République des idées" (éditions seuil - octobre 2006) pour éditer son nouveau livre "les classes moyennes à la dérive". Il y montre pourquoi les classes moyennes en France ont un déficit d'avenir. C'est en effet le coeur de la société française qui se désagrège. J'ai apprécié ce livre et vous invite à le découvrir même si on aurait aimé qu'il y ait encore plus de développements.

Ainsi, longtemps associées à l'imaginaire de progrès et d'émancipation, notamment pendant les trente glorieuses (la génération 1968 ou le sacre des classes moyennes), les classes moyennes (importance du pluriel car elles sont diverses) sont désormais à la dérive.

En témoigne le déclassement générationnel (ou le descendeur social) que subissent les enfants de ces classes moyennes, hier premières bénéficiaires de l'ascenseur social. Les enfants n'ont plus la certitude de pouvoir avoir accès à une promotion sociale en ayant fait des études supérieures. On entend tous autour de nous l'expression "tirer vers le bas".

La stagnation voire la baisse du pouvoir d'achat pour certaines catégories, l'inflation immobilière (ou patrimoniale) qui pèse sur les budgets en raison de la politique de l'euro fort, la croissance molle sont autant de signes inquiétants. Nous sommes entrés dans l'ère de l'incertitude : sur la santé, les retraites, l'école, ... etc, dans une société anxieuse à laquelle certains proposent des anxiolytiques qui nous conduiraient droit dans le mur. Nous sommes aux antipodes des rêves de 1968.

Louis CHAUVEL montre que face à un futur incertain, les jeunes subissent un déclin social qui se conjugue à un choix de radicalisation ou de forte mobilisation. On l'a vu avec les manifestations contre le CPE, le basculement des jeunes dans le "non" du 29 mai 2005, le mouvement des jeunes chercheurs, les émeutes dans les banlieues, ... etc. Il est urgent de redonner un espoir, une espérance à la jeunesse de notre pays.

Les classes moyennes qui ont toujours joué un rôle important sur le plan politique en France, peuvent jouer un rôle d'accélérateur de la fièvre social si nous ne sommes pas en capacité de rétablir une confiance en l'avenir.

Si les catégories populaires et les classes moyennes sont à la dérive, c'est bien tout notre pays qui l'est. Notre pays a besoin d'un vrai remède. Cela passe par une politique de gauche, socialiste, qui vise à rétablir la justice, l'ascenseur social, qui redistribue du pouvoir d'achat, qui s'attaque à la spéculation, qui donne de nouveaux moyens pour l'éducation et la recherche car le savoir est la base de l'espérance, qui se préoccupe des générations futures en répondant aux défis de demain notamment dans le domaine de l'écologie.

par Laurent GRANDGUILLAUME publié dans : Les classes sociales
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